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Rétro

Champions et indépendants : l'éclosion de Rossi et l'avènement de Martín

Bien après les exemples des années 1970 et 1980 et avant Jorge Martín, Valentino Rossi a été titré en 500cc en étant aligné par une équipe satellite.

Valentino Rossi, Honda

Rétro : Dans l'Histoire des sports méca

Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.

Après plusieurs pionniers, de Kenny Roberts en 1978 jusqu'à Eddie Lawson en 1989, seuls des pilotes engagés dans des structures officielles ont été champions durant la décennie 1990. La situation a changé au tournant des années 2000, avec l'arrivée en catégorie reine de Valentino Rossi.

Lorsque le pilote de Tavullia a signé chez Honda pour faire ses débuts en 500cc en l'an 2000, il n'a d'abord pas été aligné directement par l'équipe d'usine mais par une structure dédiée, se reposant sur la division italienne de Honda et avec le soutien de la bière Nastro Azzurro, qui avait déjà parrainé le pilote en 125cc puis 250cc, et qui donnait son nom à l'équipe. Rossi n'était donc pas dans le team officiel mais dans une formation satellite... mais très bien fournie.

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Dès sa première saison en 500cc, celui qui aller incarner le championnat pendant plus de 20 ans était épaulé par Jeremy Burgess, ancien chef mécanicien de Wayne Gardner, titré en 1987, et surtout de Mick Doohan, avec cinq sacres à la clé dans les années 1990. Le partenariat Rossi-Burgess allait se montrer encore plus fructueux puisqu'ils ont amassé sept titres, avec Honda puis Yamaha, avant de poursuivre leur association chez Ducati.

Fort de ce soutien, Rossi est très rapidement devenu un pilote à suivre dans le championnat en l'an 2000, avec un premier succès à Donington conquis avec style, sur une piste humide et au terme d'une belle remontée. Après une nouvelle victoire à Rio, l'Italien a conclu sa première saison au deuxième rang du championnat, derrière l'inattendu Kenny Roberts Jr, fils du premier pilote indépendant titré en 500cc.

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L'année 2001, la dernière de l'ère des 500cc, a vu Rossi rester dans la même structure. Vainqueur des trois premières courses de la saison et finalement de 11 des 16 Grands Prix au programme, il n'a pas laissé de grande place au suspense et s'est offert son premier sacre à cet échelon, avant d'intégrer l'équipe officielle. Avec cette dernière, il a décroché deux titres supplémentaires dans les premières années de l'ère MotoGP, pour ensuite se lancer dans l'aventure Yamaha.

Valentino Rossi, Honda

Valentino Rossi en 2001

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Les deux derniers championnats remportés par Rossi sur des Honda l'ont été devant Sete Gibernau, qui a repris le flambeau de meilleur pilote indépendant à cette époque, chez Gresini. En 2005, c'est son coéquipier Marco Melandri qui a été le premier lointain rival de Rossi, titré cette fois sur la M1. Gibernau et Melandri ont décroché dix succès à eux deux entre 2003 et 2005, mais sans véritablement inquiéter celui qui était devenu l'homme fort du championnat.

Dans la foulée du titre du regretté Nicky Hayden sur la Honda officielle en 2006, le championnat a a vu une domination de Rossi et d'une nouvelle génération incarnée par Casey Stoner, Dani Pedrosa et Jorge Lorenzo, avant l'arrivée de Marc Márquez. Ces pilotes, à l'exception de Pedrosa, ont décroché tous les titres en jeu de 2007 à 2019, à chaque fois dans les équipes officielles de Ducati, Yamaha et Honda, laissant très peu de place aux indépendants.

Entre le GP du Portugal 2006, remporté par Toni Elías avec la plus faible avance de l'histoire sur sa Honda de l'équipe Gresini, et le GP d'Espagne 2020, qui a marqué le premier succès de Fabio Quartararo avec la Yamaha du team SRT, seulement quatre victoires sont revenues à des pilotes de teams satellites, Jack Miller et Cal Crutchlow en 2016, puis le même Crutchlow en 2018.

Victoire pour Fabio Quartararo, Petronas Yamaha SRT

Fabio Quartararo en 2020

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Cette saison 2020, chamboulée par la pandémie, la blessure de Márquez et la retraite de Lorenzo, a vu le plateau se resserrer considérablement. Sept des 14 courses au programme ont été gagnés par des pilotes d'équipes satellites, devenues pour certaines "deuxièmes équipes d'usine", terme privilégié par KTM avec Tech3 puis ensuite par Ducati pour Pramac et, à partir de 2025, par Yamaha avec le même partenaire.

Les différences entre machines officielles et satellites sont ainsi devenues très faibles, voire inexistantes. En 2020, Quartararo a ainsi longtemps mené le championnat mais c'est finalement le pilote d'une équipe officielle, Joan Mir, qui a été sacré... 13 petits points devant Franco Morbidelli, coéquipier de Quartararo chez SRT.

En 2021, année du sacre de Quartararo dans l'équipe officielle, le seul pilote indépendant vainqueur a été Jorge Martín, qui faisait ses débuts sur la Ducati de Pramac. Mais l'année suivante, Enea Bastianini s'est invité sur le podium du championnat avec une Ducati satellite, celle de Gresini. En 2023, ils étaient deux à le faire, Martín et Marco Bezzecchi, qui portait les couleurs de VR46.

Jorge Martin, Pramac Racing

Jorge Martín en 2024

Photo de: Dorna

Et surtout, Martín a brièvement mené le championnat et joué le titre jusqu'à la dernière course de la saison en 2023, pour finalement échouer face à Pecco Bagnaia. La saison 2024 a été la bonne. Après avoir mené l'essentiel du championnat, il est devenu le premier pilote indépendant sacré dans l'ère MotoGP, en conservant le soutien technique de Ducati même s'il affrontait le pilote représentant officiellement la marque.

Pendant ce temps, Marc Márquez actait le changement de statut des équipes indépendantes en abandonnant son Honda officielle pour une Ducati satellite chez Gresini. Ce transfert totalement inimaginable quelques années plus tôt lui a permis de relancer sa carrière... et de signer dans le team Ducati d'usine.

Ironie du sort , cette place était celle Martín convoitait depuis plusieurs et après plusieurs refus, il rejoindra enfin une structure d'usine en 2025, chez Aprilia.

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