Cecchinello voit 2023 comme "le début d'une reconstruction" pour Honda

Le team LCR fait partie de ces équipes pour lesquelles la saison a pu sembler interminable, ayant marqué moins de cent points au cours d'un championnat pourtant riche de vingt Grands Prix. Lucio Cecchinello veut croire en l'avenir, mais avec l'humilité de penser que 2023 sera d'abord une année de reconstruction pour le clan Honda.

Lucio Cecchinello, team principal de Team LCR Honda

Partenaire privilégié de Honda depuis plus de vingt ans, Lucio Cecchinello est le premier témoin des difficultés du constructeur, tout autant que des efforts qu'il fournit pour redresser la barre. La courbe de performance du team LCR, qui n'a plus réussi à s'imposer depuis la dernière victoire de Cal Crutchlow en 2018, reste intrinsèquement liée à celle de l'équipe d'usine. Aussi, malgré le trou noir dans lequel Honda semble être tombé depuis la blessure de son leader Marc Márquez au début du championnat 2020, le directeur de la structure monégasque voit de façon très encourageante les premiers effets des requêtes exprimées avec force par le #93 l'été dernier.

En Autriche, le champion espagnol s'était accordé un week-end dans le paddock, une visite qui avait pour but de le remettre dans le bain alors qu'il était absent depuis près de trois mois à la suite d'une quatrième opération du bras, mais qui lui avait surtout permis de taper du poing sur la table, à temps pour orienter le développement souhaité en vue de 2023.

Et pour Lucio Cecchinello, il y a bien eu un changement depuis cette intervention de Márquez au Red Bull Ring. "Oui, parce qu'un pilier important du HRC est revenu, à savoir Shinichi Kokubo. Il a été le project leader du MotoGP jusqu'en 2017, ensuite il était resté dans le groupe de travail mais il s'était occupé aussi de Superbike et de Moto3. Il n'y avait plus eu de présence aussi importante que la sienne jusqu'à ce que Marc n'exprime ses requêtes, même si Honda avait probablement déjà pensé à ce changement", a ainsi expliqué le patron du team LCR auprès de GPOne.

Une première réponse intervenue rapidement, donc, mais qui doit s'accompagner d'une version 2023 de la RV213V à la hauteur et d'une courbe de résultats qui reparte à la hausse après trois années de dégringolade. Or, pour Lucio Cecchinello, il convient de mesurer les attentes pour 2023 : ce qu'il prévoit dans un premier temps pour Honda, c'est une année de reconstruction.

"Je pense que c'est le bon terme", souligne-t-il en référence à cette idée. "Je crois qu'il serait utopique ou hasardeux de penser que la saison prochaine nous allons tout de suite être compétitifs. Nous progresserons, je suis très confiant sur ce point, mais je crois qu'il va falloir du temps. Aujourd'hui, en MotoGP, il est compliqué de gommer des dixièmes de seconde, et ce travail requiert beaucoup d'essais, or malheureusement il y a des limitations sur les journées de tests. 2023 sera le début d'une reconstruction. Je souhaite qu'au final Marc puisse gagner sur tous les circuits, et ensuite tous les autres pilotes Honda."

Le patron du team LCR compte aussi sur le line-up du groupe, lui qui accueille Álex Rins en remplacement d'Álex Márquez, et alors que Joan Mir intègre le team Repsol Honda pour y succéder à Pol Espargaró. "Je crois que Honda a la meilleure formation en termes de pilotes : dans l'équipe officielle, il y a deux Champions du monde, et nous avons Álex qui a gagné deux des trois dernières courses cette année ; et j'espère par ailleurs que Nakagami pourra être un peu plus chanceux. Je crois que choisir des pilotes dotés d'une certaine expérience, dans une phase aussi délicate de relance du projet MotoGP, a été la décision la plus correcte qui pouvait être faite. Nous aurons des pilotes qui seront en mesure de donner des indications et de gagner."

Des problèmes plus importants que prévu

La déception de 2022 aura en tout cas été un problème généralisé pour Honda, et LCR en a pâti à son niveau aussi lourdement qu'une équipe Repsol Honda tellement habituée à jouer les premiers rôles jusqu'à la blessure de son leader. "Le classement parle clairement : à part Marc, que nous savons être un pilote d'un rang supérieur à la moyenne, Pol, Nakagami et Álex ont terminé les uns derrière les autres. Effectivement, nous avons eu des problèmes plus importants que ce à quoi nous nous attendions", admet Lucio Cecchinello.

En plus de performances en berne, LCR a dû composer avec la blessure de Takaaki Nakagami

En plus de performances en berne, LCR a dû composer avec la blessure de Takaaki Nakagami

Le verdict du championnat est rude pour la formation monégasque, créditée de moins de cent points : c'est du jamais vu depuis 2011, l'une des saisons durant lesquelles elle n'alignait qu'un seul pilote. Ses représentants cette année se sont classés 17e et 18e au championnat des pilotes, sans parvenir ni l'un ni l'autre à figurer plus haut que la septième place en course. "Évidemment, nous n'avons pas obtenu de résultats, et cela a clairement été un motif d'insatisfaction. Quand on en arrive au dimanche soir et qu'on n'est entré dans les points que parce que des pilotes sont tombés, ça n'est pas facile", admet le responsable de l'équipe.

L'ancien pilote en a toutefois vu d'autres et il assure ne pas s'être découragé : "En toute honnêteté, malgré les difficultés, j'ai toujours essayé de prendre le taureau par les cornes. Nous avons été au taquet à tous les Grands Prix, nous ne nous sommes jamais rendus, nous avons toujours travaillé et le team LCR était quasiment toujours la dernière équipe à quitter le paddock le soir. Nous n'avons jamais baissé la garde et nous nous sommes toujours investis à fond, tout comme Márquez et Nakagami. Même quand les conditions ayant mené au fait que notre collaboration avec Álex n'allait pas se poursuivre, nous n'avons jamais manqué une réunion pour essayer de gagner ne serait-ce qu'un dixième."

Désormais, Lucio Cecchinello compte sur les effets de cette reconstruction qu'il appelle de ses vœux et formule l'objectif modeste, ou plutôt le souhait, de pouvoir célébrer un centième podium pour son équipe au cumul des championnats MotoGP, 250cc, 125cc et MotoE. "J'aimerais que nos pilotes arrivent à me faire ressentir à nouveau cette émotion, cette adrénaline, cet enthousiasme que l'on a quand on passe l'arrivée parmi les trois premiers. Ce sera fantastique de gagner… mais une troisième place m'irait bien aussi pour repartir." Car c'est bien de cela qu'il s'agit après une telle série noire : repartir, se relancer, se reconstruire.

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