Édito - Márquez et consorts !

Le retour à la victoire de Marc Márquez lui permet de basculer vers une fin de saison royale, où rien n’est joué d’avance, mais où la lutte pour le podium final sera l’enjeu.

Édito - Márquez et consorts !
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La tentation de considérer le Grand Prix d’Aragón comme le rendez-vous clé de la saison était forte, lors de la rédaction de ce rendez-vous hebdomadaire, mais la réserve l’a emporté. Les chutes étant si nombreuses cette saison et si imprévisibles qu’il valait mieux laisser les choses se dérouler. Difficile de rentrer dans un jeu de pronostics, à quelques exceptions près comme à Jerez, où Rossi déployait son exercice fétiche de trouver la bonne formule au warm-up ! Dès lors, le potentiel de victoire était fort.

Mais dans ce cas il s’agit d’une course disputée en avril, et depuis la physionomie du championnat a considérablement changé. Les vainqueurs se sont succédés et la Honda a progressé ; elle s’est même grandement améliorée au point que tous les pilotes de la marque ont triomphé, à l’exception d’un seul : Tito Rabat. Une première cette saison et un retour pour Márquez sur piste sèche depuis longtemps.

Si le chef de file du HRC triomphe sur ses terres sans trop de suspense, ce qui reste bluffant chez Marc Márquez est cet instinct naturel pour rattraper la catastrophe. Cette fraction de seconde où son corps détecte le danger et où la réaction appropriée se met en œuvre. Et ça passe. Les images de toutes ses figures improvisées sont maintenant nombreuses et virales, mais cela lui permet surtout de retrouver les 25 points de la victoire. Ce résultat si précieux à ce moment du championnat.

L’heure n’est pas au bilan de cette saison mais il faut bien avouer qu’il sera difficile de barrer le chemin d’un 3e titre mondial pour Márquez. Impossible ou presque, il faut toujours garder une marge dans cet univers où tout est la limite. L’adhérence en Aragón, plus encore qu’ailleurs, donna un point commun à tous les hommes forts de la catégorie : la chute. Si Márquez a joué une fois de plus avec le feu en continuant d’attaquer sous drapeau jaune, on n’est pas passé loin d’un scénario catastrophe. Lorenzo, lui, a revu son choix de gomme pour la course et ce fut de bon augure. Pour Rossi, le piège des pneus froids nous fait prendre conscience de la pression présente à chaque instant, à chaque sortie de piste. Lui si méthodique, montant en puissance progressivement avoue un manque de concentration qui aurait pu lui coûter cher.

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing, Marc Marquez, Repsol Honda Team

Comme lors de la course de Misano, sa prise de commandement fut parfaite. Il réussit à combler son handicap des essais avec un bon envol depuis la deuxième ligne, mais il ne peut sauver mieux qu’une 3e place sur le podium. L’exercice semble irriter le Docteur, le phénomène semble même croître : agacé en piste par Espargaró avec un geste qu’on ne lui connaît pas ; interpellant devant les médias un Lorenzo qui ne demandait qu’à être écouté et respecté ; et choisissant le coin opposé du podium d’Aragón pour ne pas se mélanger à ses deux ennemis jurés, espagnols de surcroît !

Il a encore la rancœur de 2015 tenace, revenant à tour d’interviews (encore ce week-end pour la télévision britannique) sur ce vol de titre dont il a été victime l’an dernier. Nul doute que ce moment dans sa carrière l’a profondément marqué.

Si habitué à déstabiliser psychologiquement ses adversaires par le passé contre lesquels il a bâti sa toute puissance, Valentino doit maintenant chercher comment se procurer ce supplément d’énergie qui semble lui faire défaut pour maintenir la pression, et le rang qui est le sien.

Il n’est pas moins rapide que par le passé, il conserve un rythme incroyable et reste concentré pour pouvoir combler les défauts actuels de la Yamaha M1. Mais est-ce qu’une victoire lors des trois prochains Grands Prix et une seconde place au Championnat combleront ses attentes, et notamment celles de 2017 ?

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