Le choix de pneus pour la course, un casse-tête pour les pilotes Ducati

Les pilotes Ducati n'avaient pas le même degré de satisfaction après la séance qualificative du Grand Prix de République Tchèque, mais partagent la même problématique au sujet du choix de pneus pour la course.

Le choix de pneus pour la course, un casse-tête pour les pilotes Ducati

Danilo Petrucci n'était pas satisfait de son résultat en qualifications du Grand Prix de République Tchèque, puisque l'Italien s'élancera huitième en course. Il avoue avoir commis l'erreur de trop attaquer lors de son premier tour rapide, ce qui a eu pour effet de faire surchauffer les pneus sur une piste qui séchait, mais sur laquelle subsistaient quelques parties bien humides.

"Non, ce n'était pas l'objectif espéré", regrette le pilote Ducati. "Notre objectif était d'être en première ligne pour mieux se battre pour le top 5, je suis entré en piste en étant probablement très agressif, je voulais à tout prix me placer en première ligne, mais la piste était déjà assez sèche alors j'ai essayé de me dépêcher pour faire en sorte que ça ne sèche pas trop. Mais de toute évidence, j'ai trop poussé sur les pneus pour les chauffer et je n'ai pas fait un tour parfait. Je suis rentré et toute l'équipe m'a dit que tout le monde était dehors en slicks alors on a essayé de sortir avec les slicks, mais je ne disposais que de deux tours, ce qui n'était même pas suffisant pour monter les pneus en température."

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'Petrux' souligne, comme plusieurs de ses rivaux, la performance exceptionnelle de Marc Marquez, qui a réussi à signer la pole position en étant chaussé de gommes slicks : "Malheureusement, les conditions étaient très difficiles. Marc a fait quelque chose d'extraordinaire, on aurait dit que pour lui il ne pleuvait pas ! Je l'ai suivi pendant un moment. Il était déjà dans son troisième tour, tandis que j'étais dans mon premier tour lancé, donc je n'étais pas au point, mais je ne l'ai suivi vraiment que peu de temps par ce que dès que j'ai essayé de pousser un peu plus je n'arrivais pas à rééditer le temps que j'ai fait avec les pneus pluie et j'ai failli tomber dans le virage où est tombé Jack. Lui, peu de temps après il est passé avec le coude à terre, comme si ça n'était pas mouillé. C'est inquiétant, ça veut dire que, qu'il pleuve ou que ce soit sec, qu'il commence à pleuvoir ou que ça s'arrête, il est tout le temps là. Jouer le titre contre quelqu'un comme ça, c'est vraiment difficile. Quoi qu'il en soit, il faut qu'on donne tout. Il faut qu'on regarde notre propre situation et aujourd'hui [samedi] on n'a pas été très bons alors il faut qu'on se rattrape."

"Encore une fois, il a opté pour la bonne stratégie, en sortant tout de suite avec les slicks, et il s'est mis à tourner et tourner encore pour les faire chauffer, et il a collé deux secondes et demie au deuxième. Il est évident qu'il est favori [pour la course]. Nous, on n'a pas fait une bonne qualif mais demain je veux me maintenir dans le top 5, parce que je veux me battre pour le podium du championnat. Ce sera dur de monter sur le podium en course, parce que [Maverick] Viñales, [Andrea] Dovi et Marc sont rapides, mais dans le top 5 on devrait y arriver."

Les slicks, un trop grand risque en qualifs

Le week-end aura été marqué par des conditions très changeantes, et en particulier la journée du samedi, où la piste était détrempée durant la troisième séance d'essais libres, encore bien mouillée pour la quatrième, et en train de sécher pour les qualifications. Petrucci ne s'étonne toutefois pas de ces changements de conditions, rappelant que ce n'est pas une situation inédite en République Tchèque.

"Depuis [vendredi] il n'y avait pas de bonnes conditions en piste, les temps n'étaient pas très rapides, ce sera probablement difficile, surtout pour moi, car les EL n'étaient pas bons avec la moto. Sous la pluie, on a compris quelque chose, mais c'est différent sur le sec. Malheureusement, ici à Brno on a vu des conditions très étranges en 2016 et en 2017. En 2016, la piste semblait devoir sécher en un instant, et puis on avait finalement fait toute la course avec les pneus pluie. Alors en 2017 on s'est dit que ça n'allait jamais sécher et en un tour ça avait sécher."

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De son côté, Andrea Dovizioso explique ne pas avoir osé utiliser les pneus slicks en toute fin de qualification, compte tenu de l'eau encore présente sur la piste. Il félicite les deux seuls pilotes ayant osé les chausser, et se félicite toutefois d'avoir surnagé pour manquer de peu la première ligne. Pour la course, il hésitait à utiliser les pneus tendres, tant leur dégradation risque de demander aux pilotes une gestion plus importante en deuxième partie de course, et a testé les pneus médium et dur lors du warm-up.

"C'était une option mais on ne l'a pas prise", explique-t-il au sujet du pneu slick en qualifications. "Les risques étaient grands, rien ne s'est passé mais il était plus difficile de faire une erreur. Bravo à Marc et Jack, ils ont fait un très bon tour et ils seront en première ligne. Dans ces conditions, il est plus facile de faire une mauvaise qualif qu'une bonne qualif. J'avais quelques difficultés avec la pluie quand c'était mitigé, mais en EL3 et en EL4 sous la pluie, ça allait mieux et mes chronos étaient bons. Pour la course, nous nous appuierons sur les infos de vendredi, nous essaierons de sélectionner les bons pneus car ce ne sera pas simple à choisir."

"La manière de tester les pneus vendredi a ouvert la porte à tout le monde d'utiliser [le pneu soft] en course. Maverick a fait un très bon relais mais la performance a beaucoup chuté. Il avait un bon rythme, mais il faudra qu'il sache s'il veut ralentir quand il y en a besoin [pour économiser les pneus]. Il avait un très bon rythme, je pense que la dégradation sera élevée, encore plus importante pour les tendres. Mais il y a une grande différence entre les softs et les mediums, et ça affectera la course."

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