Cecchinello voit Zarco comme un artiste et gros bosseur

Lucio Cecchinello, patron du team LCR, voit en Johann Zarco "l'un des plus grands professionnels" qu'il ait rencontrés, un pilote mature qui se donne à fond dans son travail, avec un double but : s'améliorer et améliorer la moto.

Johann Zarco, Team LCR Honda

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Durant six ans, l'équipe LCR a eu pour leader Cal Crutchlow, auteur de plusieurs podiums et de victoires sur la Honda satellite, avant de voir différents pilotes tenter de prendre le relais. Álex Márquez puis l'an dernier Álex Rins s'y sont frottés avec un succès pour le moins mitigé − avec pour seul exception une surprenante victoire de Rins à Austin − et tous deux ont fini par quitter le navire, trop en souffrance sur la moto et se sentant par ailleurs peu impliqués par Honda.

Cette année, c'est Johann Zarco qui s'y essaye, avec en poche un contrat de deux ans qui lui permet de construire les choses sur la durée. Il connaissait déjà un peu l'environnement, puisqu'il avait remplacé Takaaki Nakagami, blessé, à l'automne 2019, mais Lucio Cecchinello apprend à le connaître sous un jour différent à travers cette expérience, en grande partie centrée sur le développement.

Comment le patron de l'équipe décrit-il Zarco maintenant qu'il court à plein temps dans son équipe ? "Pour moi, Johann est comme un artiste, parce qu'il s'investit beaucoup dans son travail", répond Lucio Cecchinello dans une interview pour l'édition allemande de Motorsport.com.

"C'est remarquable et très agréable de voir à quel point il aime se concentrer sur son travail. Il aime être entouré de professionnels. De la même manière qu'il parle avec le personnel, il veut aussi travailler à s'améliorer lui-même et ne pas constamment se plaindre juste de la moto."

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En quittant le groupe Ducati pour celui de Honda, Zarco acceptait le défi d'aider le constructeur japonais à rattraper son retard. Plutôt encouragé par ses premiers tests avec la version 2024 de la RC213V, le Français s'est montré volontaire, bien plus investi dans le développement qu'il ne l'avait été lors de son bref passage comme pilote officiel chez KTM, en 2019.

Lucio Cecchinello y voit un signe de maturité : "Clairement. Il s'agit naturellement d'un processus personnel de maturité. Je peux dire qu'il a beaucoup travaillé sur lui-même. Il a maintenant une vision plus large de sa carrière. Il essaie toujours de faire mieux, et il essaye aussi de mieux s'exprimer. C'est très agréable de voir comment il travaille et interagit avec les mécaniciens. Car il essaie de résoudre les problèmes en testant différentes choses avec la moto."

"C'est pour ça que, pour moi, il est un peu comme un artiste", souligne Lucio Cecchinello. "J'ai travaillé avec de nombreux pilotes professionnels et c'est l'un des plus grands professionnels que j'ai jamais rencontrés, car il se concentre beaucoup sur ce qu'il fait."

Johann Zarco, artiste avec une guitare et au guidon d'une moto ?

Johann Zarco, artiste avec une guitare et au guidon d'une moto ?

Photo de: Marc Fleury

Cecchinello veut motiver son pilote malgré le manque de résultats

Malgré les efforts investis, les résultats ne sont pour le moment pas au rendez-vous, et ce pour l'ensemble du groupe Honda : au cours des sept premiers Grands Prix de la saison, Johann Zarco a terminé trois fois dans les points avec deux 12e places comme meilleurs résultats au Qatar et en France), autant que Joan Mir sur la moto officielle.

"Bien sûr, il souffre lui aussi et on ressent de la frustration. Mais jusqu'à présent, son attitude a toujours été positive, car il sait qu'il a derrière lui Honda, qui s'engage pleinement pour améliorer la moto. Il sait qu'il doit être patient", souligne Lucio Cecchinello qui, en tant qu'ancien pilote de course, sait par expérience ce que l'on ressent lorsque le travail n'est récompensé par aucun bon résultat. Il tente donc de maintenir la motivation du Provençal.

"Je dis très souvent à Johann que je me moque de savoir où nous nous trouvons en termes de résultats, car ce qui m'importe le plus, c'est qu'à chaque fois qu'il rentre au stand, il soit fier de la manière dont il a piloté la moto. C'est très important pour moi", explique-t-il.

"Je lui ai dit que je comprenais que nous n'arrivions pas à lui fournir une moto compétitive. Mais pour gérer cette situation, la meilleure chose à faire est d'être toujours fier de ce que l'on a fait quand on rentre au box. Si vous êtes convaincu d'avoir donné plus que le maximum, vous devez être fier de vous, et alors nous aussi sommes fiers de lui", ajoute Cecchinello.

Avec Zarco, l'équipe italienne dispose d'un des pilotes les plus expérimentés de la grille qui, l'année prochaine, sera le plus âgé du peloton. Deux fois titré dans la catégorie Moto2, le Français n'a gagné qu'un seul Grand Prix en MotoGP. Trop peu pour son talent ? "Bien sûr, ce serait fantastique s'il pouvait gagner plus de courses", concède son patron d'équipe. "Ce serait un rêve si nous y parvenions ensemble. Mais la réalité est qu'il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir à nouveau gagner des courses."

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