Une équipe de tests plutôt que satellite pour Aprilia

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Une équipe de tests plutôt que satellite pour Aprilia
Par : Willy Zinck
4 janv. 2019 à 12:20

La marque italienne préfère privilégier le développement en interne de sa RS-GP, plutôt que de compter sur les services d'une équipe satellite.

Avec le recours de Tech3 à des machines KTM en vue de la prochaine saison, après deux décennies de collaboration avec Yamaha, Aprilia fait partie des deux derniers constructeurs encore dénués d'équipe satellite.

Cette question est lancinante depuis le retour de la marque en MotoGP, en 2015, alors que ses performances ont ces dernières années, au mieux stagné, au pire marqué le pas. Néanmoins, les moindres moyens des troupes de Noale l'obligent, à entendre le patron d'Aprilia Racing, à adopter une approche différente des autres constructeurs.

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Priorité est ainsi donnée à l'émergence d'une équipe de tests plus performante, plutôt qu'à la fourniture de RS-GP à une équipe tierce. Le recrutement de Bradley Smith, en provenance de KTM, répond ainsi de cette démarche proactive, comme le confirme Romano Albesiano.

"Pour Aprilia ce n'est pas un objectif prioritaire", tranche-t-il sans ambages. "Nous avons décidé d'investir dans le développement, dans l'équipe de tests, et d'avoir des wild-cards de bon niveau."

L'arrivée d'Andrea Iannone, transfuge cette fois-ci de chez Suzuki, a également vocation à multiplier les opinions quant au développement à suivre pour la machine italienne. "Nous nous concentrons sur nos deux pilotes officiels ainsi qu'un pilote d'essais de haut niveau", insiste le responsable italien. "C'est la meilleure façon pour nous de nous développer, pour une structure comme la nôtre qui n'est pas un géant."

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Sujet en discussion chez Suzuki

Chez Suzuki, l'autre constructeur encore dépourvu d'équipe satellite, l'avis est tout autre sur l'opportunité d'avoir une structure en soutien. Revenue la même année que son homologue transalpine, la marque japonaise aimerait bien en effet disposer d'une équipe satellite en guise de laboratoire. Car à bien y repenser, les erreurs techniques de 2017, qui l'avaient vu connaître une baisse de performance après une saison marquée par la victoire de Maverick Viñales à Silverstone, auraient peut-être pu être évitées si Suzuki avait pu compter sur d'autres GSX-RR sur la grille.

Ceci étant dit, la décision ne semble pas revenir à l'entité compétition du constructeur nippon. "C'est une discussion qui se poursuit pour nous au sein de la compagnie. En tant qu'équipe, nous aimerions vraiment avoir une équipe satellite pour recueillir beaucoup plus d'informations, développer encore plus la moto, mais pour la compagnie c'est un gros effort car nous n'avons pas autant de ressources ou de personnes que certains de nos rivaux", souligne ainsi Davide Brivio, team manager de Suzuki en MotoGP.

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Si ce projet existe bel et bien, il faudra cependant attendre que les contrats en vigueur expirent, ce qui rend cette possibilité réalisable au mieux à horizon 2020, si toutefois le feu vert était donné.

"Nous y travaillons toujours, nous continuons à discuter et j'espère que nous pourrons faire quelque chose pour 2020", poursuit Brivio. "[Mais] il semble que tous les teams aient un contrat qui expire après 2020. Nous avons cela à l'esprit, c'est en discussion et c'est un objectif pour Suzuki, mais la décision n'est pas encore prise."

Après avoir renoué avec le podium en 2018 (au nombre de neuf, à savoir cinq pour Álex Rins et quatre pour Andrea Iannone), 2019 verra Suzuki de nouveau privé de ses concessions techniques. Il faudra voir donc si l'équipe parviendra à mieux tirer son épingle du jeu, dans une situation très similaire à celle de 2017.

Avec Léna Buffa et Guillaume Navarro

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Séries MotoGP
Équipes Team Suzuki MotoGP , Gresini Racing
Auteur Willy Zinck