Crutchlow admet des erreurs et peut "faire un top 3 comme être 15e"

Contraint de passer par la Q1 après ne pas être parvenu à intégrer le top 10 sur le cumul des trois premières séances d'essais du Grand Prix d'Autriche, Cal Crutchlow admet que les progrès à trouver se trouvent aussi bien du côté de son pilotage propre que de la mise à disposition par son équipe d'une monture lui permettant de ressentir les choses comme il le désire.

Crutchlow admet des erreurs et peut "faire un top 3 comme être 15e"

C'est finalement de la neuvième position de la grille "avec des malades devant comme derrière" que s'élancera le Britannique, ce dimanche après-midi, après être parvenu à signer le meilleur chrono de la Q1 dans les derniers instants de celle-ci et avoir poursuivi sa Q2 avec des pneumatiques dont il n'est pas certain qu'il s'agissait du meilleur choix sur le moment. Une position de départ loin d'être idéale, mais le rythme affiché en EL4 laisse penser au #35 que la course peut tout de même bien se dérouler en cas de conditions sèches, même s'il admet aussi que le comportement des pneumatiques, s'il est similaire à celui observé à Brno, peut signifier qu'une arrivée sur le podium pourrait être lointaine.

De l'avis général, la position sur la grille est de plus en plus importante en MotoGP, mais Cal Crutchlow estime que les choses demeurent ouvertes… derrière Marc Márquez, qu'il décrit comme un magicien. "C'est pour ça que l'on revient : on revient parce qu'on n'obtient le résultat que le dimanche et c'est pourquoi au final, je me sens pas mal ce week-end, pour le moment. Comme dit, je ne sais pas si je peux finir sur le podium ou P15, et c'est la raison pour laquelle on fait la course. C'est cet élément, le fait d'essayer d'être devant [qui m'anime]. Si je savais qu'à chaque course, j'allais être cinquième, ça ne servirait même à rien de venir. J'attends donc la course avec impatience et me battrai à fond, je donnerai tout ce que je peux et l'on verra où nous serons."

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"Je piloterai mieux quand je me sentirai bien avec la moto"

Un état d'esprit plus positif que celui de vendredi soir, lorsque le pilote LCR Honda cachait mal sa frustration de ne pas parvenir à se placer là où il le souhaitait. "Je me sentais mal hier soir [vendredi, ndlr] : j'étais huitième mais je savais que la réalité était que je n'étais pas assez bon pour être dans le top 10. Et j'en suis sorti en EL3 : je savais que la marge était très faible, mais je pensais qu'on ferait le job en EL3 pour ne pas avoir à passer par la Q1. Faire les EL4, la Q1, la Q2… Putain ! Honnêtement, avec l'intervalle qu'il y a entre chaque, c'est un claquement de doigts."

"Je n'avais aucun feeling avec la moto et il était crucial d'aller en Q2 directement. Je trouve qu'actuellement, nous ne faisons pas un assez bon boulot, et c'est une combinaison avec moi, qui fais des erreurs. Je suis allé aussi vite que je le pouvais en EL3 et ce n'était pas suffisant : c'est aussi simple que ça ! C'est sûr que je ne suis pas content, je ne vais pas danser dans le garage quand j'ai le sentiment de ne pas être assez rapide. D'un autre côté, je me sens bien pour la course : pas assez rapide sur deux tours, mais sur la distance de course, j'ai l'air mieux que certains de mes rivaux."

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Pour autant, Crutchlow ne se cache pas derrière son petit doigt : son propre pilotage du moment est perfectible, comme il l'admet devant les micros. "J'ai fait des erreurs et notre moto, actuellement, n'est pas comme je le souhaite. Je n'arrivais pas à bien la contrôler dans les zones de freinage. Je pouvais bien m'arrêter, mais pas contrôler la moto. C'était un feeling étrange. Il faut améliorer ça, regarder les choses, l'électronique. Je ne me sentais pas très bien avec le frein moteur [samedi]. Ce sont beaucoup de raisons différentes. Mais la vérité est aussi que je devrais mieux piloter, c'est vrai. Cela dit, je piloterai mieux quand je me sentirai bien avec la moto, vous savez ? Je fais de mon mieux."

Comme l'explique le Britannique, les caractéristiques de la piste font de que très grosses pertes de temps dans certains freinages ou les relances condamnent aussi la vitesse en ligne droite par la suite, qu'il est impossible de compenser sur l'ultime portion du circuit. "Et même si l'on pense que ce circuit est une ligne droite derrière l'autre et encore une autre ligne droite derrière, sur la moto, c'est difficile", explique-t-il. "Mais j'ai fait un bon travail en Q2 : ce n'est pas là que j'étais en termes de rythme. Être neuvième était important. Je préférerais être sur la seconde ligne, c'était mon but, mais j'ai utilisé le pneu medium parce que pour être franc, je pensais qu'il serait un peu mieux que le soft en raison du fait que j'avais beaucoup de patinage avec le soft. Il semble que j'avais moins de patinage avec le medium arrière, mais j'ai perdu pas mal d'adhérence additionnelle pour sortir des virages. J'ai amélioré mes temps au tour, mais si j'avais utilisé le soft, j'aurais pu la mettre là où je voulais. Ce sera différent en course."

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"Un gros souci" avec les freins

L'actuel huitième du championnat − talonné par Quartararo − ne cache par ailleurs pas le fait d'avoir certaines craintes concernant le comportement de sa machine dans les gros freinages du Red Bull Ring en vue de la course. Des problèmes rencontrés depuis le début du week-end, qui ne posent que des soucis d'optimisation de la performance en solo, pourraient prendre une autre dimension dans le peloton.

"Ma plus grosse préoccupation est la course. Je dois faire attention à comment je le dis, car je ne veux pas le sortir de contexte. Les freins n'ont pas de dysfonctionnement, mais ils ne fonctionnent pas. C'est un souci, un gros souci", confesse-t-il. "J'ai suivi deux pilotes au cours du week-end. Et les deux fois, les freins ont surchauffé. On verra ce qui se produit. Je ne suis pas impatient de me retrouver neuvième avec des gens devant moi et avoir moins de décélération… Mais le problème est qu'il faut prendre l'aspiration des gars pour faire un temps, économiser du carburant. C'est plus facile de suivre les gars, mais sans les freins…"

Un pronostic comme mot de la fin, et un œil sur le podium ? "Je ne sais pas. Qui en a la moindre putain d'idée ? Peut-être. Je peux faire un top 3 comme être 15e. Actuellement, je n'en ai aucune idée !"

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