Ducati règne sur les transferts : coup double avec VR46 et Gresini ?

Ducati et VR46 ont un intérêt mutuel à s'associer, mais verra-t-on huit Desmosedici sur la grille MotoGP en 2022 ?

Ducati règne sur les transferts : coup double avec VR46 et Gresini ?

Le team VR46 a donné un coup de pied dans la fourmilière en annonçant son arrivée sur l'échiquier MotoGP à partir de 2022. Le marché des négociations entre constructeurs et équipes, qui avançait jusqu'alors dans une relative discrétion, a pris un tournant majeur avec cette annonce, chacun se sentant forcé d'accélérer ses tractations pour sceller au plus vite ses plans face à une équipe qui attire tous les prétendants.

Initialement en contact avec quatre marques parmi les six qui composent le plateau MotoGP, VR46 a réduit ses discussions à Ducati et Yamaha, écartant rapidement Suzuki et Aprilia. Il s'est alors beaucoup parlé de la conclusion d'un accord avec le constructeur de Borgo Panigale, et Alessio Salucci lui-même avait envisagé une annonce pouvant être faite avant le Grand Prix de France. Yamaha est toutefois resté en lice, et il semble que ce soit une proposition particulièrement alléchante de la marque d'Iwata qui ait repoussé toute annonce.

Ducati reste toutefois dans la course, et pourrait même aller jusqu'à réaliser ce qui semblait un peu fou il y a encore quelques semaines et qui prend de plus de plus de corps aujourd'hui, à savoir aligner huit motos au total sur la grille, et non six comme aujourd'hui, ou quatre comme le voudrait une répartition plus équitable avec les autres marques.

Il est indéniable que Ducati se trouve dans une période magique, au point de régner sur le marché autant que sur les pistes. Les Desmosedici viennent d'enchaîner deux doublés, mais elles sont aussi montées sur le podium à chacune des cinq premières manches du championnat, du jamais vu pour la marque depuis son engagement en MotoGP en 2003. La prolongation de son accord avec le team Pramac ne fait aucun doute et l'annonce en est attendue en marge du prochain Grand Prix d'Italie. Quant à trouver une équipe pour remplacer Avintia dans le groupe et parvenir à six machines, cela ne devrait être qu'une formalité. Mais Ducati pourrait donc même aller au-delà en s'associant à la fois à VR46 et à Gresini.

Face à l'offre de Yamaha, le constructeur italien a de sérieux arguments à faire valoir, notamment d'un point de vue technique. Si la presse italienne, à commencer par La Gazzetta dello Sport, croit savoir que c'est bel et bien fait, il reste encore des aspects à définir pour qu'un accord puisse être signé. Il y a assurément des aspects économiques à prendre en compte (le coût du leasing, des frais de gestions, mais aussi les questions liées au merchandising), mais il y a aussi la question des pilotes à définir et il faut sur ce point que les deux parties se rejoignent. D'un côté, VR46 a toujours aligné les pilotes de la VR46 Riders Academy depuis la création de son équipe en Moto3 ; de l'autre côté, Ducati signe désormais directement les membres de ses équipes satellites et veut avoir son mot à dire dans les choix.

Le nom de Luca Marini pourrait mettre tout le monde d'accord, au sens où il répond aux souhaits des deux parties, actuellement sous contrat avec Ducati mais aussi membre incontournable de l'Academy. Sur l'identité du second pilote, le choix pourrait être moins évident. VR46 a un atout à placer, Marco Bezzecchi, actuellement troisième du Moto2, tandis que Ducati ne souhaite pas rompre ses liens avec Enea Bastianini, Champion du monde en titre de la catégorie intermédiaire.

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Pas assez de places pour tout le monde ? C'est sans compter sur l'éventualité qu'une quatrième équipe vienne s'ajouter à l'escadron Ducati. Depuis le Grand Prix du Portugal, Paolo Ciabatti ne cache pas que des négociations sont engagées à la fois avec VR46 et Gresini Racing. L'équipe créée par Fausto Gresini a annoncé en décembre qu'elle redeviendrait team indépendant après la fin de son accord actuel avec Aprilia, un projet qui se poursuit désormais sous la direction de Nadia Padovani, épouse de l'ancien pilote décédé au mois de février. Et s'il serait touchant que cette nouvelle ère s'ouvre avec la fourniture de RS-GP afin de prolonger l'aventure actuelle, Gresini est bel et bien sur le marché et a ses atouts à faire valoir pour s'associer à une autre marque.

Alors que l'on pensait initialement que VR46 et Gresini étaient deux options alternatives pour Ducati, il n'est désormais pas exclu que les négociations puissent aboutir des deux côtés. Ce ne serait pas une première pour Ducati, qui a déjà aligné huit motos dans le passé. Gigi Dall'Igna, directeur général, a bien pris garde de souligner il y a quelques semaines que le constructeur a la capacité de fabriquer six motos d'usine, à condition que tout puisse être planifié dans le bon timing. Voilà qui pourrait contenter tout le monde, en imaginant qu'une Desmosedici de dernière spécification puisse être confiée à Marini chez VR46 et à Bastianini chez Gresini, tandis que Bezzecchi et Di Giannantonio (déjà sous contrat avec Gresini) pourraient faire leurs débuts en MotoGP avec une GP21, un cran plus ancienne.

Un tel puzzle relève pour le moment de l'hypothèse, mais ce scénario paraît aujourd'hui de plus en plus probable. Il éviterait par ailleurs un autre coup de tonnerre, puisque le team SRT souhaite pour sa part prolonger son accord avec Yamaha mais sait que le constructeur d'Iwata ne choisira qu'une seule équipe satellite. Or, comme nous l'expliquait Wilco Zeelenberg le week-end dernier, l'entrée en scène de VR46 sur le marché a quelque peu changé la dynamique des négociations et SRT n'est plus seul décisionnaire.

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Ce scénario laisserait en revanche Aprilia sur le carreau. Car, à l'heure où ses machines profitent enfin de performances convaincantes et stables, Noale est à la recherche d'une formation satellite pour renforcer le travail de son équipe d'usine et accélérer son développement avec quatre motos en piste. Suzuki, en revanche, semble avoir une fois de plus mis de côté son projet de fournir une équipe satellite, sans cesse repoussé et jamais concrétisé.

Il faudra également voir si Carmelo Ezpeleta ne s'implique pas dans cette définition du plateau. Car le PDG de Dorna Sports n'a jamais caché son souhait d'avoir une grille composée de 24 motos, avec une équipe d'usine et une équipe satellite pour chacune des six marques. Si Ducati devait s'associer à trois teams satellites, la grille serait fortement déséquilibrée, avec un tiers de Desmosedici, et ce alors que le MotoGP entrera dans une saison de levée du gel imposé par la pandémie de COVID-19 et où le développement reprendra avec plus d'intensité.

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