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MotoGP GP d'Autriche

Bagnaia a le sourire, Bastianini toujours perdu

L'un a affiché son efficacité dès qu'il a posé ses roues sur le bitume du Red Bull Ring. L'autre est toujours empêtré dans son incompréhension de la Ducati GP23. Entre Pecco Bagnaia et Enea Bastianini, l'écart reste marqué alors que le MotoGP atteint le cap de la mi-saison.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Habitué aux débuts de week-end discrets, Pecco Bagnaia était inhabituellement enthousiaste vendredi soir, affichant l'impatience de celui qui sait qu'il est déjà prêt à en découdre. Son troisième temps à 0"288 de Marco Bezzecchi masque quelque peu cette préparation déjà aboutie, sachant qu'il n'a pu réaliser qu'un seul time attack, mais l'essentiel est ailleurs.

"Un des meilleurs vendredis de ces derniers week-ends de course !" a résumé le champion en titre. "Dès le début de la journée, je me suis senti super bien avec la moto", a-t-il expliqué, "et cet après-midi s'est franchement passé à la perfection."

"Il est clair que le bilan de la journée est positif. Mis à part le fait qu'on n'a pas eu la possibilité de faire de deuxième time attack à cause du trafic en piste, je suis content. On n'en avait pas besoin. Je me sens à l'aise, on sait où progresser et ça a été une bonne journée aussi en termes de rythme."

Bagnaia a confirmé avoir essayé un nouveau carénage sur sa Ducati et, là aussi, les conclusions sont déjà très prometteuses. "Je me sens super bien avec. L'équilibre de la moto change, c'est sûr, alors il faut qu'on progresse là-dessus parce que la moto a des masses différentes. Mais j'ai le sentiment que cela représente une amélioration là où l'on en avait besoin, à savoir pour le wheelie à l'accélération."

Leader du championnat avec 41 points d'avance, le pilote Ducati a pu profiter pendant la première moitié de la saison d'une moto qui n'a pas nécessité la longue phase de compréhension de sa prédécesseuse et que son équipe technique parvient désormais à régler rapidement.

"On sait déjà où progresser quand je sens quelque chose sur la nouvelle moto. Chaque fois qu'on entame un week-end, c'est assez compliqué, mais on progresse sur ce point parce qu'on sait déjà où progresser", a-t-il expliqué. "Avec la nouvelle moto, on doit chaque fois refaire plus ou moins tout, parce que le nouveau frein moteur est différent de l'ancien. Là-dessus aussi, on progresse chaque week-end. Cette fois encore, la première sortie n'a peut-être pas été la meilleure, mais maintenant c'est déjà réglé."

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Bastianini dans "une situation très délicate"

Si Pecco Bagnaia affichait un large sourire vendredi soir, dans le stand voisin c'était en revanche la soupe à la grimace. Enea Bastianini n'en finit plus d'attendre que sa saison soit enfin lancée, lui qui a été blessé lors de la première course sprint de l'année et qui a par la suite perdu un temps de piste colossal. Pendant que son coéquipier perçait les secrets de la GP23 et la mettait au point, l'ancien pilote Gresini, qui a fait un saut de deux ans en termes de modèle de moto, rongeait son frein dans son canapé. Enfin de retour en juin, il a encore dû subir les séquelles de sa blessure avant, enfin, de se sentir apte à pousser autant que nécessaire. Sauf qu'au guidon de la Ducati actuelle, il ne se sent toujours pas à l'aise.

"À Assen, je pensais avoir compris quelque chose. Je pensais qu'on avait trouvé la bonne voie mais on est arrivé à Silverstone et la base n'était pas bonne. On a donc dû refaire un peu tout et essayer de comprendre quel était le réel problème, parce qu'on avait quand même beaucoup travaillé sur les réglages. On a beaucoup modifié la moto mais les sensations que je cherchais ne sont jamais arrivées", expliquait Bastianini à son arrivée en Autriche, espérant alors qu'il parviendrait à percer le nœud du problème ce week-end.

"J'espère qu'on y arrivera le plus vite possible, pour pouvoir faire quelques belles courses", lançait-il avant de remonter en selle. "Quand on ne sait pas encore quelle direction prendre, c'est très difficile d'être compétitif parce qu'on n'est rapide que quand on a la moto en main. Ça a toujours été comme ça et ça le sera toujours. Or, même si la Ducati est la meilleure moto, pour le moment je ne l'ai pas en main alors je n'arrive pas à faire la différence à l'image de mon coéquipier et des autres pilotes Ducati. Il me faut un peu de temps, je dois essayer de comprendre quel est le problème, et ensuite je serai lancé."

Vendredi soir, après les premiers essais de ce Grand Prix qui marque le cap de la mi-saison, Bastianini n'avait toujours pas élucidé le problème. "Ça n'a pas été une super journée", regrettait-il. "C'est assez bien parti, mais dès qu'il a fallu pousser un peu plus, les problèmes habituels sont revenus. J'ai donc des difficultés à m'arrêter et à emmener de la vitesse de passage, et instinctivement je me mets à ne plus piloter proprement."

Une chute, indirectement provoquée par la pluie, a fini par interrompre son travail, alors qu'il commençait tout juste à se sentir un peu mieux. "On avait fait une modification qui semblait m'aider un peu, particulièrement dans les freinages à faire en étant droit, mais je suis tombé avec cette moto. Je n'ai donc malheureusement pas pu faire de vrai time attack et je n'ai pas pu découvrir mon vrai potentiel."

Enea Bastianini, Ducati Team

Seulement 16e vendredi, Enea Bastianini devra aller en Q1 aujourd'hui.

Détenteur jusqu'à hier du record de la piste, Bastianini tente de ne pas oublier le potentiel qui est le sien. "Je sais que je peux refaire ce que j'ai fait l'année dernière parce que c'est toujours moi. Ce qui m'inquiète c'est de comprendre pourquoi on fait autant de modifications sans que rien ne change pour moi. Je me sens toujours plus ou moins au même stade. Parfois je dis que c'est mieux, et puis je réessaye le lendemain et ça n'est pas le cas. C'est une situation très délicate."

"Étant donné que ça n'est que la deuxième épreuve sur laquelle je vais bien, ça ne m'inquiète pas", tentait de relativiser Bastianini. "Évidemment, si c'est encore comme ça au bout de cinq ou six courses, je serai un peu plus inquiet… Il faut que je me concentre sur le fait d'aborder le Grand Prix comme un test, plutôt que comme une course, que j'essaye de trouver les sensations qui me manquent."

Bagnaia, lui aussi, s'est voulu positif en évoquant la situation de son acolyte, d'autant qu'il est persuadé que ce sont précisément les réglages liés au frein moteur, qu'il a lui-même identifiés comme complexes, que Bastianini doit percer pour dépasser ses difficultés. "C'est quelque chose qui est plus difficile que sur l'ancienne moto", a concédé le #01. "Une chose qui était bien sur l'ancienne moto, c'est qu'on utilisait les mêmes réglages sur toutes les pistes et que ça marchait plus ou moins partout. Avec la nouvelle moto, il faut travailler et, à mon avis, avec les courses qu'il a perdues au début de la saison, cette amélioration s'avère plus lente. Mais il gagne assurément en sensations avec la moto."

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