Édito - Sepang, an II

Grâce à une nouvelle superbe course, on respire enfin un air plus sain et serein en MotoGP où les acteurs, majestueux maestros de la limite, ont prouvé leurs qualités chevaleresques.

Peut-être est-ce un peu trop hâtif de penser que ce week-end malaisien a fini de ranger les différentes tensions au placard, mais l’instant est une nouvelle étape intéressante. Celle tout d’abord d’Andrea Dovizioso, pilote auquel on peut reprocher un certain manque de mordant, mais l’un des meilleurs évidemment en MotoGP. Celui capable d’amener la Desmosedici plus régulièrement que quiconque à l’arrivée des courses de MotoGP, de gérer une pression folle pour un Italien ayant relevé le défi de faire du 4 cylindres transalpin une machine à gagner.

À la différence de beaucoup Dovi sait où il se situe, de quoi il est capable et ce que demande d’aller chercher une victoire en MotoGP. Et le sort de la saison 2016 ne l’a pas laissé sur la touche en lui offrant une mention à son nom en haut de l’affiche, comme les huit autres avant lui. Mieux encore, le Romagnol semble aussi impatient que Jorge Lorenzo débute à ses côtés, comme pour savourer plus encore ce que son travail acharné chez les Rouges a produit : une moto très installée dans la hiérarchie, capable maintenant de viser le titre.

Il est probable qu'on ne retiendra pas cet aspect fondamental chez Andrea, peut-être à cause de son caractère trop effacé. Star de la piste, moins fantasque que d’autres devant les caméras, ce succès est la victoire d’un type bien qui permet au MotoGP de revenir à ses fondamentaux sur un circuit désormais chargé historiquement.

Les pilotes sont capables d’envoyer des signes forts comme ce wheeling simultané de Rossi et Márquez devant la plaque commémorative de Simoncelli, ce geste dans le parc fermé des qualifications entre Rossi et Lorenzo ou encore un Zarco flatté de recevoir les éloges de l’élite du sport en conférence de presse, avant de nous montrer une belle dimension emplie de l’émotion de son second titre. Chapeau Johann !

Alors oui, pour bien fonctionner, ce sport doit aussi être un spectacle, mais plutôt que de ressembler au ‘’cirque’’ de la F1, il semble que le MotoGP n’ait pas besoin d’une mise en scène aussi élaborée. Que de s’éloigner autant de ses fondamentaux ne donne pas une recette très digeste.

Il n’y a qu’à prendre ce Grand Prix de Malaisie pour obtenir le meilleur condensé de ce que les pilotes ont à offrir et à démontrer, tout comme ce dernier week-end de Superbike l’a aussi démontré. Cela ne suffirait peut-être pas sur une saison complète, mais l’action en piste de ce GP fut à couper le souffle : les tactiques des uns, la performance des autres et ce fil si fin entre la virtuosité de tous en action, sans omettre Barbera et Baz, et la limite que les conditions de piste ont imposé.

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing, Andrea Dovizioso, Ducati Team

Une nouvelle saison s’achève et, avant de devoir gérer l’attente de l’intersaison, les courses continuent de nous en donner toujours plus, avec des pilotes dans l’ensemble satisfaits d’avoir offert une très belle partition. Quel contraste avec l’édition 2015 au même endroit et tout ce qui en a découlé, où les commentaires ont été nombreux et les insultes dont beaucoup en dehors du paddock MotoGP ont été victimes.

Ce chapitre semble désormais clos, mais n’ayez crainte : au niveau de l’intérêt suscité côté paddock, les pions de 2017 sont assez nombreux pour alimenter l’imagination de tous.

Veillons simplement à ce que le ton ne monte pas comme un défouloir répandu dans les stades. L’intensité et le niveau de risque sont les éléments de chaque instant lorsque les motos sont en piste et comme Luis Salom nous l’a rappelé cette saison. C’est aussi ce qui nous fait surtout regretter de devoir calculer depuis combien de temps Marco Simoncelli nous a quittés.

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Séries MotoGP , Moto2
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Tags chronique, opinion