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Crutchlow le "guerrier", revenu de loin après sa blessure

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Crutchlow le "guerrier", revenu de loin après sa blessure
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13 déc. 2019 à 15:30

Bloqué par une lourde blessure de la cheville fin 2018, le pilote anglais a trouvé les ressources pour non seulement guérir physiquement mais aussi conserver un mental d'acier, nécessaire pour retrouver les avant-postes.

Le Grand Prix d'Australie a offert à Cal Crutchlow certains des plus beaux moments de sa carrière, à l'image de sa victoire en 2016, mais aussi un épisode bien plus douloureux, l'an dernier. Victime d'une lourde chute pendant les essais libres, il a vu sa saison s'arrêter net et son hiver en être gâché, la faute à de multiples fractures du tibia, du péroné et de l'astragale, nécessitant des opérations de reconstruction et l'empêchant de marcher pendant plusieurs semaines.

Là où d'autres auraient sans doute baissé les bras, le pilote anglais, lui, a mis un point d'honneur à retrouver la grille. "Franchement, c'est un sport difficile. J'ai eu des difficultés au cours de l'année passée. J'avais du mal à savoir si j'allais revenir. Il ne s'agissait pas de savoir si je voulais courir à nouveau, car mon désir de courir était probablement plus fort que jamais. Certaines personnes prennent les chutes d'une façon et d'autres les prennent d'une autre façon. Je l'ai pris en voulant me prouver à moi-même que je pouvais revenir d'une blessure aussi lourde que celle-ci et réaliser de bonnes performances à nouveau, monter sur le podium", explique Crutchlow.

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Et ce fut une réussite, car le pilote LCR était bel et bien au rendez-vous du premier Grand Prix de la saison et, d'emblée, il a retrouvé le podium. Puis, un an après son accident, il était à nouveau sur la boîte à Phillip Island, un accomplissement particulièrement fort. "Ce podium était très spécial compte tenu de ce qui s'était passé l'année dernière. C'était la cerise sur le gâteau d'obtenir un podium en Australie", admet-il au site officiel du MotoGP. "Il a fait un travail incroyable", s'est réjoui Lucio Cecchinello, admiratif de son esprit combatif : "Les conditions durant tout le week-end ont été vraiment extrêmes et c'est remarquable car il n'a jamais hésité à entrer aussi vite que possible dans le premier virage, où il est tombé et s'est blessé l'année dernière. C'est un guerrier, il oublie, va de l'avant et il a fait un travail remarquable."

"Cela a été une grosse blessure, difficile à gérer. C'était une grosse opération", rappelle le pilote anglais, qui a connu d'évidentes difficultés à la reprise. "Début janvier je ne marchais toujours pas et fin janvier je devais piloter la moto pour des essais. Heureusement, quand je suis remonté sur la moto mes sensations étaient encore assez bonnes et j'ai pu pas mal la piloter. Ensuite j'ai continué à travailler jusqu'au début de la saison. Ça a été un gros choc de pouvoir monter tout de suite sur le podium au Qatar. La dernière course avant ma chute était Motegi et j'étais sur le podium, et à la suivante j'ai terminé à trois dixièmes de la victoire."

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

À 34 ans, et alors qu'il évoque régulièrement l'hypothèse d'une retraite prochaine, Crutchlow admet que l'idée d'arrêter les frais lui a traversé l'esprit après ce grave accident, mais sa motivation et sa hargne de compétiteur ont vite repris le dessus. Il comprend toutefois que Jorge Lorenzo ait pu se résoudre à mettre un terme à sa carrière à la fin de la saison après avoir notamment cumulé les blessures au cours de l'année passée.

"Quand je suis tombé l'année dernière, j'ai aussi eu ce sentiment, où je me suis dit 'putain, c'est ridicule'. Je me fais désarçonner en fin de ligne droite à Phillip Island, alors que j'étais monté sur le podium quatre jours plus tôt… Mais d'un autre côté, une heure plus tard j'étais en train de planifier avec le chirurgien comment je pourrais revenir à Valence. C'était bien sûr impossible, parce que j'avais cette cage sur ma jambe [le fixateur externe, ndlr], mais dans ma tête j'avais déjà envie de revenir", se rappelle-t-il.

