Le circuit de Goiânia séduit les pilotes malgré les perturbations météo
Un tracé court et technique, mais qui offre malgré tout des opportunités de dépassement. Voilà ce que retiennent les pilotes MotoGP après leur découverte de Goiânia, nouvel hôte du GP du Brésil.
Malgré des conditions qui avaient de quoi faire froncer quelques nez au vu de la quantité d'eau et de terre qui s'est déversée sur la piste depuis plusieurs jours, l'autodrome de Goiânia, que les pilotes MotoGP ont découvert vendredi, a fait l'unanimité. Rénové par de grands travaux ces derniers mois, le circuit absent du championnat depuis 37 ans a été salué pour son tracé ainsi que son excellent niveau d'adhérence.
En deux séances d'une heure, et malgré la pluie toujours protagoniste, les compliments ont balayé l'inquiétude qui faisait les gros titres jusqu'alors, lorsque de gros orages ont inondé certaines parties de la piste ainsi que le tunnel d'accès au paddock. On a pu craindre que la piste soit trop sale pour que les essais se déroulent correctement, compte tenu de la boue entraînée sur le bitume en provenance des voies de dégagement.
Voir une nouvelle averse doucher Goiânia vendredi dès le début de matinée, puis entraîner le report des essais était à nouveau plutôt inquiétant. Et puis, finalement, tout est rentré dans l'ordre et, même sans avoir pu rouler sur une piste totalement sèche, les pilotes ont unanimement fait l'éloge du circuit.
"J'aime bien la piste. On ne dirait pas qu'elle est si petite", a commenté Fabio Quartararo, septième des Essais. "Évidemment, le tour est court mais pour moi, ça paraît beaucoup plus grand qu'au Sachsenring. Le tracé aussi."
"Malheureusement, on ne peut pas explorer la totalité des conditions de piste parce que c'était humide, c'était dur. Mais je pense que sous un grand soleil, si c'est totalement sec, c'est une piste très fun", a poursuivi le pilote Yamaha, ajoutant : "On dirait que la piste est très sale mais on ne le sent pas trop. C'est sûr que c'est plus glissant hors trajectoire que sur la bonne trajectoire."
Le circuit de Goiania
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Luca Marini était venu sur place il y a un an pour une démonstration, et il estime que le circuit s'est considérablement amélioré depuis. "[Le bitume] offre une très bonne adhérence dans toutes les situations, en pneus slicks alors qu'il pleuvait comme avec des pneus pluie, donc je pense que la qualité est très bonne et que MotoGP Sport [Entertainment Group] a fait un travail fantastique avec les organisateurs et le circuit pour arriver ici à un très bon niveau par rapport à la situation de l'année dernière", a-t-il déclaré.
"En ce qui concerne la piste, on ne peut pas dire plus que ça. On verra demain si la météo s'améliore, parce que je pense qu'on pourra l'apprécier, mais il faut que l'on roule dans des conditions normales. Ce serait préférable pour nous que ce soit entièrement mouillé [ou] entièrement sec."
Des dépassements bel et bien possibles
Jeudi, certains pilotes avaient émis des doutes quant au fait que le circuit, long de seulement 3,835 km, offre suffisamment d'opportunités de dépassement. Même si ces essais de vendredi n'en sont pas le meilleur indicateur, Pedro Acosta s'est dit convaincu que Goiânia pourra bel et bien donner lieu à une course disputée, si elle est sèche.
"Si le temps est plus ensoleillé, il y aura de nombreux endroits pour dépasser", a estimé le pilote KTM, parmi les plus rapides vendredi. "Le circuit est très sympa pour piloter, peut-être un peu court pour une MotoGP, mais il offre de nombreuses possibilités. Je pense qu'avec d'autres conditions météo, plus ensoleillé par exemple, on pourrait avoir de très belles courses."
Jorge Martín a fait écho au point de vue de son compatriote. "Il est fantastique", a-t-il acté au sujet du tracé. "Je trouve que c'est très différent de ce à quoi on est habitués. C'est court mais vraiment rapide, donc c'est vraiment bien. Il n'y a que le troisième secteur qui est un peu lent, mais c'est bon aussi pour les dépassements, c'est un bon endroit pour doubler."
"Je pense qu'on peut dépasser à beaucoup d'endroits différents. Il y a des pistes beaucoup plus longues sur lesquelles il est très dur de doubler. Ici, c'est court mais on peut vraiment être créatif et prendre des trajectoires différentes", s'est réjoui le pilote Aprilia.
Marc Márquez (Ducati Team)
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Même Marc Márquez, qui préfère généralement les pistes comportant davantage de virages à gauche, et ce d'autant plus qu'il se remet toujours d'une blessure à l'épaule droite, a fait l'éloge de ce circuit qui va à l'encontre de ses goûts.
"Le tracé est super sympa et je l'apprécie", a tranché le champion du monde en titre. "Il faut faire une distinction entre ce qui est un bon tracé pour son pilotage et un tracé sympa. Celui-ci est sympa parce que c'est fluide dans le premier secteur, puis j'aime les secteurs 2 et 3."
Un bitume lent à sécher par endroits
Finalement, la seule critique faite au circuit concerne la capacité du bitume à sécher rapidement, et ce dans un contexte tout de même très particulier si l'on considère les quantités d'eau qui se sont déversées sur l'asphalte cette semaine, entre averses orageuses et nettoyage intensif.
Luca Marini le reconnaissait vendredi : "Même s'il est tout neuf, le bitume a encore besoin d'un peu de temps de repos parce qu'il faut beaucoup de temps pour sécher, surtout entre deux sections de revêtement."
La pluie de cette journée a joué un mauvais tour à certains pilotes comme Marco Bezzecchi et Raúl Fernández, respectivement deuxième et troisième du championnat, ou encore les locaux Diogo Moreira et Franco Morbidelli (de mère brésilienne). Et Bezzecchi n'a précisément pas vraiment apprécié le fait que le bitume garde si longtemps des traces de pluie.
Marco Bezzecchi (Aprilia Racing)
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"La piste est très belle, le tracé est sympa, c'est rapide et super fun, mais le problème est que l'asphalte ne sèche pas", regrettait ainsi le pilote Aprilia. "Si on prend un pneu pluie, on fait quatre tours et il est fini, mais si on prend un slick, il y a des patches qui restent toute la journée. C'est tout le temps la même chose et elles sont petites partout. C'est très difficile, mais la piste est très belle."
Marc Márquez a surtout remarqué cette humidité persistante dans le virage 5. "On était très lents parce que c'est le seul virage qui est resté humide. Il n'a jamais séché, donc on était très prudents", a-t-il souligné.
"C'était vraiment délicat aujourd'hui", a confirmé Martín, bien qu'il s'en soit beaucoup mieux sorti que son coéquipier. "Ça n'a pas séché à 100% donc il y avait tout le temps des zones humides et c'est très dur pour nous parce qu'on chauffe bien le pneu, puis on arrive dans une zone humide et tout commence à bouger. C'est dangereux et on peut très facilement partir à la faute."
"C'est sûr que la météo n'est pas idéale mais la piste est fantastique, je l'ai vraiment apprécié", a insisté le pilote espagnol. "Il n'y a pas beaucoup de bosses. Je pense que dans des conditions totalement sèches, ce serait très fun de rouler ici."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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