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MotoGP GP d'Italie

Les qualifications sont devenues "le point faible" de Quartararo

Fabio Quartararo a de plus en plus de difficultés en qualifications. Une faiblesse qui s'explique en partie par le manque d'agilité de la Yamaha, mais pas seulement...

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Les qualifications ont longtemps été l'une des forces de Fabio Quartararo en MotoGP. Le Français était en deuxième ligne lors de son premier départ en 2019 et en pole dès le quatrième. Il est parti six fois de la première place dès cette saison de rookie et compte aujourd'hui 16 poles, soit cinq de plus que son total de victoires.

Cette époque parait cependant bien loin : depuis la pole décrochée au GP de Catalogne 2021, il y a près de trois ans, Quartararo n'en a signé qu'une seule de plus, en Indonésie au début de la saison 2022, ce qui coïncide avec le début des difficultés de Yamaha. Depuis l'an passé, même l'accession à la Q2 est un défi parfois hors de portée.

Ce week-end, les pilotes seront au Mugello, où Yamaha a fait un test encourageant il y a deux semaines, mais lors duquel les performances sur un tour sont restées décevantes. "On va essayer de bien se qualifier", a déclaré Quartararo à son arrivée sur le circuit. "Dans les tests, on avait vraiment du mal sur un tour, malheureusement, donc ce sera notre priorité ce week-end."

"C'est clairement mon point faible en ce moment", a ajouté Quartararo, qui s'est senti démuni à Barcelone le week-end dernier : "Le chrono que j'ai fait en pneu neuf était le même qu'après dix tours sur le pneu, je n'avais jamais fait ça de ma vie. On doit comprendre pourquoi. Au moins, le rythme [de course] était très rapide. J'espère vraiment qu'on pourra progresser sur un tour pour mieux se qualifier."

Saison après saison, la Yamaha a perdu son agilité légendaire et lorsqu'il tente de la pousser dans ses retranchements, Quartararo se sent vite limité : "Le problème est que je pense qu'avant, de 2019 à 2022, plus j'attaquais sur la moto, plus j'allais vite. Cette année, il semble que plus on attaque, moins c'est bon. J'ai un style de pilotage agressif, surtout au freinage. J'essaie de forcer sur la moto et il semble que ça ne joue pas en notre faveur."

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Fabio Quartararo

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

"Il faudra être malin ici, essayer de trouver quelqu'un à suivre, mais notre pilotage évolue beaucoup tous les ans. Je reste avec Yamaha tous les ans, mais tous les ans j'ai l'impression d'avoir une moto totalement différente. Même si les changements qu'ils font ne sont pas positifs, ça change."

Avant, disons que c'était plus fluide. Maintenant, c'est plus par étapes. Ce n'est pas comme ça qu'il faut piloter.

L'évolution vient en partie du comportement du moteur, qui permet d'atteindre des vitesses de pointe plus élevées mais avec une gestion électronique parfois perfectible, ce qui rend la moto moins douce, notamment dans les phases d'accélération.

"La force de la Yamaha était la manière dont la moto tournait en entrée de virage. Avec les gaz, la moto tournait tout le temps et malheureusement, ça on ne l'a plus et c'est ce qu'on recherche depuis quelques mois, parce que maintenant on a la puissance, mais on n'a plus ce confort, depuis même quelques années. C'est la priorité numéro un pour l'instant mais on travaille dur pour la retrouver."

"Je ne sais pas si c'était beaucoup plus doux, mais avant, disons que c'était plus fluide", a précisé Quartararo. "Maintenant, c'est plus par étapes. Ce n'est pas comme ça qu'il faut piloter. Ici, dans l'enchaînement des virages 5, 6 et 7, dans le test on était beaucoup plus lents qu'il y a deux ans. Au virage 6, quand on pousse la moto vers le virage 7, maintenant [...] c'est beaucoup plus lent. On essaie d'améliorer la vitesse des changements de direction, la façon d'incliner la moto et le turning."

Cette situation inquiète même Quartararo sur sa capacité à tenir sur la distance de course : "Je suis un peu inquiet pour cette course physiquement parce que dans le test, je n'allais pas bien, j'étais très fatigué après quelques tours donc depuis le début de l'année, on a beaucoup de mal physiquement, pour faire bouger la moto. J'espère que ça ira en course mais la moto est vraiment, vraiment lourde et il faut comprendre pourquoi. Non seulement le poids est trop élevé, mais aussi la façon de rouler."

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Fabio Quartararo

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Un autre élément qui déroute Fabio Quartararo est qu'Álex Rins ne semble pas éprouver les mêmes difficultés. Rins a eu l'avantage dans l'exercice des qualifications à Austin, dont il est un grand spécialiste, mais aussi à Barcelone, en assurant une place en Q2 dès le vendredi, contrairement au Niçois. Quartararo a senti la même différence lorsqu'ils ont roulé au Mugello : "Ce qui est bizarre, c'est que pendant les tests, j'allais quatre dixièmes plus vite que lui sur le rythme – ce sont des tests, bien sûr – mais sur un tour il était trois dixièmes plus rapide."

"C'est la façon dont j'essaie de faire le chrono, d'être un peu plus agressif. Par le passé ça fonctionnait, maintenant ça ne fonctionne plus. C'est pour ça qu'il va falloir trouver une solution très rapidement."

Un optimisme (très) mesuré pour le GP d'Italie

Concernant le week-end dans son ensemble, Quartararo ne pense pas que le test effectué il y a deux semaines sera si utile pour Yamaha, tant le programme était chargé : "Au final, les tests, ça met même plus de confusion qu'arriver sur un circuit sans faire de tests. On a essayé tellement de choses qu'au final, même pendant les tests, on s'est calmés parce qu'on ne savait même pas où on était. En plus, on a eu un temps un peu mauvais. Je pense que sur le rythme [de course], on sera très bien si c'est comme dans les tests. Comme je l'ai dit, la priorité est de se qualifier pour ce week-end."

Le nouvel ensemble aérodynamique, testé au Mugello et utilisé au GP de Catalogne, devrait néanmoins permettre à Yamaha de continuer sa marche en avant : "On l'a essayé ici pendant les tests et c'est ici qu'on l'a confirmé pour le mettre à Barcelone. Plus on utilise, plus on s'adapte et plus on voit de points positifs. Je pense que ce week-end, on va encore trouver un point positif par rapport aux tests."

Les gains effectués en vitesse de pointe par la marque japonaise ces derniers mois pourraient aussi être bénéfiques sur la très longue ligne droite du Mugello... mais Quartararo redoute surtout ce qui a été perdu dans les enchaînements de virages.

"Ce sera plus facile en ligne droite. Sur le reste de la piste, cela ne va pas nous aider parce qu'on a perdu ce turning. On travaille bien. Je ne veux pas redire ce que j'ai dit à Barcelone mais je pense que l'aéro fonctionne bien. Le test que l'on a ici le lundi et le test de Valence vont vraiment clarifier où on doit aller donc je pense que ça va aider, surtout pour ne pas être doublé au premier virage."

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