Pour Espargaró, la fiabilité est maintenant la priorité d'Aprilia

Ravi de sa performance et du potentiel affiché par la nouvelle Aprilia, l'Espagnol pousse maintenant son équipe à dépasser au plus vite les soucis de jeunesse de la nouvelle RS-GP.

Pour Espargaró, la fiabilité est maintenant la priorité d'Aprilia

Aleix Espargaró a bouclé ce dimanche sa quatrième journée d'essais au guidon de la nouvelle Aprilia, une moto totalement repensée avec laquelle on l'a vu parcourir 150 tours à Sepang, entre le shakedown et le test officiel. Très enthousiaste au vu de la compétitivité qu'il a pu percevoir rapidement dans la RS-GP version 2020, le pilote espagnol voulait absolument tenter de réaliser une simulation de course pour cette dernière journée, tout en sachant que le moteur, encore très jeune au point qu'Aprilia n'a pas eu le temps de le passer au banc d'essai, n'allait peut-être pas supporter cet effort. Et ce fut le cas en effet.

Espargaró, qui a bouclé son programme en avance sur la fin de cette journée à l'instar de quelques autres pilotes, aura donc réussi à afficher un potentiel prometteur sur le tour lancé lors de chacun des trois jours de ce test collectif (il est actuellement neuvième, à une demi-heure de la conclusion de la séance) ainsi qu'en rythme de course, néanmoins il exhorte Aprilia à faire basculer toute son attention désormais sur la fiabilité. Voici le bilan qu'il a dressé face à la presse à l'issue de cette riche semaine.

Tu termines ces essais dans le top 10. Es-tu satisfait ?

Oui, je suis satisfait. J'ai pu aller un peu plus vite avec le pneu soft. Je m'attendais à être proche de la fenêtre basse des 1'58, mais je n'ai pas réussi parce que je ne me sens pas très à l'aise avec le pneu soft. Mais globalement les sensations ont été bonnes pendant le test, et la simulation de course a été impressionnante. J'ai eu un petit problème dans mon 12e tour et j'ai malheureusement dû m'arrêter, mais je me sentais très bien avec le pneu medium, j'étais très constant, en 1'59 haut, j'ai été l'un des plus forts du jour, alors globalement je suis satisfait. J'aimerais être plus proche des leaders sur le tour lancé mais ce ne sont que trois dixièmes. Je suis satisfait, on a bien progressé.

Je suis très content du travail qu'a fait Aprilia avec la nouvelle moto, mais malheureusement on a rencontré des soucis de fiabilité.

Aleix Espargaró

Qu'attends-tu désormais pour le test du Qatar ?

J'ai hâte de tester la moto sur un autre circuit, avec un tracé différent, parce qu'après quatre jours ici je ne veux plus faire un seul tour ici à Sepang ! [rires] Je veux vraiment voir la moto sur un autre circuit et le Qatar me plait. Je suis très content du travail qu'a fait Aprilia avec la nouvelle moto, mais malheureusement pendant ces quelques jours on a rencontré des soucis de fiabilité. C'est donc une chose sur laquelle ils vont devoir travailler parce que la première course n'est que dans trois semaines.

C'était à prévoir que le moteur n'était pas prêt pour une simulation de course ?

Je poussais les ingénieurs pour qu'on essaye le moteur sur un long run. Ils n'étaient pas très sûrs, mais pour moi c'était très important afin de prendre la température de la moto et de comprendre mes sensations. […] À sept tours de la fin, j'ai commencé à sentir que je perdais beaucoup de puissance, on a eu un problème d'échappement et j'ai dû m'arrêter. En tout cas, il nous faut tout découvrir, la moto est assez nouvelle. C'est dommage parce que je me sentais très compétitif et je sentais que je pouvais rester en 1'59 pendant 20 tours, mais la moto est très jeune.

Aleix Espargaro, Aprilia Racing Team Gresini

Quelle est la priorité désormais ?

Pour moi, la priorité maintenant c'est la fiabilité. C'est le plus important. Je peux les comprendre quand ils disent que c'est assez normal que ces problèmes arrivent. Je me souviens par exemple que Marc [Márquez] a testé sa nouvelle moto à Brno et à Misano l'été dernier, ils ont donc eu beaucoup de temps et ont pu boucler beaucoup de tours avant de soumettre la moto au stress maximum pendant ce test à Sepang. Aprilia a fait du très bon travail et ils ont fini la moto à la dernière minute. Ils l'ont emballée à la dernière minute à Noale pour qu'elle parte pour Sepang ! C'est donc assez normal.

