Les chances de courir hors d'Europe restent faibles pour le MotoGP

L'excitation grandit en vue de la reprise des Grands Prix MotoGP, la semaine prochaine. Le promoteur du championnat rappelle toutefois que le contexte reste difficile : incertain de pouvoir enrichir le calendrier de 13 courses, il en appelle aussi les membres du paddock à ne pas "se ridiculiser".

La saison 2020 du MotoGP s'apprête à enfin débuter la semaine prochaine. Les camions des équipes ont quitté leur base pour faire route vers Jerez, qui accueillera un test officiel mercredi puis deux Grands Prix dans la foulée, les premiers auxquels la catégorie reine pourra participer après avoir dû renoncer à celui du Qatar début mars.

Depuis cette première déprogrammation, le coronavirus a ravagé les plans des dirigeants du championnat, repoussant de plus de quatre mois la reprise de la compétition. Le calendrier sur lequel s'appuie désormais le MotoGP compte 13 courses, programmées entre mi-juillet et mi-novembre. Le sort de quatre autres Grands Prix doit être clarifié d'ici au 31 juillet, même si Austin a d'ores et déjà mis un terme au suspense en annonçant son annulation définitive pour cette saison.

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Les Grands Prix d'Argentine, de Thaïlande et de Malaisie sont encore en suspens, avec une possibilité d'être organisés entre le 22 novembre et le 13 décembre, selon les limites posées par la Dorna. Et c'est désormais uniquement du verdict qui sera rendu pour ces trois Grands Prix outre-mer que dépend le nombre définitif de manches que comptera cette saison chamboulée, Carmelo Ezpeleta affirmant dans une interview à Motorsport.com qu'il n'existe "en aucune manière" la possibilité d'ajouter une épreuve supplémentaire en Europe afin de compenser l'éventuelle annulation de ces déplacements lointains.

Le patron de la Dorna avoue toutefois que les chances sont minces au vu de la situation sanitaire actuelle, avec un virus toujours bel et bien présent. Car, lorsque nous lui demandons s'il est réaliste de penser que le calendrier comptera plus que les 13 courses confirmées jusqu'à présent, il répond : "Eh bien, je ne peux pas le dire pour le moment étant donné qu'il manque plus de 20 jours avant la date limite que nous avons fixée pour prendre cette décision. Si nous étions aujourd'hui à cette date limite, je serais obligé de dire que nous ne courrons pas hors d'Europe."

"C'est la raison pour laquelle nous avons repoussé l'échéance au maximum. Toutes les équipes et tous les pilotes sauront exactement combien de courses il y aura lorsque nous en aurons disputé deux. Il ne serait pas juste de faire durer plus longtemps l'incertitude. Il y aura un maximum de 16 Grands Prix, car nous nous sommes engagés envers les équipes à ce que le championnat ne se termine pas après le 13 décembre", précise le PDG de Dorna Sports, sans compter le Grand Prix du Qatar, disputé uniquement par le Moto2 et le Moto3 début mars.

Prudence, raison et fermeté

En attendant de clarifier définitivement cet agenda, le MotoGP va donc se lancer à son tour, dans la foulée de la F1, dans la tenue de courses impactées par un protocole sanitaire strict. Basé sur l'interdiction du public et la forte limitation des personnes pouvant accéder au paddock, sur la segmentation de celui-ci afin de fortement limiter les interactions entre les personnes, et bien entendu sur le respect des gestes barrières connus de tous, ce protocole vise à faire évoluer le microcosme du MotoGP en vase clos en contrôlant les entrées et les sorties dans l'enceinte du circuit.

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Carmelo Ezpeleta exhorte les participants à se montrer "très prudents" pendant ces courses à Jerez. "Nous avons réalisé un effort immense et ceci est en faveur de tous ceux qui participent au championnat", souligne-t-il. "J'espère que les choses vont changer pour le mieux, mais peut-être vont-elles empirer. Le protocole que nous allons mettre en pratique a été créé au pire moment de la pandémie, et je crois qu'il est valable dans le pire de tous les scénarios. Si nous le respectons, tout ira bien, mais les mesures sont sévères car nous ne sommes pas encore dans les conditions de pouvoir les assouplir."

Qu'arrivera-t-il à quiconque enfreindrait le protocole ? "Nous n'allons pas courir après les gens, mais quiconque se ridiculisera et se fera infecter s'en ira", prévient le promoteur. "Si nous voyons un membre du paddock dans un bar, nous le testerons et si le résultat est positif, nous l'expulserons ainsi que toute autre personne qui aurait pu être infectée. Pour cela, nous utiliserons une application de géolocalisation."

"Mais je voudrais aussi dire que j'ai une grande confiance dans les gens, je pense que tous ceux qui travaillent dans le championnat sont conscients de la gravité du problème. Nous sortons d'une situation durant laquelle il y a eu des doutes sur notre capacité à nous en sortir. Je sais qu'il sera difficile d'être à Jerez et de ne pas dîner dans certains des lieux qui se trouvent autour du circuit, mais c'était ça ou ne pas pouvoir y aller."

Aux yeux de Carmelo Ezpeleta, la raison doit prévaloir et cela vaut également pour le maintien du huis clos, bien que ce soit un crève-cœur pour les concurrents de courir sans public. "Jerez a évoqué la possibilité qu'un nombre réduit de spectateurs puissent assister au Grand Prix. Mais de notre point de vue, cela aurait été une bombe. Imaginez que 10'000 personnes s'y rendent : il aurait été impossible de tous les contrôler. Je suis ouvert à tout, mais il faut que ce soit raisonnable."

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Carmelo Ezpeleta sur Motorsport.com demain.

Interview réalisée par Oriol Puigdemont

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