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5e à Barcelone, Di Giannantonio creuse l'écart sur Bezzecchi

Les deux pilotes du team VR46 se battent pour bien figurer avec la Ducati GP23, mais c'est Fabio Di Giannantonio qui a aujourd'hui l'avantage. Troisième du championnat l'an dernier, Marco Bezzecchi a du mal à sortir de ses difficultés.

Fabio Di Giannantonio, VR46 Racing Team

Fabio Di Giannantonio a décroché à Barcelone son premier top 5 de la saison. Il poursuit ainsi une belle série qui l'a vu entrer dans les points tous les dimanches, ce que seul Brad Binder a également réussi à réaliser.

Sa cinquième place, à cinq secondes du podium, est arrivée à l'issue d'un week-end pourtant mal embarqué, avec deux chutes vendredi qu'il imputait à une Ducati GP23 nerveuse "qui secoue dans tous les sens en sortie de virage". Souffrant d'un manque de traction, il s'est senti obligé d'emmener beaucoup de vitesse en virage pour ensuite accélérer en douceur, et donc à prendre des risques.

Le pilote VR46 a néanmoins relevé la tête samedi, notamment grâce à "un gros changement sur la moto" qui lui a permis de franchir un cap en termes de performance. Malgré tout, il a payé le prix d'un drapeau jaune sorti au mauvais moment en qualifications, puis d'un départ manqué au sprint. "C'est moi qui ai fait une erreur", a-t-il admis, pourtant sixième à l'arrivée. "J'ai demandé pardon à mon équipe parce que la moto était très, très bonne et je pense qu'on aurait pu faire un très bon résultat, le potentiel était très grand, mais je l'ai gâché parce que j'ai manqué mon départ."

Di Giannantonio s'est donc rattrapé dimanche en allant chercher la cinquième place. À l'aise en pneus usés, il était le pilote le plus rapide dans les deux derniers tours, néanmoins il sait qu'il conserve un désavantage avec de premiers tours durant lesquels il apparaît en délicatesse et qui lui coûtent un temps précieux.

"Malheureusement, depuis le début de l'année, j'ai du mal dans les deux premiers tours de course. Je ne sens pas que les pneus sont prêts et je perds beaucoup à l'accélération. C'est comme s'ils étaient presque froids alors je n'arrive pas à pousser immédiatement. Il me faut toujours deux tours de warm-up pour les chauffer un peu. Le problème, c'est qu'en MotoGP, aujourd'hui, on perd cinq places en faisant chauffer les pneus."

"C'est ce qui s'est passé aujourd'hui, alors que mon départ a été très bon en réalité. J'ai dû faire une course un peu différente de ce à quoi je m'attendais. Je pensais être dans le groupe de devant et gérer à partir de là, mais j'ai dû remonter", a-t-il expliqué alors qu'il avait en effet perdu six places dans les deux premiers tours.

VIDÉO - Le départ du GP de Catalogne

"J'ai pu récupérer beaucoup de positions à la fin de la course en ayant bien géré les pneus. Donc je pense que dans l'ensemble, on fait du bon travail. Il faut juste qu'on arrange ces premiers tours et je pense qu'on pourra ensuite être un peu plus haut placés. Après le top 5, il y a la bataille pour le podium, donc on n'en est pas si loin," observait Di Giannantonio dimanche, dressant un bilan d'ensemble positif. "Le premier top 5 de l'année apporte de la confiance. Ça veut dire qu'on fait du bon travail et qu'on n'est pas très loin. On voit clairement que la moto de 2024 est un cran au-dessus par rapport à nous, on travaille dur."

Le casse-tête de Bezzecchi au freinage

À ce stade du championnat, Fabio Di Giannantonio a marqué 20 points de plus que son coéquipier, Marco Bezzecchi, qui apparaît très loin de son niveau de 2023. Malgré une parenthèse encourageante à Jerez où il est monté sur le podium, le #72 fait toujours face aux mêmes problèmes au bout de six Grands Prix, et notamment dans le freinage.

"Diggia est très bon pour relâcher les freins, alors que c'est malheureusement la partie où j'ai le plus de mal", observait Bezzecchi à Barcelone. "J'ai souvent essayé de relâcher les freins comme il le fait et comme le font tous les pilotes qui ont la GP23, mais quand je fais ça, j'ai beaucoup de sous-virage et la moto ne tourne pas très bien, alors je continue à tirer sur le guidon pour essayer de la faire tourner et je détruis le pneu avant."

"Il y a le freinage avec la moto droite, le freinage en entrée et le trail braking [le fait de relâcher les freins jusqu'au point de corde, ndlr], et ils relâchent les freins plus tôt que moi. C'est une phase dans laquelle on gagne beaucoup de temps parce que la vitesse est basse : si on a un petit peu plus de vitesse dans une portion lente, alors le gain de temps est plus important. Ici, en particulier, compte tenu du faible niveau de grip, il est pratiquement impossible de gagner du temps en sortie de virage. Et puis, dans ces conditions, quand on part d'une vitesse plus lente, il est plus difficile d'attraper de la traction. Sur un virage, ça n'est pas grand-chose, mais tous les virages mis ensemble ça fait [beaucoup]."

Marco Bezzecchi a été nettement dominé par son coéquipier à Barcelone.

Marco Bezzecchi a été nettement dominé par son coéquipier à Barcelone.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Ce problème suit Bezzecchi depuis qu'il a reçu la GP23, impactant à la fois son efficacité dans le time attack et son rythme. Et de regretter : "Avec cette moto, depuis le début, je ne me sens toujours pas à l'aise pour reproduire ce sur quoi j'étais vraiment fort l'année dernière." Pour lui, son manque général de sensations a probablement été accentué par le manque d'adhérence de Barcelone : "C'est étrange parce que depuis que Michelin a introduit cette nouvelle construction, l'arrière a beaucoup de grip sur l'angle donc j'ai beaucoup de sous-virage, mais ensuite quand je redresse la moto et qu'elle est droite je n'ai pas du tout de traction. C'est partout pareil, mais ici, avec ce faible niveau de grip, ça affecte encore plus mon pilotage."

"Malheureusement, il nous a vraiment été impossible de progresser pendant le week-end par rapport au problème que j'ai toujours, avec une moto qui sous-vire et qui est difficile à stopper. J'ai dû gérer le pneu avant pendant toute la course, sinon j'aurais commencé à être en difficulté trop tôt. Gérer, c'est normal, surtout sur une piste comme celle-ci, mais quand il faut piloter en gérant trop c'est difficile d'aller vite. Je n'ai donc pas pu me montrer suffisamment rapide."

"Ça a été un week-end difficile, comme le montrent les résultats", a acté Bezzecchi à la fin du GP de Catalogne, neuvième au sprint et 11e en course sans avoir trouvé les progrès espérés en trois jours. "Tout au long du week-end, j'ai eu du mal à me sentir à l'aise sur la moto. Même si on a essayé beaucoup de choses différentes, on n'a pas pu trouver la solution."

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