Crutchlow : "Márquez mène, la moto n'est donc pas mauvaise"

Cal Crutchlow constate des difficultés à apprivoiser le train avant de sa LCR Honda et cherche encore du confort pour pouvoir atteindre le plein potentiel d'une monture qui gagne aux mains de Marc Márquez.

Crutchlow : "Márquez mène, la moto n'est donc pas mauvaise"

G.N., Le Mans - Onzième temps des EL2 à 0''842 de la référence signée par la Yamaha de Maverick Viñales, c'est en revanche à 0''652 de la première Honda de Marc Márquez que Cal Crutchlow a conclu sa journée de vendredi, dans la Sarthe.

Pas forcément où le Britannique aurait souhaité se trouver pour débuter ce Grand Prix de France 2019, lui qui pensait après les tests de Jerez avoir enfin trouvé une manière satisfaisante de faire évoluer les réactions de sa monture. C'est avant tout avec le train avant que souffre Crutchlow, qui s'est fait envoyer au tapis dans une chute au troisième virage n'ayant heureusement pas donné lieu à un envol similaire à celui fait sur ce même point du circuit du Mans lors des qualifications 2018 !

"Un lapin est sorti d'un trou, je suis tombé pour l'éviter !" plaisante Crutchlow, pas secoué pour autant. "C'est juste une chute Honda classique. La seule chute non-Honda que j'ai eue a été l'an dernier quand j'ai fait mon highside en sortant, parce que j'en voulais trop. Alors c'est comme battre un record ! [rires] J'ai perdu l'avant, et voilà ! J'aurais pu la redémarrer mais les commissaires de piste m'ont poussé en montée et l'un d'eux essayait de me faire descendre de la moto."

"Je n'ai pas été le seul à tomber sur cette séance, comme vous avez pu le voir, mais le feeling à l'avant est bien plus critique pour moi cette année que l'an dernier. Mon ressenti n'est pas super à ce niveau et j'avais pris une bonne entrée dans le virage. Alors OK, j'étais entré plus vite, et donc on peut toujours blâmer cela : 'tu avais un pneu arrière tendre neuf', tout ça. Mais au final, Marc avait la même inclinaison et la même vitesse et il n'est pas tombé, ni Jorge, ni qui que ce soit."

Lire aussi :

"On prend toujours les vibreurs ici. En sortie, c'est normalement toujours OK, mais là où vous avez vu des gens chuter au virage 6, où Marc a failli tomber, que Jorge est tombé, on ne roule jamais dessus en course car ils sont trop hauts : on tombe tout le temps. Cela dit, il est étrange que beaucoup de monde tombe dans la chicane, tout comme dans le 3…"

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

Prompt à prendre ses propres responsabilités, Crutchlow admet qu'il a encore de meilleures sensations à trouver avec sa machine, d'une part, et doit tenter d'adapter son style de pilotage à la Honda. "Je pense que nous avons une différence au niveau du feeling par rapport à l'an dernier. Il n'est pas comme celui que j'avais, pas plus que pour Marc", détaille-t-il, avant d'identifier les différences majeures entre les machines 2018 et 2019. "Beaucoup proviennent du frein moteur. La moto est si instable en entrée de virage ! Mais Honda fait un bon travail : le moteur est bon, on arrive à bien mieux accélérer que ce n'était le cas. C'est le point positif : ça a créé d'autres types de problèmes, mais c'est ça, la course moto : on essaie d'améliorer la machine, et si on ne le fait pas, on tourne simplement en rond et c'est une histoire sans fin."

Lire aussi :

Sans chercher à se justifier, Crutchlow fait un simple constat : Marc Márquez parvient à faire pointer la machine aux avant-postes et à remporter des courses cette année. Dès lors, il existe une formule à trouver, chose qui n'est cependant pas facile en cours de saison, au rythme effréné des rendez-vous qui se succèdent.

"Je me sens bien physiquement sur la moto, assez fort pour être performant. Mais je n'ai pas le super feeling avec. J'ai piloté la moto de l'an dernier cette année et je connais la différence de feeling. Et je me suis mieux senti avec celle de l'an dernier dans ce domaine du train avant. Malgré tout, ça ne signifie pas que Honda va arrêter de travailler et ne pas essayer de progresser. Mais ce sont les courses, maintenant. Il est difficile de progresser et de continuer à amener des choses : la partie de la saison européenne débute et l'on a des courses presque coup sur coup chaque semaine : quand est-ce que tu développes quelque chose et amènes un nouvel élément ? C'est très, très difficile."

"L'autre chose est que Marc mène le championnat ! La moto n'est donc pas mauvaise. C'est juste un feeling différent, soit je ne la gère pas mieux soit je n'ai pas sa confiance. Mais je m'attends à ce qu'il ait le même ressenti : c'est juste qu'il pilote différemment. Point final ! C'est juste une question de technique."

 

"Dans le top 5 si je reste sur la moto"

Néanmoins, Crutchlow se veut positif. Le confort n'est peut-être pas tout à fait au rendez-vous, et les réglages de la moto posent encore de nombreuses questions, mais après les EL2, le #35 pensait détenir l'une des meilleures montures. "Je suis optimiste. Je pense que si la course démarrait maintenant, je finirais dans le top 5. Mais on souffre avec le feeling pour le moment et j'aurais aimé savoir où nous allons avec la moto. Jusqu'à ce que je retrouve ces sensations, ce sera une bataille difficile. Car peu importe la direction prise, ça ne va pas mieux."

