Pedrosa : "J'ai vu ce que je voulais voir"

Dans le rythme ce week-end pour son premier Grand Prix en deux ans et demi, Dani Pedrosa puise dans ses retrouvailles avec le peloton MotoGP une expérience qui viendra enrichir ses essais privés. En deux jours, le gain est déjà notable, selon lui.

Pedrosa : "J'ai vu ce que je voulais voir"

De retour sur un Grand Prix pour la première fois depuis fin 2018, Dani Pedrosa, désormais pilote essayeur et meneur du développement de KTM, a assuré à l'issue de la deuxième journée qu'il avait vu ce qu'il voulait voir.

Longtemps réticent à l'idée de s'inscrire en tant que wild-card à un Grand Prix, il a mené durant plus de deux ans le programme d'essais de la RC16 dans le calme des séances privées, trouvant un rythme de travail nouveau entouré par l'équipe de test de Mattighofen. S'il a accepté de sortir de cette routine, c'est notamment car il a estimé qu'il lui fallait appréhender plus concrètement l'évolution connue par le championnat depuis son départ.

"On est ici pour en apprendre plus sur les courses du MotoGP actuel, parce que je sens que le MotoGP est en train de changer un peu", a-t-il expliqué à son arrivée à Spielberg. "Les pilotes sont confrontés à certaines situations qu'il nous est difficile de reproduire. Par exemple, ils se plaignent beaucoup du fait qu'il est difficile de dépasser en course, ce qui veut dire qu'il faut être très bien qualifié. On va donc essayer de comprendre ça pour que, quand je serai à nouveau seul en essais, je puisse plus ou moins faire face à leurs problèmes, penser un peu à ce qu'ils penseraient pendant un week-end de course."

"Pour être plus en phase avec les problèmes ou les besoins de l'équipe de course, il faut que l'on ressente ce qu'ils ressentent pendant un week-end de course, ou ce dont ils se plaignent. La plupart du temps, dans les bagarres cela vient de l'aéro, du variateur arrière, du holeshot device et toutes ces nouvelles technologies. C'est un peu difficile à reproduire, c'est pourquoi on pense qu'il est intéressant de faire une course et de voir quels sont les problèmes, après quoi on pourra envisager l'avenir avec cette expérience, car je pense que depuis que j'ai arrêté ça s'est développé de plus en plus et mes derniers souvenirs commencent à dater un peu désormais."

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L'autre raison à cette participation à un week-end de course est bien sûr beaucoup plus pragmatique, car il s'agit pour Pedrosa de tester sur sa RC16 des évolutions, notamment celles destinées à 2022. KTM étant désormais privé de sa liberté de test avec la perte l'hiver dernier des concessions réglementaires, trois jours de roulage sont une opportunité précieuse d'emmagasiner des données. Son week-end a d'ailleurs débuté par un problème technique en EL1, dont l'origine n'a pas été précisée. "C'était un peu une surprise d'avoir cette panne mais c'est pour ça que l'on est ici", soulignait-il vendredi.

Impassible face à ce souci technique, Pedrosa a en revanche admis une certaine émotion en retrouvant l'ambiance d'un Grand Prix. "Avant les EL1, c'était une sensation un peu étrange. J'avais la chair de poule et une sensation un peu bizarre dans l'estomac. Mais c'était agréable d'être en piste, et c'était étonnamment bruyant pour moi avec toutes les autres motos. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne m'en souvenais pas !" avouait-il auprès du site officiel du MotoGP.

Quid de la performance ? "Nos objectifs sont plus basés sur d'autres choses que les résultats", a-t-il assuré. Il n'en demeure pas moins qu'il a longtemps été le premier pilote KTM au classement, avec même un sixième temps en EL4, avant de céder le leadership à Miguel Oliveira en qualifications. Contraint de passer par la Q1, l'Espagnol a manqué de peu le passage à la phase finale des qualifications et s'est finalement octroyé la 14e place sur la grille de départ.

"En Q1, il m'a été un peu difficile d'obtenir un bon chrono, je n'ai pas eu la vitesse que je voulais, mais j'ai quand même proche de passer en Q2", retenait-il samedi soir. "C'est bien d'être dans le même rythme que les autres, quelque part au milieu. De nos jours, c'est assez serré, si bien qu'à la moindre erreur dans un virage vous êtes dehors, il est donc important de faire un tour parfait. J'avais déjà pu le constater avant les qualifications, mais même si j'ai essayé de faire le meilleur tour possible, c'était difficile pour moi de tout réunir dans le même tour. J'arrivais peut-être à bien freiner, mais un virage n'était pas parfait, ou alors un secteur était bien et l'autre pas, donc je n'arrivais pas à tout réunir dans un tour."

"J'ai encore la course à faire, mais j'ai déjà vu ce que je voulais voir, disons-le comme ça. J'ai déjà plus ou moins une vue d'ensemble de ce qui me manquait en ne courant pas, donc ce qu'il va falloir faire ensuite est déjà très clair pour moi", a ajouté le pilote espagnol, toutefois bien embêté pour préciser son propos : "Je ne savais pas ce que je voulais voir, donc je ne savais pas à quoi m'attendre... En fait, ce que je viens de voir est un peu une surprise. Je ne suis pas sûr de pouvoir vous le dire maintenant, je dois encore faire quelques analyses avec l'équipe et m'assurer que j'ai raison sur ce que je pense. Mais peut-être que plus tard je pourrais vous donner un peu plus d'informations à ce sujet. Pour le moment, je ne veux pas faire d'erreur, alors je vous demande un peu de patience."

L'expérience se conclura aujourd'hui, avec un warm-up de 20 minutes et la course qui viendra en point d'orgue de son programme, véritable test grandeur nature qu'il attendait. Il faudra toutefois composer avec la pluie, possiblement forte. Un nouveau défi dans la semaine de Pedrosa, qui vendredi a retrouvé le pilotage sur une piste mouillée pour la première fois en deux ans.

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