Combien coûte un pneu en MotoGP et qui paie ?
C'est la question à un million : combien coûtent les pneus en MotoGP et qui les paie ? Nous avons discuté avec Pirelli, nouveau manufacturier unique du championnat à partir de 2027, pour tenter d'éclaircir ces questions.
Photo de : Pirelli
Dans un sport où règne encore un grand secret quant aux sommes perçues par les pilotes, versées par les constructeurs ou distribuées par le championnat lui-même, l'arrivée d'un nouveau propriétaire américain, issu d'une culture où parler d'argent n'est pas tabou, finira par apporter davantage de transparence sur ce qui est payé, comment et par qui.
L'une des dépenses les plus importantes dans tout championnat de sport mécanique concerne les pneus. Autrefois, il existait une concurrence entre les manufacturiers, ce qui faisait grimper les investissements et les dépenses. Depuis quelques années déjà, le concept de fournisseur unique s'est imposé dans des compétitions telles que la Formule 1, le WRC, l'IndyCar, la NASCAR, le WorldSBK et, depuis 2009, le MotoGP.
Le premier fabricant à devenir fournisseur exclusif de pneus en MotoGP fut Bridgestone, qui releva le défi entre 2009 et 2015. À la marque japonaise succéda Michelin, qui achèvera en fin d'année sa 11e et dernière saison en tant que manufacturier unique. En 2027, avec l'entrée en vigueur du nouveau règlement technique et l'arrivée des motos de 850cc, c'est Pirelli qui prendra le relais, devenant ainsi le manufacturier unique de l'ensemble des catégories des Grands Prix, Moto2 et Moto3 incluses.
Vient alors la première question que se posent les passionnés : est-ce Pirelli qui paie le MotoGP pour devenir fournisseur, ou l'inverse ? Et l'on peut aussi se demander qui paie les pneus et combien ils coûtent dans la catégorie reine. Motorsport.com s'est entretenu avec Giorgio Barbier, directeur de la compétition moto chez Pirelli, afin d'obtenir des réponses à toutes ces questions.
Les équipes paient-elles les pneus ?
À la première question, qui est de savoir si le manufacturier paie un championnat dont il est le fournisseur exclusif, Giorgio Barbier apporte une réponse initiale ne laissant aucune zone de flou. "Toujours. Dans toutes les compétitions de moto ou de Formule 1, sans exception, le fabricant de pneus paie l'organisateur", nous explique-t-il.
Le responsable italien confirme l'existence d'une redevance mais nuance quelque peu. "Je comprends que le fabricant dise : 'Je suis le fournisseur unique du MotoGP et je paie une redevance'. Six millions, par exemple. Mais j'ajoute ensuite : l'ensemble des pneus me coûte 36 millions, et ces 36 millions, c'est vous qui les payez."
Les équipes MotoGP ne payent pas leurs pneus.
Photo de : Pirelli
La question est de savoir comment : le coût de ces pneus est-il couvert par les équipes ou le promoteur ? "Ce sont des choses qui se négocient", prévient Barbier, qui précise qu'il n'apportera pas de réponse claire à cette question.
"Cela fait partie des accords avec le promoteur. Car d'une part, il y a le coût des pneus, mais il y a aussi le service, le personnel, toute l'organisation. Ce sont des coûts importants. C'est une chose de payer une redevance, mais ensuite, il y a tous les coûts annexes, qui sont également importants. Il faut s'organiser au sein de l'usine, gérer les processus, etc."
"On peut alors dire à l'organisateur : 'Est-ce que vous m'aidez à prendre en charge une partie de ces coûts ?' ou bien : 'Voici ce que ça coûte et voici la redevance'. Ce sont des négociations."
Les équipes, quant à elles, paient-elles les pneus ? "En Superbike, oui", explique le dirigeant. "En MotoGP, pour l'instant, ce n'est pas prévu. C'est le cas en Moto3 et en Moto2, mais pas en MotoGP."
Peut-on déterminer le prix d'un pneu en MotoGP ?
Pirelli produit et vend à ses clients des pneus de compétition, les mêmes que ceux utilisés en WorldSBK qui est par essence un championnat dont les produits sont dérivés de la série. En revanche, le MotoGP interdit, par contrat, la commercialisation de ses pneus. Le championnat exige en effet un pneu spécifique qui n'est disponible nulle part ailleurs, car il ne souhaite pas que les équipes puissent en acheter et s'entraîner par leurs propres moyens.
À cet égard, les contrôles sont stricts, d'où le fait que les constructeurs disposent d'un nombre limité d'unités pour effectuer des tests au cours de l'année, un chiffre qui va de 170 à 260, en fonction du niveau de concession de chaque marque.
Giorgio Barbier, directeur de la compétition chez Pirelli, ici en discussion avec Marco Bezzecchi.
Photo de : Pirelli
"Nous ne pouvons pas vendre les pneus de MotoGP, mais nous pouvons garantir à nos clients que les pneus sportifs de Pirelli sont fabriqués par les mêmes ingénieurs et techniciens, dans la même usine de Breuberg [en Allemagne, ndlr] que celle où nous élaborons les composés de course, et avec le même esprit sportif qui caractérise notre marque", explique Giorgio Barbier.
Le responsable italien ne peut toutefois pas nous donner le prix d'une unité. "Il est évident que je ne peux pas vous donner le prix exact, mais je vais vous donner un indice : combien coûte le pneu de votre moto ?", nous répond le dirigeant.
Puis, sachant qu'un pneu arrière de type Diablo Superbike coûte environ 300 euros, il ajoute en guise de dernier indice : "Nous fabriquons les prototypes de MotoGP sur les mêmes machines et dans la même usine que celle où nous produisons ce pneu [à 300€]. Il n'y a que les matériaux qui changent, il peut y avoir certains aspects du processus qui sont modifiés, mais le coût ne sera jamais très différent."
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