Cinq pilotes MotoGP qui ont besoin de faire une super saison 2026
Alors que la plupart des guidons des équipes d'usine devraient être attribués avant le début du championnat, le week-end prochain, plusieurs pilotes savent qu'ils vont devoir démarrer 2026 sur un gros niveau, soit pour assurer leur avenir, soit pour améliorer leur cote en MotoGP.
Photo de: Media VR46
Autosport
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La saison 2026 de MotoGP promet une grosse lutte en tête du championnat, avec le retour du champion du monde Marc Márquez, remis de sa blessure à l'épaule, et face à lui notamment son frère Álex Márquez et Marco Bezzecchi.
Mais à l'autre bout du spectre, plusieurs pilotes se battent pour rester sur la grille. Trois pilotes - Johann Zarco, Diogo Moreira et Toprak Razgatlioglu - avaient déjà assuré leur avenir avant que l'on entre dans cette année, et Bezzecchi l'a fait récemment. Par contre, la majorité des pilotes de la grille arrivent en fin de contrat.
Or, étant donné que les constructeurs souhaitent valider le plus tôt possible leur line-up pour 2027, année de changement de règlement, les performances du début de saison pourraient s'avérer déterminantes pour savoir qui aura une place et qui n'en aura pas lorsque le MotoGP entrera dans l'ère des 850cc.
Voici cinq pilotes MotoGP qui ont besoin de réaliser une très bonne saison 2026 :
Pecco Bagnaia (Ducati)
Bagnaia s'apprête à perdre sa place chez Ducati, à peine deux ans après ses deux titres consécutifs.
Photo : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Pecco Bagnaia sera scruté de près cette saison après une campagne 2025 éprouvante qui a ébranlé son leadership chez Ducati et finalement bouleversé le cours de sa carrière. Ses performances encourageantes lors des essais hivernaux laissent penser que le plus dur est derrière lui, mais il peut encore faire beaucoup pour redorer son image cette année.
Bagnaia doit faire comprendre que 2025 n'était qu'une exception dans son parcours par ailleurs brillant chez Ducati, et prouver à Borgo Panigale que c'était une erreur de lui chercher un remplaçant avant même qu'il n'ait bouclé son premier tour sur la GP26. Désormais, bien que son avenir à long terme semble assuré chez Aprilia, une nouvelle mauvaise saison risquerait de ternir sa réputation en MotoGP.
S'il serait naïf de remettre en question son héritage chez Ducati – après tout, il a réussi là où tellement d'autres, comme Jorge Lorenzo et Andrea Dovizioso, ont échoué – se faire à nouveau éclipser par les frères Márquez ne lui serait pas profitable.
Bagnaia n'a pas forcément besoin de devancer son coéquipier au championnat pour stabiliser sa situation. Rester régulièrement à proximité de Márquez tout au long de la saison et saisir toute opportunité de victoire serait un bon point de départ, compte tenu de la manière dont s'est passée la saison 2025. Avec le soutien nécessaire de Ducati, sa priorité devrait être d'éviter de revivre ces week-ends où il s'est évertué à chercher des solutions à son manque de rythme.
Quoi qu'il arrive en 2026, Bagnaia restera à jamais une figure emblématique de l'histoire de Ducati en MotoGP. La domination actuelle de la marque italienne repose en grande partie sur sa vitesse et son sang-froid, et il voudra quitter l'équipe qui l'a si longtemps accompagnée en laissant son héritage intact. Si son ancien rival, Jorge Martín, peut se permettre une nouvelle saison en demi-teinte et tourner la page sur le chapitre Aprilia, Bagnaia, lui, doit encore faire honneur à ce qu'il a accompli ces six dernières saisons chez Ducati.
Joan Mir (Honda)
Mir a rejoint Honda lorsque la marque était au plus bas, mais il doit maintenant défendre sa place.
Photo : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Joan Mir a traversé la période la plus sombre de l'histoire de Honda en MotoGP, une crise telle qu'elle l'avait même poussé à envisager sérieusement de quitter la discipline avant ses 30 ans. Mais maintenant que le constructeur japonais a enfin commencer à progresser et se rapproche des avant-postes, le champion du monde 2020 doit lui aussi hausser son niveau de jeu et contribuer à combler le vide laissé par le départ de Marc Márquez en 2024.
Il faut reconnaître à Mir des signes tangibles de renaissance en fin de saison dernière, avec deux podiums mémorables à Motegi et Sepang. Cependant, ces gros points n'ont eu que peu d'impact sur son total final, car il a terminé trop de courses au sol, soit à cause de ses propres erreurs, soit parce qu'il a été percuté par d'autres pilotes.
Les avances de Honda, d'abord à Jorge Martín puis à Fabio Quartararo, en disent long sur les ambitions du constructeur. Mais le fait qu'il soit toujours à la recherche d'une star témoigne d'un manque de confiance dans le line-up actuel. Avec les profonds changements réglementaires prévus pour 2027, Honda estime avoir besoin d'un pilote du calibre de Quartararo pour mener son prochain projet. Mir, malgré son titre de champion du monde, n'a pas encore démontré qu'il pouvait être ce leader chez Honda.
Si l'on se fie à son passage chez Suzuki, l'Espagnol mérite sans aucun doute de faire une nouvelle saison chez Honda, néanmoins ses chances sont minces. Les analyses techniques de Luca Marini sont très appréciées au Japon, et il dispose par ailleurs d'une solution de repli chez VR46 si Honda devait décider d'engager un jeune pilote aux côtés de Quartararo l'année prochaine. Mir doit s'imposer aussi bien sur la piste qu'au sein des bureaux d'études de Honda pour assurer son avenir en MotoGP.
