Bagnaia se sait trop inconstant pour penser au championnat actuellement
Trois Grands Prix ont passé et Pecco Bagnaia, pourtant capable en 2022 d'une remontée historique pour remporter son premier titre MotoGP, ne donne déjà pas cher de ses chances au championnat s'il n'arrive pas à se montrer plus régulier.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Cette saison entamée avec le sourire par Pecco Bagnaia se révèle pour le moment avare en satisfactions pour l'Italien. Lui qui a cru pouvoir vite oublier le calvaire vécu l'an dernier et retrouver de bonnes sensations, ainsi que les résultats pouvant en découler, il a en réalité cumulé les revers au cours des trois premiers Grands Prix.
Il y eut des erreurs, mais aussi des sensations trop variables pour lui permettre de s'exprimer pleinement au guidon de la Ducati. Aussi, lorsque le site officiel du MotoGP l'a interrogé sur ses chances au championnat, sachant que le leader a changé quatre fois depuis le début de la saison, Bagnaia a rappelé sa réalité du moment : il lui faut absolument trouver de la constance avant de nourrir la moindre ambition.
"Tous les constructeurs ont beaucoup progressé et on a toujours un peu de mal, alors je pense que le championnat est beaucoup plus ouvert que dans le passé. Mais il faut qu'on gagne en régularité. Pour le moment, je suis un peu en dehors de la lutte pour [le titre] parce qu'on a besoin d'être plus constants", a-t-il évalué.
La versatilité de ses résultats inquiète, et d'autant plus quand on sait que Bagnaia sort déjà d'une année très compliquée, loin de son statut de double champion du monde.
"Ce qui est étrange, c'est de voir à nouveau Pecco n'être compétitif que de temps en temps", s'en émeut l'ancien responsable du programme Ducati, Livio Suppo, pour GPOne. "C'est quelque chose qui me préoccupe parce qu'une année de travers, ça passe, mais s'il devait en faire deux de suite, ça deviendrait plus difficile. Pour les fans, c'est un peu dommage."
Pecco Bagnaia veut à tout prix éviter une saison comme celle de 2025.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Austin a été symptomatique de cette inconstance de Pecco Bagnaia. Le samedi, il a manqué de peu la victoire du sprint et se réjouissait d'une deuxième place qui restait tout de même solide. Le lendemain, ses sensations s'étaient évaporées et la course s'est révélé extrêmement éprouvante pour lui.
"J'ai commencé à avoir beaucoup de mal à partir du matin", a-t-il expliqué, avouant son incompréhension. "Dès le warm-up, je ne me sentais plus comme hier, je sentais la moto beaucoup plus lourde et j'ai eu du mal à conserver la même vitesse en entrée de virage que sur le reste du week-end."
"Puis, dès que j'ai commencé la course, j'ai senti que je n'étais pas bien. Le grip arrière était un peu plus faible, peut-être à cause des conditions, et j'ai commencé à avoir pas mal de difficultés."
À l'agonie en fin de course, Bagnaia est apparu impuissant, avec un effondrement de ses chronos qui témoignait de son extrême difficulté : 2'03"0, puis 2'04"3, 2'05"1 et enfin 2'05"2 dans le dernier tour. Il a tenté de résister mais a perdu cinq positions au cours de ces quatre tours de fin, où la situation a tourné au "cauchemar" pour lui.
S'il a apprécié l'attitude de son pilote, Gigi Dall'Igna constatait lui aussi l'étonnante baisse de rythme face à laquelle Bagnaia a semblé impuissant. "Il a montré le cran de quelqu'un qui veut être protagoniste", a salué le grand patron, "avant de connaître une forte baisse de ses performances qui lui a fait perdre de plus en plus de places, pour être finalement relégué à la dixième place sous le drapeau à damier."
Une Ducati qui ne tourne pas comme il le voudrait
Pour tenter de donner un début d'explication à son problème, Pecco Bagnaia a insisté sur l'usure excessive du pneu arrière, en lien direct avec une moto le forçant à l'utiliser outre mesure.
"La gestion des pneus est bizarre", a-t-il pointé pour Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat. "En général, les pilotes Ducati ont toujours été bons là-dedans et la moto a toujours été très douce avec le pneu arrière. Or, maintenant, on n'arrive plus, ou en tout cas moi, j'ai vraiment du mal à être constant, à aller au bout de la course en ayant de bonnes chances de me battre."
"Mais il faut dire une chose : on travaille beaucoup et, à mon avis, on progresse bel et bien. Je pense que ce week-end et celui de Goiânia ont été positifs quant au travail que l'on a réalisé", a ajouté Bagnaia. "Il nous manque quelque chose et il faut surtout qu'on le comprenne."
La barre peut-elle être redressée lors du prochain Grand Prix, qui marquera le début de la saison européenne ? Bagnaia craint que la piste qui l'attend ne résolve pas le problème, voire qu'elle l'accentue.
"Jerez est une piste où il est absolument nécessaire que la moto tourne bien, et ça nous manque beaucoup. Je pense que quelque chose va sûrement arriver pour qu'on le teste. On essaiera sûrement quelque chose d'important dans le test, parce qu'en ce moment, ils font un peu ce qu'ils veulent chez Aprilia et, nous, on est un peu limités dans nos performances parce qu'on ne peut pas pousser à 100%."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires