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Espargaró conscient de la menace du coronavirus malgré les précautions

Aleix Espargaró concède qu'il n'existe pas de solution parfaite pour se protéger du coronavirus, malgré les précautions prises pour limiter les contacts et se tenir à distance des foules.

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Espargaró conscient de la menace du coronavirus malgré les précautions

Face à l'apparition de plusieurs cas de COVID-19 dans le paddock MotoGP ces dernières semaines, certains pilotes se montrent particulièrement inquiets de la menace d'une infection et de l'absence des courses que celle-ci entraîne. Le cas de Valentino Rossi l'a particulièrement mis en lumière, le pilote italien manquant actuellement les deux Grands Prix d'Aragón après avoir été testé positif à la veille des essais de la première manche et avoir dû observer un isolement de dix jours à son domicile. Avant lui, c'est Jorge Martín qui a manqué deux Grands Prix dans la catégorie Moto2, et à présent le pilote Moto3 Riccardo Rossi est à son tour absent pour les mêmes raisons. D'autres cas ont également été identifiés dans le paddock au sein des équipes techniques ou, dès cet été, auprès de la réalisation TV.

Ces risques qui pèsent sur les pilotes dans leur environnement de travail s'ajoutent à ceux qu'ils prennent lorsqu'ils quittent le circuit. C'est ainsi que Tony Arbolino a dû manquer l'épreuve de la semaine dernière, contraint à l'isolement par les autorités espagnoles après avoir été identifié comme cas contact à la suite de son vol retour du Mans. Le cas du pilote italien est venu s'ajouter à la liste pour rappeler à ses acolytes le lourd tribut sportif que représente l'isolement, même en l'absence d'infection.

Bradley Smith décrit "une sensation horrible" face à une menace qu'il sent de plus en plus pressante. "Au moins, avant je me sentais en sécurité dans le paddock, parce que je me disais que tout le monde y était 'sûr', mais maintenant nous commençons même à remettre cela en cause. Le fait que certains l'aient eu ou ont failli entrer dans le paddock alors qu'ils ont eu le coronavirus, ce genre de choses, cela me rend clairement un peu plus nerveux", avoue le pilote anglais, qui a fait le choix de ne pas bouger de la région d'Alcañiz entre les deux manches.

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S'il leur est recommandé de rester sur place entre deux Grands Prix organisés sur une même piste, les pilotes de la catégorie MotoGP sont finalement peu nombreux à s'y résoudre, tout en ayant conscience du risque encouru. C'est le cas d'Aleix Espargaró, qui avait débuté la saison en restant deux semaines à Jerez pour les deux premiers Grands Prix d'ouverture du championnat, mais qui a profité cette semaine de la proximité d'Aragón avec son domicile pour rentrer quelques jours auprès de sa famille.

"Il est très difficile de comprendre ce qu'est la bonne solution", estime le pilote espagnol. "Il est évident que si l'on doit prendre un vol régulier, il vaut mieux rester [sur place], car en allant à l'aéroport, où il y a beaucoup de monde, puis dans un avion, qui est un espace restreint dans lequel se trouve beaucoup de monde, le risque est très élevé, comme on a pu le voir avec Arbolino. Je suis vraiment désolé pour Arbolino, parce que vous pouvez tout faire correctement et finalement ne pas courir car la situation n'est pas entre vos mains. La situation de Tony était donc vraiment moche."

"En ce qui me concerne, nous courons près d'Andorre et je peux être de retour chez moi en trois heures de route. Alors, oui, le risque était peut-être un peu plus élevé pour moi, mais j'étais chez moi avec mes deux enfants et ma femme et c'est donc comme ça que j'ai décidé de gérer la situation. Je sais que certaines personnes qui sont restées [sur place] entre la première et la deuxième course ont été infectées par le COVID ici, en Aragón [cette information n'est pas confirmée par les instances, ndlr]. Il n'y a donc pas de solution parfaite, tout le monde doit être super prudent, se laver les mains, utiliser les masques. Mais cela peut nous arriver à tous."

Ambiance dans le paddock

Le championnat observera une dernière pause après le Grand Prix de Teruel, avant un sprint final de trois manches à Valence et Portimão. Lorsqu'il a été demandé à Aleix Espargaró si la perspective de voir les membres de l'équipe technique Aprilia rentrer chez eux, en Italie, l'inquiétait, le pilote espagnol s'est montré plutôt résigné, conscient de ne pas pouvoir contrôler la situation.

"En Italie, ils sont vraiment très inquiets car ils ont connu une situation très difficile il y a quelques mois. Ils font donc très attention et essaient d'être dans la meilleure situation possible. Mais ce que j'ai appris ces dernières années, à la fois dans le championnat et dans la vie, c'est que s'inquiéter de ce que l'on ne peut pas contrôler n'a aucun sens. Je vais donc essayer de faire de mon mieux, en ce qui me concerne. Je pousse aussi beaucoup les deux amis qui voyagent avec moi, parce qu'ils sont très proches de moi et sont donc les personnes les plus importantes pour moi. Les personnes du stand, je ne peux pas les contrôler, on est 55 dans le box", concède-t-il.

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Le protocole mis en place par le MotoGP veut que le paddock fonctionne par bulles de travail, et ce afin de limiter les contacts. "Les personnes que je fréquente sont très peu nombreuses, je ne vois même pas une partie du garage", décrit notamment Bradley Smith. "Le côté d'Aleix est séparé de ma bulle, je ne vois véritablement que mon côté du stand. Quand nous avons des réunions, c'est très séparé, même avec les ingénieurs qui sont au-dessus. Je ne les ai pas du tout vus parce que nous faisons tout par Zoom ou Teams, ce genre de choses."

"Je pense que tout le monde doit se montrer très sérieux, faire attention, mais ça peut arriver", reprend Espargaró. "Le monde va de plus en plus mal, tout le monde est infecté. À la première course, on a vu que tout le monde dans le paddock se comportait super bien, il n'y avait pas de cas, mais maintenant c'est de pire en pire. Mais ce n'est pas la faute du MotoGP, c'est le monde qui va de plus en plus mal."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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