Dovizioso : Pas de crise chez Ducati et objectif victoire à Austin

Fin connaisseur de la Ducati, Andrea Dovizioso attend de la voir progresser sur ses points faibles mais réfute l'idée que le constructeur puisse traverser une crise.

Pour la première fois en près d'un an, l'équipe officielle Ducati a manqué les points en Argentine, un score vierge dû à la double chute de ses pilotes et qui l'a fait descendre au quatrième rang du championnat teams. Pour Andrea Dovizioso, l'accrochage avec Aleix Espargaró aura été le point final d'un week-end difficile, qui aurait pu lui rapporter un top 5 – un résultat de toute façon inférieur à ses attentes compte tenu des difficultés qui lui avaient barré la route à Termas de Río Hondo.

Malgré le manque de récompense en Argentine, Dovi écarte les analyses alarmistes : "Il ne s'agit pas d'une crise, il s'agit de ne pas progresser là où nous devons progresser. Je crois que je connais bien la situation et ce qui se passe ne me surprend pas, parce qu'on n'a pas encore touché ou amélioré certains aspects sur lesquels nous devons progresser."

"On doit attendre quelques courses pour mieux comprendre le niveau de chacun. Ces deux courses ont été assez particulières compte tenu des conditions que l'on a rencontrées. Cela vaut un peu pour tout le monde", estime-t-il. "En réalité, je ne veux pas me la raconter, mais je crois que je connais bien notre situation, notre moto et Ducati parce que c'est notre cinquième année ensemble. Je ne suis donc pas surpris de ce qui s'est passé en Argentine et au Qatar. J'arrive à donner pas mal d'explications à ce qui nous arrive. Je crois que je connais assez bien les côtés positifs et négatifs et que je sais pourquoi certaines choses arrivent."

Un nouveau chapitre à Austin

Il n'en dira pas plus pour cette fois, mais le pilote italien paraît donc attendre que le constructeur se penche sur les faiblesses identifiées de longue date sur la Desmosedici et qui restent d'actualité malgré le changement de modèle. En attendant, il s'agit d'engranger autant de points que possible et de ne plus laisser filer d'opportunité comme ce fut le cas en Argentine.

"On tourne la page", assure Andrea Dovizioso maintenant que s'apprête à débuter le Grand Prix des Amériques. "On est ici sur ce qui est, à mon avis, l'une des plus belles pistes du championnat. C'est toujours sympa de venir courir aux États-Unis et surtout sur cette piste, alors j'ai hâte de commencer."

"Ici à Austin, je pars pour la victoire", prévient l'Italien. "C'est une course sur laquelle j'ai toujours réalisé de bonnes performances. J'ai signé deux podiums et j'aurais pu en signer un troisième l'année dernière [il avait été heurté par Dani Pedrosa, ndlr]."

Le pilote Ducati a beau redoubler d'ambition cette année, il n'en reste pas moins prudent, sachant pertinemment qu'un week-end de course peut aisément prendre une tournure inédite. "Étant donné comment se sont passés les derniers championnats, avec des mises à jour permanentes chez Michelin, chaque week-end est assez singulier. Et puis, sur cette course, il se passe toujours beaucoup de choses − avec l'usure du pneu avant, ou l'aspect physique qui fait la différence. Il se passe des choses en essais et des choses différentes en course."

Une piste éprouvante

L'aspect physique peut effectivement peser lourd dans ce week-end. Il suffit de penser que le Circuit of the Americas est le tracé MotoGP qui présente le plus grand nombre de virage (20) et la ligne droite la plus longue (1,2 km), mais aussi un fort dénivelé de 41 m, pour comprendre que les pilotes ont affaire à un rendez-vous très physique. C'est aussi ici qu'ils rencontrent le plus long freinage de la saison, évalué par Brembo à une perte de plus de 270 km/h en 6,3 secondes et 322 m, avec une décélération de 1,5 g.

"C'est un week-end très difficile. C'est une piste large avec de nombreuses possibilités de trajectoires. C'est l'une des pistes les plus éprouvantes du championnat, la fatigue physique est donc une composante importante pour le résultat de la course", explique Andrea Dovizioso. "C'est le cas parce qu'il y a des changements de direction à grande vitesse et trois, presque quatre freinages dévastateurs, parce qu'ils sont droits. Cela pousse à dépenser beaucoup d'énergie tant qu'on est droit, avant de lancer la moto dans le virage. Pour être compétitif, il faut freiner fort et il faut donc dépenser beaucoup d'énergie."

Ces particularités expliquent, selon Dovizioso, que cette piste soit si bien adaptée à la Honda, qui s'y est immanquablement imposé avec Marc Márquez depuis 2013. "Dans certains virages, on part 'à l'arrêt' et la Honda est compétitive dans ces cas-là, mais c'est surtout que, dans toutes les trajectoires qu'il faut faire, cela aide beaucoup de parvenir à choisir sa ligne en faisant glisser l'arrière. Et eux ont cette caractéristique. C'est, à mon avis, la raison principale qui explique que Márquez a toujours fait la différence, en plus du fait qu'il est clairement agile dans les changements de direction."

À Ducati de prouver désormais qu'Austin peut également permettre à la Desmosedici de faire valoir ses qualités et d'effacer la déception du Grand Prix d'Argentine.

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