Fabio Di Giannantonio (VR46)
Di Giannantonio doit élever son jeu s'il veut garder son guidon chez VR46.
Photo : Media VR46
Fabio Di Giannantonio aborde la saison 2026 avec la ferme intention de prouver sa valeur. Ducati lui a témoigné une grande confiance l'an dernier en lui offrant un contrat d'usine et la GP25, faisant de lui le seul pilote en dehors de l'équipe officielle à bénéficier du matériel le plus récent. Cependant, malgré quelques performances remarquables - notamment son podium à Valence qui a permis à Ducati de maintenir une série interrompue d'arrivées sur la boîte - son manque de régularité a été son principal problème.
Une grande partie de ses difficultés peut être attribuée à la nature capricieuse de la GP25, mais il s'est rarement imposé comme le leader incontesté de l'équipe VR46 et il n'a pas systématiquement surpassé son coéquipier, Franco Morbidelli. De plus, même s'il a finalement terminé la saison avec une avance confortable au classement général, tous deux sont restés au coude à coude pendant une grande partie de l'année, Morbidelli devançant même souvent Di Giannantonio.
Il n'est guère surprenant que VR46 envisage de recruter deux jeunes pilotes prometteurs pour 2027. La progression de Di Giannantonio en MotoGP a été globalement ascendante ces quatre dernières saisons, et il reste un vainqueur confirmé de Grand Prix. Mais évoluer au sein du giron Ducati et disposer de la meilleure moto du plateau place forcément la barre plus haut.
Un bon début de saison 2026 pourrait être le seul moyen pour lui de convaincre Valentino Rossi et Uccio Salucci de revoir leurs plans - ou, à défaut, d'obtenir un ticket de retour chez Gresini, où une place pourrait se libérer si Álex Márquez finalise son transfert attendu chez KTM.
Álex Rins (Yamaha)
Vainqueur avec Suzuki et Honda, Rins n'a pas réussi à épouser la Yamaha.
Photo : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Sur le papier, Álex Rins affiche un solide palmarès en MotoGP : six victoires en Grand Prix, 18 podiums et plusieurs départs en première ligne obtenus avant ses 30 ans, qu'il a fêtés en décembre dernier. Il a même mené à la victoire un groupe Honda démoralisé dès sa troisième course avec LCR, en 2023, démontrant ainsi sa capacité d'adaptation rapide, même dans les moments difficiles. Cependant, son passage chez Yamaha s'est avéré jusqu'à présent une véritable déception, et il semble n'être plus que l'ombre de lui-même.
Il était compréhensible qu'il y vive une première saison difficile : il devait s'adapter à une M1 peu performante et une blessure à la jambe en milieu de saison a freiné sa progression. Mais en 2025, aucun facteur n'a atténué ses difficultés. Hormis quelques fulgurances lors de la tournée asiatique, il est largement resté dans la zone la plus anonyme du peloton. Se faire battre par Jack Miller sur la moto engagée par Pramac n'a pas non plus été à son avantage.
Alors même que Yamaha se prépare au départ de Fabio Quartararo, son pilote vedette, elle est prête également à se séparer d'Álex Rins, à moins que ce dernier n'améliore significativement ses performances cette année. Ce partenariat n'a tout simplement pas fonctionné pour les deux parties et Rins apparaît comme n'étant pas indispensable à l'approche de cette nouvelle saison. Alors Yamaha accorde sa confiance à Miller dans le développement de sa moto équipée du V4, Rins est sous pression pour faire ses preuves au sein du groupe d'Iwata.
Frando Morbidelli (VR46)
Au guidon de la meilleure moto de la grille, Morbidelli n'a pas été à la hauteur des attentes.
Photo : Steve Wobser / Getty Images
Alors que Franco Morbidelli entame sa troisième saison en tant que pilote satellite Ducati, sa campagne prometteuse de 2020 sur la Yamaha semble déjà bien loin. Peu de pilotes ont la chance de prendre le guidon d'une Ducati, et force est de constater que les résultats de Morbidelli avec cette moto sont, jusqu'à présent, en deçà des attentes.
En 2024, l'Italien s'est vu offrir un poste prestigieux chez Pramac et une moto d'usine, une opportunité qui aurait dû relancer sa carrière et faire de lui un prétendant régulier aux premières places. Mais après avoir manqué l'intégralité des essais de pré-saison à la suite d'un accident à l'entraînement, Morbidelli n'est même pas monté sur le podium cette année-là, et encore moins rivalisé avec son coéquipier Jorge Martín, champion du monde.
Il faut reconnaître qu'il a semblé bien plus à l'aise chez VR46 l'an dernier, grâce au soutien de son ami Valentino Rossi et d'un encadrement qu'il connaît bien. Ses performances ont néanmoins été solides mais sans éclat, sans rien d'exceptionnel qui ressorte.
Sa réputation de pilote sujet aux chutes fréquentes et aux difficultés qu'il cause aux autres ne joue pas en sa faveur. Certes, certaines critiques à son égard ont été disproportionnées, mais certains incidents, comme celui de Valence - où il s'est fracturé la main droite après avoir percuté la Honda d'Aleix Espargaró au départ - n'ont fait que renforcer cette perception et démontrer pourquoi il doit encore maîtriser son agressivité en MotoGP.
Avec le renouvellement attendu du line-up de l'équipe VR46, Morbidelli aborde une saison cruciale. Il lui faudra bien plus que quelques places régulières dans les points pour assurer son avenir et changer l'image qu'il a donnée de lui ces dernières années.
La tournure que va prendre le marché des transferts pourrait avoir un impact notable sur l'avenir de ces cinq pilotes.
Photo : Steve Wobser / Getty Images
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