Bastianini agacé par sa double chute au Mugello et l'instabilité de la KTM
Une moto instable, avec un pneu avant qu'il n'arrive pas à garder au sol, et le sentiment d'être à la limite lors des deux courses ont provoqué la frustration d'Enea Bastianini pour son Grand Prix à domicile.
On connaît d'Enea Bastianini sa capacité à épargner ses gommes pour performer sur la distance. On l'a également vu enchaîner trois solides week-ends avant que sa série soit stoppée par une avarie technique au GP de Catalogne - juste avant le premier drapeau rouge, ce qui l'avait empêché de reprendre la course.
Alors, pour son épreuve à domicile, le pilote italien était attendu, et son troisième temps vendredi semblait annonciateur d'un gros potentiel. Pourtant, il a quitté le Mugello bredouille, et même plutôt agacé par les deux chutes qui l'ont empêché de voir l'arrivée des courses.
Dans le sprint, le pilote Tech3 est parti à la faute dès le cinquième tour, alors qu'il occupait la huitième place et devançait même Pedro Acosta. Dimanche, il a atteint la mi-course avant de tomber à nouveau alors qu'il était dixième, cette fois devant Brad Binder.
Dans les deux cas, c'est dans le virage 10, à Scarperia, que Bastianini s'est fait piéger, mais dans des circonstances différente toutefois. "Ça s'est passé dans le même virage, mais les chutes étaient différentes. Hier, j'étais en train de freiner alors qu'aujourd'hui, je relâchais les freins, j'étais déjà sur l'accélérateur", expliquait-il dimanche après-midi à la presse sur place, dont Motorsport.com.
"Je suis très surpris, parce que j'étais très ambitieux pour cette course", regrettait Enea Bastianini, sans masquer son agacement. "Vendredi, mon rythme était très bon, y compris en pneu medium. Alors je me suis dit, allez, c'est dimanche, voyons ce que j'arrive à faire."
"Mais au final, la limite vient toujours du pneu avant. Il ne nous apporte aucun soutien. On commence à avoir beaucoup de mouvements au bout de trois tours, et j'en ai aussi beaucoup en ligne droite, avant d'attraper les freins. C'est un désastre, d'autant que physiquement, au bout de cinq tours on est cuits."
"Je ne sais pas ce qui se passe. C'est souvent arrivé avec la KTM, surtout en ligne droite. J'espère qu'on va trouver quelque chose, que les gars de KTM vont me dire quelque chose à ce sujet, parce que ça n'est juste pas possible."
La frustration après un très bon début de week-end
Ce n'est pas la première fois qu'Enea Bastianini déplore un tel manque de stabilité, pourtant il reste perplexe face à ce qu'il a expérimenté sur le circuit toscan. "C'est comme si je n'avais absolument pas de poids sur l'avant, en ligne droite", décrivait-il dimanche.
"Aujourd'hui, il y avait un peu plus de vent par rapport à hier. Mais ça me l'a beaucoup fait aussi à Austin, pendant les qualifications. Parfois, aussi, la moto reste sur le côté, sans que l'avant touche le sol. C'est très étrange", poursuivait l'Italien. "À Austin, ça faisait peur. Aujourd'hui, je n'étais pas autant à la limite, mais c'est très difficile pour moi de piloter comme ça, parce qu'à chaque freinage, je n'ai aucune stabilité."
Enea Bastianini vient d'enchaîner deux Grands Prix sans aucun point.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Le pilote Tech3 perçoit les freinages inclinés comme amplificateurs de l'instabilité de sa moto. Néanmoins, concernant sa chute de samedi, il admettait tout de même une part de responsabilité, motivée par sa volonté de briller à domicile ce qui l'a poussé à passer sur le vibreur au freinage de Scarperia.
"Je le prends habituellement comme ça, j'essaye juste d'utiliser toute la piste pour entrer dans le virage. Ça n'est pas une bonne manœuvre pour être à la fois rapide et en sécurité, c'est un peu limite pour la course, je le sais. J'ai commis une erreur aujourd'hui, mais c'est aussi dû au fait que c'est mon Grand Prix maison, je voulais faire un bon résultat. Et puis, bon, c'était le sprint."
Alors qu'Acosta lui-même s'inspirait de ses données après son excellente entame de week-end vendredi, Bastianini déplorait samedi avoir stagné alors que "les autres ont beaucoup progressé". Jamais par la suite il n'a pu remettre son Grand Prix sur de bons rails.
Le sprint avait même suscité chez lui de la frustration dès les premiers instants. "Le principal problème reste inchangé, c'est de tourner. Quand Fermín [Aldeguer] m'a dépassé, dès le premier tour, j'ai essayé de le suivre mais c'était frustrant pour moi de voir sa vitesse de passage, c'était impossible [pour moi de rivaliser]. J'ai essayé de gérer et d'attendre la mi-course, mais je suis tombé avant cela. De toute façon, on est un peu à la limite."
Après deux week-ends hors des points, Enea Bastianini a perdu trois places au championnat et apparaît désormais au 13e rang, dépassé notamment par Brad Binder, sur qui il avait pourtant l'avantage depuis Austin. Le Grand Prix qui se profile en Hongrie s'annonce très différent, avec une typologie de circuit qui pourrait moins appuyer là où cela fait mal sur la KTM.
"Le Balaton est plus lent [que le Mugello], je pense que ce sera mieux pour nous, je le sais. L'année dernière, notre vitesse était bonne. Mais je ne sais pas, cette année le problème c'est la durée de vie du pneu avant", rappelait néanmoins le pilote avant de quitter la Toscane. "J'espère trouver quelque chose à présent, parce que le championnat est long. Je ne veux pas me retrouver à nouveau dans cette situation. C'est étrange pour moi de perdre des places en course !"
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