Crutchlow complète une 1re ligne reflétant les progrès de Honda

Cal Crutchlow accompagnera cet après-midi les pilotes officiels Honda en première ligne, au départ du Grand Prix d'Espagne.

L.B., Jerez - Systématiquement classé dans la partie haute de la hiérarchie depuis l'entame du week-end, le pilote anglais a vendu cher sa peau pendant les qualifications disputées sur un circuit de Jerez chauffé à blanc. S'il lui a fallu venir à bout d'une guêpe hargneuse qui a eu la mauvaise idée de l'attaquer en piste, il lui a aussi été nécessaire de trouver la clé pour se hisser dans le trio de tête en fin de séance, alors que ces qualifs semblaient destinées à faire la part belle aux Latins.

Son time attack lui a permis de prendre l'avantage sur Jorge Lorenzo, Andrea Iannone et Maverick Viñales, seuls Dani Pedrosa et Marc Márquez lui résistant jusqu'au drapeau à damier. "J’ai perdu du temps dans le dernier secteur tout le week-end", souligne Cal Crutchlow qui, avec 0"204 de retard sur le poleman et 0"155 sur Márquez, a en effet de quoi pester contre cette dernière portion de la piste qui, à elle seule, lui coûte un dixième sur le pilote au numéro 26 et deux dixièmes et demi sur le Champion du monde en titre.

Meilleure qualification à Jerez

Mais qu'à cela ne tienne, la première récompense est acquise et c'est celle de sa meilleure qualification personnelle sur la piste andalouse. "Je suis vraiment heureux d’être en première ligne ; c’est la seconde de l’année et c’est bien de verrouiller une première ligne Honda", se félicite le pilote LCR, qui s'est également élancé de la troisième place en Argentine. "On verra ce qu’apporte la course, mais je l’attends avec impatience", assure-t-il. "Globalement, c'est positif de finir en première ligne, sur le sec, à Jerez. C’est toujours bien, car ce n’est pas un circuit fantastique pour moi."

"Les essais mouillés en EL1 n’ont pas aidé. On avait besoin de cette séance pour ajuster les réglages et je n’ai pas tant fait de changements que ça sur la moto, sur la géométrie et les suspensions, car on n’a bossé que sur un domaine. Mais les gars vont pouvoir regarder les données ce soir [samedi soir, ndlr], et je l’espère, faire progresser un peu la moto."

Et qu'est-ce que cela fait de se mêler aux pilotes espagnols, prophètes en leur pays à ce stade du week-end ? "Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ils sont là, je suis là ! Si je veux faire la course, je dois être en Espagne ! Ils sont tous là pour pousser sur leur course à domicile", constate-t-il. "J’ai aussi des mécanos espagnols… Ils passent leur journée à parler de Barcelone, Barcelone ! Alors de temps en temps, je viens avec mon maillot du Real Madrid, juste pour les garder à l’œil."

"On a vu que Jorge est capable de trouver son rythme aussi et il sera là, Maverick sera fort aussi. Dani et Marc ont un rythme fantastique, donc le rythme entre les quatre ou cinq premiers sera vraiment rapide. Je vais peut-être juste les laisser filer et voir ce qui se passe en fin de course. Ils feront peut-être quelques jolies manœuvres entre eux [rires]."

Cette première ligne entièrement verrouillée par Honda sur une piste que l'on disait favorable à Yamaha est-elle le fruit de l'évolution technique de la RC213V et notamment de son nouveau moteur ? "Oui. La moto progresse de course en course et l’on travaille dur", assure le pilote LCR, très sollicité pour les tests privés du HRC. "Sur les tests du Mans, on a trouvé des choses qui nous aident tous ce week-end [avec Honda]. Si l’on compare à Ducati ou Yamaha, oui, en journée de course, c’est différent cette année. Quand ça devenait difficile en termes d’adhérence l’an dernier, Yamaha avait l’air de s’en sortir. Cette année, tout le monde pense que la Honda est meilleure dans ce domaine, mais très sincèrement je pense que c’est encore Yamaha. On verra demain."

Déjà troisième sur la grille de Termas de Río Hondo, Cal Crutchlow avait su maintenir son rang au classement final du Grand Prix d'Argentine. Le podium lui paraît-il à nouveau réaliste à l'heure d'aborder cette première course européenne de la saison  ? "Je suis venu ici avec des attentes de top 6, c'est là que je voulais être. Je serai content avec tout ce qui dépasse ça", suggère-t-il. "Je ne veux pas rétrograder. Mais on sait que Maverick va être fort…" craint-il, excluant a priori ses chances de victoire : "Je ne pense pas [pouvoir gagner]. Il sera difficile de gagner, mais je pense être quelque part par là."

Au potentiel affiché s'ajoutera le fignolage de la préparation de la Honda numéro 35 et le choix des pneus, une décision qui devrait tendre vers le mélange dur pour la Honda. "On sait que l’arrière tendre ne durera sûrement pas toute la course, et le medium, comme ci comme ça. Le dur va durer, mais sera-t-il assez rapide ? Je ne sais pas. On verra. Ce sera compliqué pour tout le monde et si quelqu’un peut faire fonctionner l’arrière dur, ce sont bien les Honda. Mais on pourrait avoir un meilleur rythme en fin de course, c’est un calcul à faire."

Avec Guillaume Navarro et Matt Kew

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