Espargaró en passager : "Ce n'était pas moi qui pilotais"

Le pilote KTM a souffert tout au long du Grand Prix de Catalogne, et n’a pas complètement dompté sa machine en course. Néanmoins, il a progressé de 20 secondes par rapport à l’an dernier et s’en montre très satisfait.

Espargaró en passager : "Ce n'était pas moi qui pilotais"

Pol Espargaró avait annoncé la couleur avant d’entamer deux des Grands Prix les plus compliqués de la saison pour KTM : le Mugello et Barcelone seraient un test fondamental pour évaluer la compétitivité de la RC16. Avec une neuvième place en Italie et à présent une septième position en Espagne, le bilan ne peut être que positif, bien que la course catalane n’ait pas été un long fleuve tranquille.

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Ne pas rouler à la limite

"C’était très difficile, mais surtout du point de vue de l’autocontrôle car lorsque vous avez un pilote devant vous, vous voulez le rattraper, et parfois vous avez tout pour le faire mais vous savez que vous le paierez peut-être plus tard, ou que vous allez chuter en étant à la limite", a expliqué l’Espagnol. "Ici je n’ai pas pu être à la limite comme je l’ai été au Mans, ou même au Mugello, car le niveau de grip était très faible, il était donc question d'une grande précision, comme une horloge, et de juste essayer de tout faire à la bonne place : aux freins, ne pas dépasser, ne pas trop tourner, beaucoup gérer l’électronique et le mapping. C’était un peu une course à la réflexion."

Pourtant, au moment de prendre le départ du septième Grand Prix de la saison, Espargaró a souhaité changé de pneu arrière sur la grille et favoriser le tendre en lieu et place du medium au terme de son tour de reconnaissance, et reconnaît que cette décision a plus été "un peu désespérée que réfléchie". Et d'ajouter : "Nous avions eu du mal tout au long du week-end et beaucoup de pilotes avaient le tendre alors nous avons tenté puisque nous aurions le même." Finalement, avant et arrière ont été des choix pertinents, qui ont permis au numéro 44 de réaliser une très bonne course. "J’ai très bien géré le pneu avant, et je n’ai noté une usure que sur les cinq ou sept derniers tours, nous avons donc fait du bon travail."

Un peu aidé par le carambolage de début de course ayant mis hors-jeu quatre top pilotes, Espargaró n’a pas été étonné de l’incident, et a tout fait pour rester sur ses roues. "Hier j’ai dit qu’il y aurait deux options : une course très lente, ou beaucoup de chutes", a-t-il rappelé. "Et cela a été les deux, une course très lente et avec quand même beaucoup de chutes. Aujourd’hui c’était très important d’anticiper le freinage et de ne pas freiner à la limite, de ne pas ouvrir les gaz à la limite car nous savions que ce qui est arrivé à Jorge pouvait arriver à tout le monde."

En revanche, la surprise a été de taille lorsqu’il a franchi la ligne d’arrivée au septième rang : "Je suis surpris car lors d’une course si dure, si compliquée, où nous pouvons beaucoup souffrir au niveau des pneus, où l’électronique travaille énormément, terminer à 16 secondes, et dix secondes du quatrième, c’est très bien", a-t-il confié à DAZN. "Seize secondes c’est beaucoup, et sans toutes les chutes nous aurions roulé dans le top 10 et nous ne serions sans aucun doute pas septièmes, mais nous nous contentons du résultat. Je crois que si ce n’est pas le pire, c’est en tout cas l’un des pires circuits pour nous."

Vingt secondes de mieux

Sur ce tracé défavorable à KTM, Espargaró a donc confirmé les progrès réalisés par le constructeur autrichien, de même que Johann Zarco, qui s’est offert son premier top 10 de la saison, à néanmoins dix secondes de son coéquipier. Mais si les avancées sont bien là, ce genre de piste nécessite encore beaucoup d’ajustements pour les pilotes, et l’Espagnol admet avoir dû complètement s’adapter : "Désormais j’adore rouler avec du grip. Je peux utiliser du couple et rouler avec mon style de pilotage, comme je l’ai fait au Mans. Mais ici c’était complètement différent, j’étais un passager, je ne pouvais pas piloter, je ne pouvais pas freiner aussi fort, gagner sur les freins, où je suis normalement fort, tourner la moto avec mon corps et ouvrir les gaz de façon assez agressive. Je ne pouvais pas le faire. Pour cette raison, je suis très content d’obtenir ce résultat, car ici ce n‘était pas moi qui pilotais."

Malgré une machine encore difficile à dompter, le bilan est positif, et le double test du Mugello et de Barcelone passé haut la main. Espargaró souhaite donc retenir l’essentiel : son écart de 16 secondes avec le vainqueur. "C’est incroyable, l’an dernier nous étions à 36 secondes, nous sommes donc 20 secondes plus rapides que l’année passée, c’est fou", a-t-il commenté. "Nous sommes aussi neuvièmes au championnat, à six points de la sixième place. Je suis impressionné par la performance que nous avons réalisée aujourd’hui"

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"Nous nous rendons maintenant sur des tracés plus favorables à la KTM : le Saschenring, le Red Bull Ring et les Pays-Bas, nous avons hâte." Le pilote KTM entrera en effet en piste dès le 28 juin sur le circuit d’Assen, un endroit où il pourrait réaliser de belles choses, si l’on en croit ses récents résultats : "Aux Pays-Bas, avec moins de température en piste, j’espère qu’il y aura plus de grip. Je pense que nous pourrons faire bien mieux, les attentes sont donc hautes."

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