Édito - Le MotoGP, du sport et plus encore

Si vous raffolez encore de cette saison 2016, ou que vous ne vous en êtes pas remis, nul doute que la dernière course de Valence a conclu le show de la meilleure façon, et nous promet un très bon futur.

Voilà une dernière course qui a réuni tous les ingrédients de la saison, finalement. Si l’attention autour du dixième vainqueur potentiel s’est évaporée dès les premiers tours de roues du vendredi, Valence 2016 fut un très bon cru. Évidemment meilleur que l’édition 2015, le sport ayant repris son droit comme les 17 courses précédentes l’ont également prouvé.

Le MotoGP a donc entamé une nouvelle ère, semble même passé dans une autre dimension grâce au spectacle qu’il génère et qui offre un nouveau regard sur le sport moto. Au-delà du microcosme du paddock, les Grands Prix peuvent désormais prétendre à une meilleure place dans le monde du sport, réfléchir mieux encore comment exploiter les performances des pilotes en piste. Souvent la question est posée de comprendre ce qui se passe au départ, en plein virage, comment est-il possible que le genou touche le sol sans tomber… Les valeureux gladiateurs magnétisent toujours un intérêt auprès de différents publics.

Le stand de Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

Si les images produites sur chaque course nous offrent un maximum d’angles et de données sur l’instant, elles ont le potentiel d’expliquer mieux encore ce qu’est ce sport, notamment côté machines, comme la F1 a su se forger son identité en valorisant encore plus ses pilotes et en réussissant une présence médiatique inégalée. C’est là que se situe désormais la véritable opportunité pour le promoteur Dorna et aussi pour les constructeurs, dont le renforcement de la marque est fortement impacté par un engagement dans le championnat.

Les pilotes, acteurs du premier rang, portent à eux seuls le show, et la valorisation du facteur humain, en cette période de Vendée Globe, nous permet d’entrer et de toucher du regard un univers ô combien fascinant que nous connaissons tous, mais qu’il nous faut souvent savoir expliquer à un environnement moins initié. Si Valentino est devenu plus fort que tout ce qui compose le paddock - MotoGP et Yamaha compris -, sa marque continuera de perpétuer sa légende une fois le casque rangé. On peut déjà se poser la question de savoir ce qui se passera après plus de 20 ans de présence du Docteur sur les circuits, et la période actuelle semble même idéale pour commencer à se pencher sur la question. Non pas sur le sujet de l’avenir du boss de VR46, mais plutôt la transition que le MotoGP doit opérer.

En ce sens, cette dernière course donne de bons éléments : une bataille de premier plan ; la féroce détermination restée intacte de Lorenzo ; une Ducati toujours impressionnante et prête pour le titre ; et nombre de pilotes permettant au niveau d’atteindre de nouvelles hauteurs. Avec le premier constructeur italien, ce sont bien quatre marques différentes qui terminent dans le top 5, et une cinquième (Aprilia) qui semble promettre le top 10 de façon plus régulière l’an prochain. Voilà KTM prévenu.

L'ambiance chez Red Bull KTM Factory Racing
 

Ces groupes industriels et leurs millions investis peuvent donc maintenant nous conter une belle histoire, nous expliquer ce qu’est le programme de développement d’une machine de MotoGP, ce que les différents niveaux de leur entreprise et de leurs marchés pourront exploiter d’un tel investissement. Créer le lien avec leurs clients et autres utilisateurs de motos souhaitant jouir de ce formidable instant de liberté au guidon de leur monture favorite, avant d’exulter pendant environ 43 minutes de course chaque week-end de MotoGP, entourés d’amis pratiquants, ou non, tous capables de rester scotchés devant la prestation des 21 meilleurs pilotes au monde.

Si le marché des transferts a affolé la saison qui vient de se terminer, les mouvements ont été assez nombreux pour nous faire basculer vers 2017 en à peine 48 heures après le dernier drapeau à damier.

Je terminerai sur Valentino Rossi, qui fut de nouveau impressionnant sur cette ultime course mais qui semblait, comme beaucoup d’observateurs l’ont remarqué, manquer de ce petit supplément lui permettant de clore la saison avec un podium. Il est comme ça Rossi, même sur un circuit qu’il n’aime pas, qui ne lui convient pas, il se place, affichant encore toute la verve qui l’anime. Inutile de dire que la tâche va de nouveau être difficile en 2017 où Viñales pourrait bien s’imposer comme le digne successeur de Lorenzo, et gagner plus de courses que son illustre coéquipier, poussé à réfléchir de plus en plus sérieusement à un autre avenir. Le MotoGP n’est pas encore prêt pour cela, et nous non plus.

 

Porte-clés Valentino Rossi sur Motorstore.com
Porte-clés Valentino Rossi sur Motorstore.com
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Type d'article Chronique
Tags dorna sports, medias