Inquiet il y a un an, Bezzecchi a retrouvé la sérénité
Malgré de grandes responsabilités inédites pour lui, Marco Bezzecchi a connu une intersaison très positive dont il est sorti radieux, loin de l'inquiétude qui était la sienne il y a un an.
Photo de : Gold and Goose
Marco Bezzecchi a très vite trouvé sa place en MotoGP. Par sa bonhommie, d'abord, mais aussi par ses performances, assez surprenantes à ses débuts. Lui qui avait connu des hauts et des bas très marqués dans les petites catégories, avec même un passage à vide préoccupant en 2019 lorsqu'il courait pour Tech3, il a finalement très bien remonté la pente jusqu'à finir dans le trio de tête du championnat Moto2 et enchaîner par une promotion en MotoGP.
Alors pilote VR46, il n'avait eu aucun mal à s'affirmer comme le rookie de l'année. Surtout, il avait empoché un premier trophée dès cette saison initiale, celui d'une deuxième place mémorable à Assen. Ce jour-là, il avait soudain émergé et s'était fait extrêmement menaçant pour Pecco Bagnaia, finalement vainqueur pour seulement quatre dixièmes.
L'année suivante, Bezzecchi franchissait le pas de la victoire, et plutôt trois fois qu'une. Avec sept podiums au total dans son escarcelle, il a décroché la troisième place du championnat derrière le duo Bagnaia-Martín. Mais en passant de la GP22 à la GP23 l'an dernier, l'Italien s'est soudain retrouvé face à un mur. En grande difficulté avec une moto dont la faiblesse notoire tenait dans le comportement de son train avant, il n'a plus été en mesure de retrouver ses plus grandes qualités de pilotage.
Tout au long de l'année, il s'est heurté au même problème, en vain, problème qu'il avait perçu dès l'intersaison et qui l'avait rendu inquiet. Un an plus tard, et alors qu'il a fait le pari d'un transfert vers Aprilia et s'est en un instant retrouvé leader dans le choix du package avec la blessure de Jorge Martín, il sort des essais paradoxalement beaucoup plus serein.
"L'année dernière, j'ai eu pas mal de difficultés dans les tests hivernaux, je n'avais pas réussi à trouver des sensations positives sur la moto et j'étais rentré à la maison assez inquiet. Cette année, je rentre content de moi-même, de comment j'ai travaillé cet hiver et sur ces tests", expliquait-il en quittant Buriram pour une pause entre les tests et le premier Grand Prix. "Je me suis retrouvé dans une situation compliquée et je pense que je l'ai assez bien gérée. Je me suis beaucoup amusé à piloter, j'avais besoin de pas mal me défouler après tout l'hiver et ça aussi, c'est bien. Mais je suis conscient qu'il reste encore beaucoup de travail à faire."
Pour moi, tout était nouveau, c'était une nouvelle expérience donc je ne savais pas vraiment quoi faire au début !
"La première journée à Sepang a été difficile pour nous tous, pour Jorge en particulier, à cause de sa blessure. Pour moi et pour l'équipe, c'était dommage mais j'ai juste fait de mon mieux, j'ai essayé de travailler de la meilleure façon possible", a-t-il poursuivi au micro du site officiel MotoGP.
"Pour moi, tout était nouveau, c'était une nouvelle expérience donc je ne savais pas vraiment quoi faire au début ! Heureusement, les gens autour de moi et toute l'usine ont vraiment fait confiance à mon pilotage et à mes commentaires, et ça m'a donné de bonnes ondes. J'ai vu que je progressais jour après jour donc ça a un peu renforcé ma confiance. Il faut comprendre que ce ne sera pas facile cette saison mais, au moins, avec cet état d'esprit, tout peut être positif parce qu'on peut apprendre des choses."
Marco Bezzecchi, Aprilia Racing
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Dans ce rôle qu'il a eu à saisir, Marco Bezzecchi s'est senti soutenu par sa nouvelle équipe, laquelle n'a pas tari d'éloges pour son comportement et sa méthode de travail. "On me l'a dit et je suis content. Tout le monde est plutôt satisfait, et moi y compris. Mais bon, moi c'est comme ça que je procède, je n'ai rien remarqué de différent par rapport à ce que j'ai toujours fait. Alors s'ils ont été surpris, j'en suis content", a réagi le pilote.
"J'ai ressenti un environnement positif pour moi. C'est complètement différent de ce à quoi j'ai été habitué, mais j'ai aussi trouvé énormément de bonnes personnes qui travaillent beaucoup, non seulement au circuit mais également à la maison. J'aime être un pilote Aprilia !"
"Au début, à Sepang, ça me faisait bizarre. Tout était nouveau, je n'avais jamais eu la possibilité de développer une MotoGP, donc c'était une grosse émotion pour moi mais aussi une grande responsabilité d'essayer de faire du bon boulot", décrit l'Italien, finalement soulagé de ce qu'il a réussi à réaliser et heure de cette "pré-saison positive". "C'était bien pour moi de voir cette bonne humeur et tout le monde vraiment motivé à l'idée de travailler. Ça m'a encore plus donné confiance pour essayer de faire du mieux possible."
Déjà auteur de très bons chronos au guidon de l'Aprilia, Bezzecchi n'a pas le sentiment d'avoir connu une adaptation particulièrement rapide. "Ça se passe plutôt bien. Évidemment, j'aimerais bien que ce soit plus rapide si je pouvais mais je comprends aussi que c'est quelque chose qui prend du temps. Donc à mon avis, ça se passe comme il faut, ni trop bien, ni trop mal... Dans la norme."
C'est désormais la compétition qui dira si cette préparation a été aussi réussie que ce qu'il y paraît et s'il se situera dans la norme ou plutôt au-dessus.
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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