Chronique Mamola - Rossi connaît déjà son nouvel ennemi

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Chronique Mamola - Rossi connaît déjà son nouvel ennemi
Randy Mamola
Par : Randy Mamola
19 nov. 2016 à 11:15

Des débuts de Jorge Lorenzo chez Ducati à ceux de Maverick Viñales chez Yamaha, notre chroniqueur Randy Mamola analyse les deux journées d'essais à Valence et nous donne ses conclusions.

1. Le sourire de Lorenzo chez Ducati

Les débuts de Jorge Lorenzo chez Ducati étaient le principal sujet de discussion du paddock. Et l'Espagnol n'a pas déçu. À partir du moment où les portes du garage se sont ouvertes, on a vu Jorge avec un plus grand sourire que durant toute l'année chez Yamaha. Beaucoup de gens pensaient que ses premières impressions après avoir testé la Desmosedici seraient un choc. Comme il ne pouvait pas parler et que nous ne voulions pas spéculer, nous pouvons juste évoquer l'impression qu'on a eue, et elle était très positive. J'étais au circuit et je le regardais, c'était Jorge, qui pilotait la moto avec son propre style. Il est vrai qu'il a terminé la deuxième journée sept dixièmes derrière le plus rapide, un écart important sur un petit circuit comme Cheste, mais il faut aussi se rappeler que c'était son premier run sur cette moto.

2. Maverick, très rapide, très vite

Maverick Viñales a quitté Suzuki pour aller chez Yamaha, ce qui est toujours une version améliorée de ce qu'il avait ces deux dernières années. On pourrait dire que les deux motos partagent le même ADN, mais la Yamaha est plus précisément réglée. Mardi, le premier jour, il exagérait ses mouvements sur la M1, mais mercredi, il parvenait à contrôler son agressivité. Pour faire face à ce nouveau défi, Viñales aura Ramon Forcada à ses côtés, un ingénieur espagnol très expérimenté qui va beaucoup l'aider. Maverick a cessé de grandir avec la GSX-RR, et dès qu'il est monté sur la Yamaha, il s'est montré rapide, ce qui prouve qu'il peut s'adapter rapidement. Je pense ne pas avoir tort en disant qu'il pourra se battre d'emblée avec Valentino et Marc.

3. Iannone sous les feux des projecteurs chez Suzuki

Durant les deux dernières saisons, Aleix et Maverick ont piloté la Suzuki très agressivement, mais sans doute pas aussi agressivement que Iannone sur la Ducati. C'est pour cela que je n'ai pas été surpris de le voir aussi rapide sur la GSX-RR. Son arrivée chez le constructeur de Hamamatsu est très positive car il sait comment gagner une course. Pourra-t-il s'adapter au rôle de leader dont l'équipe a besoin ? Seul Ducati peut répondre à cette question pour l'instant. J'ai mes doutes, mais je suis absolument certain qu'Andrea est capable d'aller à la limite dès qu'il en a besoin. De plus, il hérite d'une très bonne moto : j'aurais adoré qu'il ne pleuve pas à Sepang le dimanche, car je suis sûr que Maverick se serait battu pour la victoire. Iannone est l'un des pilotes, disons, les plus énergiques du peloton. Sa bataille avec Rossi dimanche dernier était un plaisir, et il y a une raison pour laquelle on l'appelle le Maniac.

Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP

4. Rossi et son nouvel ennemi

S'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que Valentino sait déjà qu'il devra beaucoup travailler pour battre Maverick. Cependant, son attitude sera certainement différente d'il y a quelques années, lorsque Jorge commençait à le battre. Maintenant, il sait ce que cela fait dans cette situation, et il peut s'y préparer. En même temps, il est très intelligent et il domine tous les scénarii physiologiques, et nous ne pouvons pas oublier que Valence n'était qu'un test. Si Maverick est plus rapide que lui, Rossi fera tout ce qui est en son pouvoir pour inverser la situation, mais il l'acceptera. En même temps, je suis prêt à parier qu'en six mois, cette relation heureuse entre lui et Viñales sera terminée. On a vu lors de quelques courses Rossi dire qu'il n'était pas assez rapide, et cela veut dire qu'il peut accepter quand les autres le battent et sont plus rapides que lui. Toutefois, je pense que Valentino sera aux avant-postes et gagnera des courses, et je vais prendre un instant pour mettre en avant une nouvelle fois son niveau de compétitivité et son envie de vaincre qu'il a encore, à 37 ans. Je pense que beaucoup de gens ne réalisent pas à quel point nous sommes chanceux de le voir toujours en compétition, et beaucoup le réaliseront lorsqu'il aura pris sa retraite. Jusqu'à ce moment-là, je n'ai pas le choix que de m'incliner devant lui, et d'en profiter.

5. Le Big Bang de Honda

Une chose curieuse concernant Marc et Valentino est qu'ils demandent tous les deux la même chose de leur équipe : une meilleure accélération de leur moteur. Pour le moment, la solution avec laquelle Honda est arrivé n'est pas assez bonne pour l'Espagnol, et la même chose s'applique à Rossi. Pendant la saison, Marc a dû compenser le déficit d'accélération de sa moto au freinage et en entrée de virage, et cela lui a parfois fait perdre l'avant et se crasher. Il n'aime pas courir de façon conservatrice, mais il a été contraint de le faire plusieurs fois, démontrant maturité et adaptabilité. Cela ne veut pas dire qu'il aime cela, et ce qu'il veut est être capable de freiner ou d'entrer dans les virages avec la même agressivité, mais en même temps être capable de se battre avec les autres à l'accélération. De ce que j'ai pu entendre en piste, je dirais que ce moteur Honda est actuellement un Big Bang (deux cylindres explosent à la fois), et cela voudrait seulement dire que le manufacturier considère que c'est la meilleure façon de donner à sa star le meilleur moteur possible.

Marc Marquez, Repsol Honda Team
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