"J'ai eu deux réglages [vendredi], totalement différents. J'ai dit [jeudi] que je voulais travailler avec deux motos qui sont les mêmes et ne faire que de petits ajustements, mais ça n'a pas été le cas : nos deux motos étaient totalement différentes, même si j'ai eu la même vitesse avec les deux. C'est ce qui rend les choses difficiles : l'une est meilleures dans un domaine, l'autre dans un autre, mais on ne parvient pas à faire une combinaison, ou bien c'est pire."

Lire aussi :

"Ce sont deux choses séparées, mais le fait est que si vous avez une bonne vitesse d'entrée en virage avec un bon freinage moteur, sans secousse ni rien, vous pouvez être bien. Ma chute a juste été liée au fait qu'il y avait une bosse et que j'allais assez vite dessus… Si j'avais été le gars le plus rapide en piste, alors on aurait pu dire que c'était parce que j'allais vite. Mais ce n'était pas le cas. J'ai fait une erreur ou j'ai trop incliné. Mais je ne peux pas vous dire pourquoi, comment, ce que c'était. OK, il y avait une bosse, mais on tape des bosses dans la plupart des tours."

partages
commentaires
Zarco : Avec la KTM, "c'est l'attaque à outrance, tout le temps"

Article précédent

Zarco : Avec la KTM, "c'est l'attaque à outrance, tout le temps"

Article suivant

Petrucci savoure sa chance, sans être obsédé par son contrat

Petrucci savoure sa chance, sans être obsédé par son contrat
Charger les commentaires
Le gentil géant qui manquera au MotoGP Prime

Le gentil géant qui manquera au MotoGP

Imaginer le MotoGP sans Danilo Petrucci, c'est envisager de perdre l'un des rares pilotes qui aient pu battre Marc Márquez au sommet de son art et un garçon aussi attachant que combattif.

MotoGP
26 juil. 2021
Joan Mir, un Champion du monde bousculé mais pas résigné Prime

Joan Mir, un Champion du monde bousculé mais pas résigné

Joan Mir croit en ses chances de conserver son titre en MotoGP, malgré une première moitié de saison en dessous de ses attentes. Motorsport.com a pu échanger avec le pilote Suzuki sur ses chances au championnat, le départ de Davide Brivio et la célébrité apportée par son sacre mondial en 2020.

MotoGP
23 juil. 2021
Quartararo décrypte sa réussite : sérénité retrouvée et Yamaha en progrès Prime

Quartararo décrypte sa réussite : sérénité retrouvée et Yamaha en progrès

À la peine dans les dernières de la saison 2020, Fabio Quartararo a retrouvé le sommet et domine le championnat à mi-parcours. Motorsport.com s'est entretenu avec le Niçois pour évoquer sa nouvelle approche, sa progression et son arrivée dans l'équipe Yamaha factory, mais aussi les grandes difficultés de son coéquipier.

MotoGP
15 juil. 2021
Pourquoi Yamaha risque de perdre Valentino Rossi Prime

Pourquoi Yamaha risque de perdre Valentino Rossi

En sa qualité de patron d'équipe, Valentino Rossi va entrer de façon imminente dans une nouvelle ère dans sa carrière, et celle-ci aura une influence considérable sur un certain nombre de pilotes et d'équipes du championnat. Mais c'est précisément chez Yamaha que se fera sentir l'un des plus gros impacts car la marque joue un rôle central dans cet épisode et pourrait en conséquence perdre ses liens avec le Docteur.

MotoGP
23 juin 2021
Donner ou prendre le sillage : entre aubaine, tolérance et nécessité ! Prime

Donner ou prendre le sillage : entre aubaine, tolérance et nécessité !

Prendre le sillage d'un rival pour gagner en performance... ou être celui qui est accroché et donne, de son plein gré ou non, un avantage à un concurrent. Le sujet n'a pas pas fini de faire parler, mais crée en tout cas des dynamiques intéressantes entre les pilotes du plateau MotoGP.

MotoGP
10 juin 2021
Éligibilité aux concessions techniques : le remède pour Honda ? Prime

Éligibilité aux concessions techniques : le remède pour Honda ?

Aveu d'échec mais coup de pouce possiblement bienvenu : l'éligibilité à des concessions en MotoGP peut être vue de plusieurs manières, comme en témoignent les réactions de Marc Márquez et Pol Espargaró à cette évocation...

MotoGP
6 juin 2021
Lucio Cecchinello : "Ma récompense ? Le plaisir que je continue à prendre" Prime

Lucio Cecchinello : "Ma récompense ? Le plaisir que je continue à prendre"

Toujours aussi passionné, mais aussi ancré dans la réalité, l'ancien pilote Lucio Cecchinello partage avec nous son regard sur les effets de la crise actuelle en MotoGP et la manière dont le championnat devrait selon lui évoluer.

MotoGP
28 mai 2021
Hervé Poncharal, taille patron Prime

Hervé Poncharal, taille patron

Patron du team Tech3 et président de l'IRTA, Hervé Poncharal est une figure incontournable du MotoGP. Aussi impliqué dans le sauvetage du championnat face à la crise sanitaire que touché par l'évolution de la planète, le Français a partagé avec nous son regard sur le monde.

MotoGP
26 mai 2021