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"Mais c'est différent selon les personnes. Je pense que Marc [Márquez] est plutôt comme moi, et pour quelqu'un qui est peut-être plus sensible, comme Jorge, c'est différent. Mais qu'est-ce qui est juste ou pas ?" poursuit-il, loin de vouloir donner des leçons à l'un ou l'autre de ses collègues. "C'est un sport difficile. C'est ce qui s'est passé avec Jorge cette année : il est tombé et, oui, ça fait mal. Ça n'est pas du tout un sport facile. C'est comme ce qui est arrivé à Johann [Zarco] : il était abattu parce que mentalement il était en difficulté avec la situation qu'il vivait. On peut toujours dire 'allez, il faut rester positif et avancer', mais ça n'est pas si facile que ça. Il faut trouver en soi l'envie de faire du mieux qu'on peut."

Bien qu'il ne se projette pas sur le long terme, Crutchlow semble bel et bien toujours avoir cette envie, malgré les efforts et les désagréments qu'implique la compétition. "Tout ce que je fais c'est du vélo. Les gens se disent 'ah, il fait juste du vélo'… Je ne fais pas 'juste' du vélo, je roule aussi fort et aussi longtemps que je le peux, chaque jour. Je roule seul, ce qui est dur", explique-t-il. "Je n'ai pas d'écouteurs, je ne fais que rouler avec mon vélo. Ça laisse beaucoup de temps pour réfléchir, beaucoup de temps pour se motiver. La motivation doit venir de soi, je n'ai pas besoin que quelqu'un me crie dessus et me dise quoi faire, je n'ai jamais eu de coach ou quoi que ce soit."

"Honnêtement, l'hiver dernier, j'ai trouvé ça plus difficile après ce par quoi j'étais passé. Je continue à le faire, chaque jour, mais certains jours… Il y a cinq ans, je n'aurais jamais pensé comme ça. Mais je peux vous dire qu'à 7h15 ce matin, j'étais sur mon vélo, je me gelais", témoignait-il à Valence. "Pourquoi est-ce que je dois faire ça ? Si je suis honnête, ça ne changera rien à mon résultat du week-end, mais dans ma tête et pour ma motivation je me dis qu'il faut que je le fasse. C'est juste comme ça que ça fonctionne."

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Il a beau ne pas sortir de sa routine de préparation, aussi ingrate soit-elle, Cal Crutchlow se prend tout de même parfois à réfléchir aux séquelles qu'il impose à son corps, et cette grave blessure de 2018 l'a directement confronté à la réalité de ce que son physique a subi au cours de sa carrière.

"Je ne me retourne jamais sur mes chutes. La seule fois où je l'ai fait, cela a été pour celle de Phillip Island. Les blessures sont ce qu'elles sont, la douleur est ce qu'elle est, il faut faire avec, c'est aussi simple que ça. Je me suis blessé plusieurs fois au dos et au cou, et franchement la dernière fois que je l'ai fait, je n'osais pas aller passer un scanner. Parce que la dernière fois que j'y étais allé, ils m'avaient demandé quand je m'étais cassé une vertèbre, et je n'en avais aucune idée", raconte-t-il. "Ça fait peur de penser aux blessures avec lesquelles les pilotes roulent dans ce paddock. Imaginez si on passait un scanner du corps entier… Je n'ose même pas y penser. Mais comme je l'ai dit, je n'arrive pas à me souvenir d'une autre chute comme celle que j'ai eue à Phillip Island, alors il faut faire avec."

Désormais, Crutchlow sait qu'il doit composer avec les séquelles de cette lourde blessure, qui lui cause bien des douleurs, parfois difficiles à supporter. L'éventualité de lui ôter les plaques de sa cheville cet hiver a été écartée afin de ne pas compromettre son début d'année. Une preuve si besoin était que le #35 conserve une motivation intacte pour 2021.

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Auteur Léna Buffa