Dovizioso : après les mauvaises sensations et les doutes, la victoire

Durant le premier Grand Prix de la saison, le pilote Ducati a appliqué la méthode qui lui convient le mieux, celle d'un travail méthodique et calme, avec pour seul objectif la course. À la clé se trouvait sa première victoire de 2019.

Dovizioso : après les mauvaises sensations et les doutes, la victoire

S'il promettait en arrivant au Qatar qu'il ne savait pas à quoi s'attendre, Andrea Dovizioso a pourtant été chercher lors de la course les 25 points qu'il avait déjà empochés il y a un an. Mieux, il a dicté son rythme durant toute l'épreuve, avant de battre sur le fil le même adversaire, Marc Márquez, dans une arrivée à la photo-finish qui aurait pu donner lieu à un "jeu des 7 différences" avec celle de 2018.

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Ce final en apothéose faisait suite à deux journées plus compliquées, elles-mêmes inscrites dans la lignée d'un test de pré-saison qui avait laissé le pilote italien sur sa faim. Alors qu'il n'a trouvé la voie à suivre que samedi, à la moitié du programme qatari, Dovizioso souriait d'avoir pu faire s'interroger la concurrence sur son manque de performance.

"C'est bien d'avoir été tellement impressionnant les années passées que quand on n'est pas rapide les autres pensent qu'on se contient. C'est génial, ça ne m'était jamais arrivé durant ma carrière ! On a vraiment bien travaillé pendant ces deux jours, les gens n'y croiront pas mais c'est leur problème", tranchait-il après les qualifications.

Et effectivement, certains soupçonnent le pilote Ducati d'avoir caché son jeu. "Non, c'était la réalité", assure-t-il auprès de BT Sport. "Ma confiance était très élevée au début, mais on a perdu les sensations jour après jour parce qu'on voulait tester quelque chose dont on avait besoin pour améliorer la moto. Au final ça n'a pas fonctionné et on a un peu perdu la voie à suivre pendant les tests. On est venu ici avec de très mauvaises sensations et une très mauvaise vitesse. Mais si vous travaillez et gardez votre calme, vous pouvez retrouver le bon chemin."

Pas les plus rapides, mais vainqueurs malgré tout

Andrea Dovizioso, Ducati Team

Son résultat personnel, mais aussi les performances un peu plus modestes que prévu de certains de ses adversaires font dire à Dovizioso que les résultats des essais avaient une pertinence toute relative. Car la donne est simple : se montrer rapide sur le tour lancé, peut-être même seul, ne garantit pas de pouvoir rééditer cette performance lorsqu'il s'agit d'enchaîner 22 tours et de partager la piste avec 22 autres pilotes.

"Les tests ne comptent pas ! On se tient tous en quelques dixièmes et ça ne compte absolument pas d'être deuxième à quatre millièmes ou dixième à quatre dixièmes du premier", assure-t-il. "Regardez Valentino [Rossi], il est un exemple encore meilleur que le mien. Si on fait les bonnes choses pour la course, qu'on arrive à se mettre dans la bonne situation et qu'on fait tout avec bon sens, à la fin ça paye."

"Je suis content car les sensations étaient très mauvaises avant le week-end. On n'avait pas la base du réglage, mais si on reste calme, ce genre de choses peuvent arriver", soutient le vice-Champion du monde en titre, qui se félicite d'avoir pu mener la course et la remporter malgré une certaine infériorité persistante. "[Dimanche] non plus on n'était pas les plus rapides, on ne l'a jamais été que ce soit au test ou pendant le week-end de course, mais on a gagné la course. C'est une satisfaction énorme."

"Il est difficile de décrire les sensations qu'on avait avant le week-end, on était en assez mauvaise posture pour diverses raisons, mais le team a bien travaillé pendant la semaine précédant la course pour comprendre la direction à prendre et revenir en arrière dans les réglages. C'était la première chose à faire, ça m'a permis de reprendre le feeling parce que je n'en avais pas, je pilotais mal, je ne faisais pas ce que je devais faire."

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Dovizioso insiste aussi sur le fait que ce travail n'a pu être mené que grâce à la tranquillité dans laquelle il a pu travailler avec son équipe, un point que soulignait déjà avec admiration Paolo Ciabatti auprès de Motorsport.com il y a quelques jours. "On travaille calmement avec le team et on peut progresser petit à petit. On ne peut pas résoudre le problème en une séance ; il nous a fallu quatre séances et on a réussi à arriver aux qualifs en très bonnes conditions et à faire un super temps – on aurait même pu mieux faire. C'est ce qui nous a permis de faire cette course-ci."

"Sincèrement, si l'on regarde la course, en me voyant devant et en train de gérer, on dirait que j'avais de la marge mais à mon avis je n'avais rien de plus par rapport à beaucoup de pilotes. Par contre, j'ai mieux réussi [à gérer] en étant devant et surtout en comprenant ce que je devais faire avec la moto."

Une fois les progrès obtenus dans le stand Ducati, restait encore une incertitude, celle du niveau de la concurrence, qu'il n'a compris que pendant la course. "Je ne savais pas ce que les autres pilotes pouvaient faire. Je m'attendais à ce que Rins soit aussi bon, même s'il a chuté deux fois, il est très bon en course", pointe l'Italien. "Sa vitesse en milieu de virage est embarrassante [pour nous]. Je pense que sa moto est l'exacte opposée de la mienne : j'accélère très bien, je suis très rapide en ligne droite, mais j'ai beaucoup de mal en virage. Je voulais le stopper à chaque fois car c'était trop tôt pour attaquer avec le pneu arrière. Il a commencé trop tôt, donc j'ai pu l'arrêter et continuer d'économiser le pneu. Stratégie parfaite !"

Avec Michaël Duforest et Jamie Klein

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