Premier podium pour Bezzecchi : "Une course incroyable !"

Marco Bezzecchi a beau avoir douté sur la grille de départ, son choix de pneu s'est révélé déterminant pour aller chercher son premier podium MotoGP. Une fois la course lancée, il a livré une performance tout en maîtrise.

Premier podium pour Bezzecchi : "Une course incroyable !"
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On le sentait venir depuis quelques semaines, et Marco Bezzecchi a désormais obtenu une première récompense de taille en montant sur le podium d'un Grand Prix MotoGP. Deuxième de la course d'Assen, le jeune pilote italien a accueilli cette performance avec le pragmatisme qui le caractérise, expliquant l'opportunisme dont il a su faire preuve en cherchant à suivre le rythme d'un leader qu'il connaît parfaitement bien, Pecco Bagnaia, son acolyte à la VR46 Riders Academy.

Plus gêné par le choix d'un pneu arrière tendre dont il n'avait pas testé la résistance sur 26 tours que véritablement déstabilisé par l'arrivée d'une averse, celui que Bagnaia surnomme "le fils de la pluie" a livré une performance irréprochable. Parfait gestionnaire de ses pneus et en totale maîtrise lorsque les gouttes de pluie avaient tendance à pousser le leader à ralentir, le pilote du team VR46 n'a laissé aucune place au doute pour aller chercher ce premier podium dans la catégorie reine.

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Tu es le seul pilote du top 5 à avoir opté pour le pneu arrière tendre. Comment as-tu géré cela ?

Pour moi, ça a été une course incroyable. Franchement, je ne savais pas à quoi m'attendre avec le soft. On avait bien travaillé mais avec le medium, je l'avais mené à la distance de la course et je ne m'attendais pas à ce qu'il ne soit pas bon. Étant donné que j'étais très rapide en qualifs, je me suis dit qu'il n'était pas possible que je sois aussi lent avec le medium et que j'utilisais peut-être le mauvais pneu. Par contre, avec le soft je n'avais pas fait plus de six tours. Mais j'ai fini par mettre le soft. Matteo [Flamigni, chef mécanicien, ndlr] m'a vraiment mis en confiance avec ce choix, car je n'en étais pas sûr. Sur la grille, je ne savais toujours pas quoi faire et il m'a dit : "On va mettre le soft, ne t'inquiète pas, tu étais bon".

Quand j'ai vu Pecco devant, je me suis dit que j'allais essayer de le suivre. Ça n'est pas que je voulais le rattraper − enfin, si j'avais pu j'aurais essayé − mais l'objectif était de me détacher des autres parce que Maverick [Viñales] était très rapide. C'est une sensation fantastique !

Marco Bezzecchi, VR46 Racing Team

Marco Bezzecchi a passé la première moitié de la course devant Jorge Martín

Tu étais juste derrière Fabio Quartararo et Aleix Espargaró au moment de leur sortie : qu'en as-tu vu ?

Fabio a essayé de passer Aleix. Dans ce virage j'ai été dépassé par Jack [Miller], or quand on essaye de serrer le pilote qui vous passe, c'est un virage délicat. Je pense que pour le dépasser, Fabio a dû peut-être aller un peu trop vite, puis quand il a été proche de lui, je pense qu'il a appuyé plus fort sur les freins pour essayer de ne pas le toucher, mais je ne sais pas. En tout cas, quand je les ai vus tomber, j'étais en mode… "OK, j'essaye d'y aller !" [rires]

Et comment as-tu géré l'arrivée de la pluie ? Tu étais rapide dans ces conditions !

Normalement, quand la pluie arrive, c'est une situation qui me plaît. Idalio [Gavira, coach pilotes] me dit toujours que tant qu'on n'a pas la pluie dans le cou, c'est qu'il ne pleut pas. J'ai vu que Pecco ne ralentissait pas beaucoup alors je me suis dit que j'avais peut-être la possibilité de vraiment aller chercher ce podium. Quand la pluie a commencé à tomber, j'ai donc haussé ma vitesse d'un cran.

[Bagnaia] Tu es le fils de la pluie !

[rires] Ma mère est le vent et mon père est la pluie !

Tu n'étais jamais monté sur le podium à Assen et tu y parviens en MotoGP, alors que c'est une piste particulièrement difficile et que les essais sur le sec ont été limités. Comment as-tu fait ?

Je ne sais pas ! [rires] Franchement, j'étais content de venir ici, c'est une piste qui me plaît. Mais j'ai toujours terminé proche du podium sans y monter. Quand je suis parti de la maison, je ne m'attendais pas à me battre pour le podium. Ceci dit, j'ai dit quelque chose à ma copine… On était en train de manger, je regardais ma maison et j'ai dit : "Où est-ce que je pourrais mettre mon premier trophée MotoGP ?" C'est incroyable, ça me le fait depuis pas mal de courses. Par exemple, au Mugello j'ai fait un rêve : j'étais en moi-même, je faisais les qualifs derrière Pecco, je le passais dans la ligne droite, je faisais la pole et j'entendais la clameur des fans. Ensuite, en qualifs j'ai pratiquement fait la pole, je suis parti de la première ligne. Et maintenant ici !

C'est fantastique. Franchement, je me sentais bien. Peut-être que la clé pour ma course a été que j'ai travaillé avec un pneu qui n'avait pas de grip du tout, le medium, puis pour la course j'ai mis le soft et la moto était d'un coup différente. J'ai essayé de ne pas trop stresser le pneu, d'être intelligent avec la cartographie moteur, j'ai tenté d'être doux sur l'accélérateur, surtout sur la droite. Et puis j'ai essayé de suivre Pecco et de me détacher de Maverick.

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