En l'absence de Iannone, as-tu dû faire une partie du travail qu'il aurait pu réaliser ?

Bradley [Smith] a travaillé aussi sur de nombreuses nouvelles choses, il a essayé de m'aider. Savadori aussi a fait des tours. Bien sûr, c'est plus facile avec Andrea, qui est un pilote très fort, parce qu'on stresse plus le matériel et cela fait apparaître les problèmes. Mais on connait la situation d'Andrea et j'espère qu'il va pouvoir la régler et être au Qatar.

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En as-tu vu assez pour comprendre quel sera le potentiel d'Aprilia pour la saison ?

Si la course avait lieu ici demain, je pense que je pourrais me battre pour le podium, c'est certain. Mais on ne va pas courir ici avant dix mois ! Il faut aller sur une autre piste et voir ce qui se passe, il faut qu'on voie si la moto peut finir les courses parce que chaque fois que je la stresse pendant plus de dix tours il se passe quelque chose. Il ne s'agit pas de savoir à quel point on peut être rapides, il faut aller au bout et c'est notre priorité à l'heure actuelle. Ceci dit, je pense que faire ces chronos avec la moto en seulement trois jours – ils ont fini cette moto il y a 12 jours –, tourner en 1'58"6 et faire 12 tours d’une simulation de course qui a été, je crois, la plus forte jusqu'à présent, cela prouve que notre compétitivité est élevée.

Mises-tu sur les trois premières courses outre-mer ?

On doit maintenant avoir une réunion très importante avec les ingénieurs, il faut qu'on voie comment on peut améliorer les problèmes que l'on a eus pendant ces trois jours. Il ne reste pas beaucoup de temps avant le test du Qatar et avant la première course. Malheureusement, je déteste les tests mais j'aimerais vraiment qu'on ait encore un ou deux mois d'essais avant la première course, parce qu'on en a besoin. La moto est très compétitive, mais les ingénieurs ont besoin de temps pour comprendre la fiabilité, pour essayer de nouvelles pièces et des pièces renforcées. On n'aura pas ce temps, alors on va voir ce qui va se passer quand on va stresser la moto en course.

Si la course avait lieu ici demain, je pense que je pourrais me battre pour le podium, c'est certain.

Aleix Espargaró

Penses-tu pouvoir créer la surprise au Grand Prix du Qatar ?

Peut-être que je suis trop motivé, trop content, trop excité ! [rires] Mais le tour rapide que j'ai signé sur un circuit aussi difficile que celui-ci… Je perds beaucoup de temps dans le quatrième secteur, deux ou trois dixièmes face aux Ducati dans les virages 14 et 15, pourtant même comme ça j'ai réussi à faire la simulation la plus forte sur 12 ou 13 tours, meilleure que les Ducati, meilleure que ce qu'a fait Quartararo. Alors on ne sait jamais ce qui peut se passer au Qatar, mais pour le moment je suis satisfait et content.

Du point de vue du moteur, comment te sens-tu par rapport à la concurrence ?

Je pense que la moto est forte en cinquième et sixième, mais on souffre dans les bas rapports. Je manque de couple à bas régime, surtout à l'accélération en première et en deuxième. Je sens que Ducati et Honda sont super forts, ce sont des fusées. Après, la vitesse de pointe n'est pas mal, mais pour moi c'est difficile parce qu'on ne peut pas les dépasser. Hier j'ai fait deux tours avec Álex Márquez et je n'avais aucun moyen de le dépasser. J'ai même failli le heurter, je suis arrivé trop loin sur les freins. C'est un problème parce que les courses ne sont pas les tests. Pendant les tests on est tout seul, en course il faut dépasser, et c'est quelque chose qu'on doit améliorer.

L'accélération est-elle meilleure que l'année dernière ?

Non. La performance pure à l'accélération est la même, c'est juste un petit peu plus facile d'accélérer et un peu plus facile de contrôler le moteur, mais il n'y a pas plus de performances à bas régime de la part du moteur.

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