Quartararo a ressenti "beaucoup moins d'enthousiasme" en 2022

Fabio Quartararo a compris à la sortie de l'été qu'il aurait du mal à décrocher un second titre consécutif en MotoGP. Limité par les performances de sa Yamaha, le Français a de moins en moins apprécié les courses.

Quartararo a ressenti "beaucoup moins d'enthousiasme" en 2022
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Fabio Quartararo a mené plus de la moitié du championnat 2022, occupant la première place après 13 des 20 courses au programme. Au soir du GP d'Allemagne, qu'il avait aisément remporté, la mi-saison était atteinte et tous les signaux étaient au vert : le Champion 2021 comptait 34 points d'avance sur son premier poursuivant, Aleix Espargaró, tandis que Pecco Bagnaia, à terre pour la quatrième fois de l'année, pointait à 91 unités et semblait sortir de la course au titre.

La suite est connue : le pilote Ducati a empilé les succès et comblé son retard pour décrocher la couronne. La saison de Quartararo a commencé à dérailler aux Pays-Bas, quand il a perdu toute chance de points en percutant Aleix Espargaró, ce qui lui a aussi valu une pénalité pour l'épreuve suivante. Pour l'intéressé, Assen n'a pourtant pas marqué le véritable tournant du championnat.

"Jusqu'au GP des Pays-bas, on n'a eu aucune chute en course", a rappelé Quartararo à Speedweek. "L'incident d'Assen m'a valu une pénalité pour Silverstone, que je trouvais injuste. On a aussi fait une erreur dans le choix de pneu... Oui, on a manqué de chance dans ces deux courses, mais ça peut arriver."

À cette période de l'année, Bagnaia reprenait des points à chaque course mais c'est surtout lors de la quatrième victoire consécutive de l'Italien, au GP de Saint-Marin, que Quartararo a réellement douté de sa capacité à décrocher un second titre consécutif. Il conservait 30 points d'avance sur son rival mais n'était plus véritablement en capacité de se mesurer à lui.

"C'est à Misano que j'ai réalisé que nos chances étaient faibles. L'an dernier, j'avais réussi à reprendre trois secondes à Pecco et à finir juste derrière lui. Cette année, j'ai fini cinquième, cinq secondes derrière lui, après une bonne course pour moi, dans laquelle j'ai donné mon maximum. Et c'était très frustrant pour moi parce que je donnais 100% mais qu'on était très loin derrière."

Francesco Bagnaia, Ducati Team, Maverick Vinales, Aprilia Racing Team, Enea Bastianini, Gresini Racing, et Luca Marini, VR46 Racing Team

Fabio Quartararo n'a pas pu rester au contact des leaders à Misano

Cette situation a quelque peu découragé Fabio Quartararo, qui reconnaît avoir eu du mal à conserver sa motivation en fin d'année : "Selon moi, j'ai mieux piloté cette année que l'an dernier, mais il y a eu des moments très difficiles à gérer. Pas tant en termes de résultats, plus pour moi : j'avais beaucoup moins d'enthousiasme que les années précédentes sur la moto. On n'y pense pas consciemment, mais on le sent inconsciemment, on n'apprécie pas ce qu'on fait et dans cette situation, on n'est pas à son potentiel maximum. Cette année, il y a eu plusieurs courses où j'ai pris la piste comme ça, sans prendre de plaisir."

Fabio Quartararo a régulièrement déploré le manque de puissance de sa machine, qui l'empêchait de porter des attaques ou de résister à ses rivaux en course. Le problème a été décuplé par une incapacité à être au tout premier plan dès le départ, la Yamaha n'étant que trop rarement en mesure d'accrocher la première ligne : "Pour moi, la clé pour remporter le titre 2021 a été d'être en première ligne 14 fois. Cela n'a été le cas que cinq fois cette année, avec seulement une pole position. Et ça a évidemment eu des conséquences sur nos chances au championnat."

"Je suis un vainqueur, je veux gagner mais... jusqu'aux dernières années, toutes les marques avaient des forces et des faiblesses", a rappelé El Diablo, voyant Yamaha dégringoler lentement dans la hiérarchie : "On avait un bien meilleur châssis que les autres, mais cette année ce n'était pas le cas. On avait également beaucoup moins de puissance que nos concurrents."

Fabio Quartararo estime que Yamaha a "abandonné son avantage sans rien gagner en retour" dans l'exercice des qualifications : "Quand on voit les progrès que les autres ont fait sur un tour depuis 2019 par rapport à nous, c'est frustrant. Les autres ont fait d'énormes progrès, nous sommes au niveau de 2019 ou moins bien. Et trois années se sont écoulées."

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