Ducati : Un mercato MotoGP comme en foot offrirait plus d’infos

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Ducati : Un mercato MotoGP comme en foot offrirait plus d’infos
Par : Léna Buffa
6 déc. 2018 à 18:00

Le sujet fait débat : le MotoGP devrait-il s'inspirer du football pour mettre en place une fenêtre de marché des transferts encadrée ? Et si cela avait été le cas cette année, les pilotes Ducati pour 2019 auraient-ils été les mêmes ? Pas si sûr…

Après un marché des transferts déjà intense il y a deux ans, celui de cette année a été plus électrique et plus précoce que jamais, au point que s'ouvre une réflexion sur le bien-fondé d'un règlement pouvant encadrer la période propice à ces accords.

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Deux mois avant le coup d'envoi du championnat, Maverick Viñales était le premier à annoncer (lui-même) la reconduction de son contrat avec Yamaha pour les deux saisons suivantes. Valentino Rossi allait ensuite suivre le même chemin en prolongeant son engagement pour la même période à la veille du premier Grand Prix, si bien que le constructeur d'Iwata avait des effectifs au complet pour 2019 et 2020 avant même d'avoir débuté le championnat 2018.

Márquez chez Honda et Bagnaia chez Pramac étaient eux aussi officialisés pendant l'intersaison, puis les annonces se sont enchaînées de telle sorte qu'après le deuxième Grand Prix européen (le GP de France), il ne restait déjà plus que quatre places à pourvoir dans les équipes officielles. Avant les annonces de Mir chez Suzuki et de Iannone chez Aprilia quelques jours plus tard, Petrucci était officialisé chez Ducati et Lorenzo chez Honda le 6 juin.

Moins de trois mois après le début du championnat, il ne restait donc plus que quelques guidons satellites à pourvoir, alors même que certains pilotes étaient encore en phase d'adaptation avec leur machine de 2018. Un emballement qui n'a pas été sans conséquences, parfois cruelles pour les pilotes concernés, qui ont exprimé de concert leur impuissance face à un phénomène qui semble avoir échappé à tout le monde.

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Au cours de l'année, il a donc été évoqué par certains l'idée de mettre en place une fenêtre obligatoire de mercato, inspirée par le football, afin d'encadrer un peu plus les accords passés entre équipes et pilotes pour l'avenir.

Interrogé sur la question en fin de saison, Paolo Ciabatti a concédé que Ducati aurait peut-être pu faire un choix différent si le délai de réflexion avait été plus long. On se souvient en effet que la situation de l'équipe italienne a été particulièrement étonnante puisque Jorge Lorenzo a commencé à gagner… précisément lorsqu'il a été acquis qu'il serait remplacé par Danilo Petrucci l'an prochain, ce qui a valu aux Rouges d'être accusés d'avoir baissé les bras trop tôt face au défi que relevait le Majorquin en tentant de s'adapter à la Desmosedici.

"C'est un sujet très controversé", pointe le directeur sportif de Ducati Corse. "C'est vrai que si l'on attend plus, on a plus d'informations disponibles. Dans notre cas, Jorge a commencé à gagner au Mugello, alors si la décision avait été prise mi-juillet ou en août, comme par le passé, nous aurions probablement eu des éléments différents… Mais nous sommes heureux de l'équipe que nous avons pour l'année prochaine, je crois qu'elle est équilibrée."

"D'un autre côté, signer Bagnaia avant même le début de la saison Moto2, c'est un avantage car nous nous assurons les services, pour de nombreuses années et en faisant un pari raisonnable, d'un pilote très bon et prometteur. Il y a donc des pour et des contre dans cette situation", ajoute Paolo Ciabatti, qui pèse prudemment ses mots sur un sujet qui a divisé Ducati entre ceux qui auraient souhaité laisser plus de temps à Lorenzo et une direction qui a voulu promouvoir Petrucci.

Paolo Ciabatti, Jorge Lorenzo, Ducati Team

Une question de volonté

Team manager de Suzuki, Davide Brivio soutient pour sa part l'idée d'un marché qui s'enclencherait plus tard, afin de retrouver un timing similaire à ce que voulait la tradition il n'y a encore pas si longtemps, à l'époque où Brno, pendant l'été, était le rendez-vous traditionnel des annonces.

"Nous avons discuté de cette histoire de marché, on a dit que c'était trop tôt. D'une certaine manière, c'est dommage parce que ça ne permet pas aux pilotes de correctement évaluer les équipes et les motos disponibles. Et dans le même temps, les équipes pourraient aussi faire des évaluations différentes, car le marché commence pendant l'hiver et il faut donc se baser sur la saison passée ou les tests hivernaux. Je pense donc que ce serait bien de retarder ces décisions et le faire à partir de juillet-août. Il y en a la possibilité, je pense, mais cela dépend si nous voulons le faire ou pas."

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"En tout cas, nous sommes très heureux des décisions que nous avons prises", poursuit le responsable du team Suzuki, qui a choisi de conserver Álex Rins et de faire confiance à un rookie, Joan Mir. "Je suis heureux que nous ayons pu confirmer Álex Rins car nous voulions éviter la situation que nous avons connue avec Maverick [Viñales] il y a deux ans. Nous pensons qu'il est maintenant temps d'obtenir de bons résultats après deux [premières] années, et nous sommes heureux d'avoir pris Joan Mir, qui est, je pense, l'un des top pilotes pour le futur. Mais j'aimerais une meilleure situation sur le marché des transferts."

 

Avec Guillaume Navarro

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Auteur Léna Buffa
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