Bagnaia toujours très sceptique sur la radio en MotoGP
Pecco Bagnaia a déjà fait savoir qu'il était prêt à recevoir des amendes si la radio est un jour introduite en MotoGP, lui qui refuse de l'utiliser. Après un test d'un nouveau genre, il reste très sceptique et souligne la gêne mais aussi la possible dangerosité du système.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Le test officiel qui se tenait la semaine dernière à Barcelone a été l'occasion d'avancer sur le développement d'un système de radio en MotoGP. Une nouvelle évolution en a été essayée, celle d'un dispositif bidirectionnel permettant à la fois au pilote de recevoir des messages audio depuis son stand mais aussi d'y répondre.
Davide Tardozzi a été chargé d'être la voix du garage officiel Ducati pour chercher à dialoguer avec Michele Pirro lorsqu'il était en piste. Plus étonnant, Pecco Bagnaia a lui aussi fait un test, alors qu'il s'était dit foncièrement opposé à toute utilisation de la radio en moto, assurant qu'il refuserait de l'utiliser le jour où elle serait mise en place.
S'il a mis un peu d'eau dans son vin, le vice-champion du monde 2024 conserve néanmoins un fort scepticisme sur le sujet et estime après ce test que le dispositif n'est pas prêt. "Je l'ai fait et ça n'est pas encore prêt", a expliqué Bagnaia lorsqu'il lui a été demandé s'il avait réalisé un test. "Ça ne marchait pas quand je l'ai testé, je n'entendais rien. Ça n'est pas encore prêt et je le retesterai quand ça le sera."
Au-delà de la stabilité de la connexion, Bagnaia a pointé le fait qu'un tel système peut même se révéler dangereux. "Ça me gênait aussi un peu, le câble de connexion est vraiment énorme et ça pourrait être dangereux", a-t-il indiqué. "C'est gênant, ça n'est pas quelque chose qui me plaît mais c'est surtout la manière dont c'est installé qui n'est pas génial. C'est très encombrant, le câble est très gros."
Une question d'habitude ?
Álex Márquez a lui aussi indiqué avoir brièvement testé le système et s'être rapidement arrêté, le jugeant "douloureux pour moi parce que ce n'était pas bien fait". Beaucoup moins critique, Michele Pirro a vu du positif dans cette nouvelle évolution du système qu'il a testée "pratiquement toute la journée", lui qui connaissait déjà le premier dispositif développé pour que les pilotes reçoivent des messages de la direction de course. Cette fois, il a pu expérimenter le fait d'entendre le stand lui parler et de tenter d'y répondre tout en étant en piste.
"C'est intéressant, c'est quelque chose de nouveau, on n'y est pas habitués", a-t-il expliqué au sujet de la radio bidirectionnelle. "En ce qui me concerne c'est une question d'habitude. Aujourd'hui, on a fait des tests, donc ils n'arrêtaient pas de parler et ça n'était pas idéal, mais quand il y aura des messages importants ou des situations avec des changements sur la moto, ça pourra peut-être permettre d'anticiper sur le type de problématiques qui existent, avant de rentrer au stand."
La radio intégrée au casque de Michele Pirro.
Photo de: German Garcia
"Je le vois comme quelque chose d'intéressant. C'est à développer, on n'en est qu'au début, mais il y a du temps, on verra", a souligné le pilote essayeur Ducati, évoquant une intégration dans le championnat à l'horizon 2026. "Je crois que c'est comme le développement des motos, c'est en tout cas le début d'un parcours. Il faut le développer et il y aura toute l'année prochaine pour y travailler et avoir une bonne base de données afin de mettre ce système au point."
"Je crois que c'est une évolution qui, à l'avenir, pourra être une chose intéressante, importante. Ça m'a fait plaisir qu'on y ait contribué ces derniers mois. On a fait pratiquement toute la journée pour essayer de recueillir le plus de données possibles. On verra, ce sera intéressant. Si ça devient obligatoire à partir de 2026, ce sera important d'avoir tout ce qu'il faut."
L'intégration de la radio en MotoGP a un double but. Celui d'ajouter un élément de spectacle en permettant d'entendre les émotions d'un pilote au cœur de l'action, et aussi celui d'améliorer la sécurité en pouvant l'avertir presqu'instantanément d'un danger sur la piste. En ce sens, Michele Pirro est beaucoup plus convaincu que Pecco Bagnaia.
"Il faut encore mettre le système au point, mais je crois qu'on pourra progresser dans les prochains mois. Je crois que c'est bien pour fournir des informations au team sur le comportement de la moto et que le timing de résolution des problèmes peut être accéléré. Et puis, c'est surtout pour les communications de sécurité que ça peut parfois être intéressant. Ça n'est pas comme si on écoutait de la musique !", a fait remarquer le pilote essayeur.
PHOTOS - La palette de couleurs des Ducati pilotées par Bagnaia
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