Espargaró : "La douleur n'était pas une excuse"

Entre un manque de confiance et un corps meurtri, Aleix Espargaró concède que sa lourde chute ne l'a pas aidé en course, à Silverstone, mais ce n'est pas la douleur qui explique sa neuvième place.

Espargaró : "La douleur n'était pas une excuse"
Charger le lecteur audio

Vingt-quatre heures après sa lourde chute, Aleix Espargaró a réussi à s'aligner au départ de la course de Silverstone mais aussi à en voir l'arrivée. Bien resté à distance de la lutte qui s'est jouée pour la victoire, le pilote espagnol a admis avec franchise que ce n'est pas sa condition physique qui a pesé aujourd'hui sur ce qu'il juge être une contre-performance.

"Franchement, je me suis senti bien. La douleur n'était pas une excuse. Évidemment, je n'arrivais pas vraiment à bouger librement sur la moto et à l'aider à tourner. Pendant la course j'ai eu assez mal dans tout le corps, mais pas trop mal", a-t-il expliqué, admettant que ce violent highside "n'a clairement pas aidé" sa course même si la douleur a finalement été supportable.

Touché aux pieds samedi, il souffre notamment d'une contusion osseuse à la cheville droite. Il n'a pourtant manqué aucune séance après cet accident et a prouvé en qualifications et au warm-up qu'il parvenait à se montrer rapide sur le tour lancé.

Qualifié sixième, il a oscillé entre la septième et la huitième place durant la première moitié de la course, sans parvenir à se mêler à la bataille qui faisait rage dans le groupe qui le devançait. Repris par Miguel Oliveira dans les derniers tours, il s'est finalement classé neuvième, une prouesse si l'on considère que cette course a donné lieu au deuxième top 10 le plus serré de l'Histoire. Malgré un retard de seulement 3"9 sur le vainqueur, il en faudrait plus pour le satisfaire.

"Pas d'excuses, je n'étais pas rapide aujourd'hui et ce n'était pas à cause de la douleur. Je n'avais pas mal [aux pieds], mais je ne pouvais pas vraiment bouger librement sur la moto. J'avais mal aux jambes, au dos, donc je ne pouvais pas vraiment aider la moto à tourner dans les virages à droite, je n'avais aucune traction sur le côté droit. Et puis tout le monde m'a dépassé dans le virage où je suis tombé, parce que j'ai perdu beaucoup de vitesse à cet endroit-là. Donc la chute n'a clairement pas aidé."

"C'est dommage parce que je n'ai pas pu dépasser. Je n'arrivais pas à être agressif, je n'ai fait aucun dépassement pendant la course", a ajouté le pilote espagnol. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, et notamment sur Fabio Quartararo à qui il a tenté de prendre la huitième place dans le dernier tour, en vain !

"Mon dépassement dans le dernier tour était impossible", en a-t-il souri. "J'étais très loin de lui mais je me suis dit que je devais essayer. J'ai relâché le frein avant et j'y suis allé, mais je n'ai malheureusement pas pu arrêter la moto. Je sais que ça ne représentait qu'un point, mais ça n'était pas une question de points, il s'agissait de finir devant. J'ai essayé, mais aujourd'hui j'ai perdu une bonne opportunité de récupérer des points malheureusement."

Une course difficile à déchiffrer

Il a beau considérer qu'il n'a finalement "rien perdu" dans l'optique du championnat en parvenant à ne céder qu'une unité au leader Fabio Quartararo, lui-même dans l'incapacité de se battre pour la victoire, Espargaró se laisse malgré tout prendre par la déception en voyant qu'il n'a pas pu profiter du jour "sans" du Français.

Ce sentiment est aussi dû au fait qu'il peine à comprendre la tournure prise par la course, dont la hiérarchie n'a pas tout à fait été celle que l'on pouvait anticiper après les essais. Lui-même aurait pensé se battre plus haut, mais certains de ses adversaires se sont également, en bien ou en mal, montrés sous un jour différent ce dimanche.

"Je n'arrive pas tellement à comprendre la course d'aujourd'hui. Je prends le classement, je n'y comprends rien. Les deux Ducati ont eu zéro rythme pendant le week-end et ils gagnent, ils ont fait un boulot extraordinaire aujourd'hui. Je ne comprends pas où ils ont trouvé le rythme. Bezzecchi, qui était très fort, termine dixième ; Fabio était très fort et il termine avec moi ; les KTM dans le groupe de tête ; Bastianini était hors du top 15 vendredi… Je ne comprends vraiment pas ce qui s'est passé aujourd'hui. J'avais zéro traction sur la droite pendant la course... Mais c'est le MotoGP, c'est sympa, c'est serré ! Les prochaines courses et la dernière partie du championnat vont être fun !"

Les deux prochaines semaines vont désormais être dédiées à reposer un corps meurtri par ce week-end, ce qu'Espargaró espère être suffisant avant de s'attaquer au Red Bull Ring. "Maintenant, j'ai mal partout. Les pieds vont mieux qu'hier, je peux marcher, mais j'ai beaucoup de douleurs dans les jambes, dans le cou, dans le dos. Donc, je vais devoir me reposer pas mal la semaine prochaine. Demain, je vais aller demain à [la clinique] Dexeus pour passer d'autres examens, faire un scanner complet de mon corps pour voir s'il n'y a rien cassé. Mais je pense qu'avec une semaine de récupération, j'arriverai en Autriche en étant à 100%."

Lire aussi :
partages
commentaires
Passé de "héros à zéro", Zarco attribue sa chute à son choix de pneu
Article précédent

Passé de "héros à zéro", Zarco attribue sa chute à son choix de pneu

Article suivant

Fabio Quartararo : "Un week-end incompréhensible"

Fabio Quartararo : "Un week-end incompréhensible"