Pas de fans ni massages : la drôle vie du paddock MotoGP

La distanciation physique, la limitation du staff, les gestes-barrières ou encore l'absence de fans : ce Grand Prix d'Espagne à Jerez débute dans une atmosphère fort inhabituelle !

Pas de fans ni massages : la drôle vie du paddock MotoGP

Une course disputée sans public aurait pu passer au Qatar, où la fréquentation du circuit et l'ambiance qui règne à ses abords ne sont pas exactement ce qui définit l'événement ! En revanche, dans le chaudron compact de Jerez, difficile d'appréhender ce qui sera finalement la première manche de la saison MotoGP sans forcément penser à la grosse différence d'atmosphère provoquée par le huis-clos.

Car un Grand Prix dans spectateurs est bien entendu une drôle de façon de faire la course, surtout en un lieu aussi ramassé que le tracé andalou, habituellement bondé de spectateurs.

Pour Jack Miller, la concentration en piste demeurera bien entendu la même, mais l'absence du public se fera fortement ressentir sur certains à-côté. "Je pense à la portion du stadium entre les virages 9-10, qui est habituellement pleine de monde. C'est surtout lorsque l'on est dans les tours d'accélération que l'on voit et ressent tout le monde en bord de piste. Et pour l'après-course, c'est triste : il n'y aura personne avec qui célébrer ! Nous sommes heureux d'être de retour mais ce n'est pas la même chose sans les fans dans les gradins et les stands. Ils nous manquent."

Sur une teinte d'humour, Miller fait également remarquer d'autres genres de désagréments liés à la distanciation physique… "Ça me fait perdre un peu de poids car on nous livre la nourriture dans une petite boite blanche et comme je ne comprends pas le menu, je prends toujours le poulet avec le riz ! Mais on profite des gars dans le garage, c'est un peu comme les courses outre-mer mais en Europe !"

Lire aussi :

Pas de massages pour récupérer

Parmi les petits désagréments qui changent le quotidien des pilotes, Valentino Rossi note que les corps seront bien plus endoloris ce week-end du fait de l'interdiction de recevoir des massages dans l'enceinte du circuit. Les geste-barrières sont de mise et pour le doyen du paddock, la remise en forme passait, comme pour les autres pilotes, par une routine saine pour le corps entre les séances.

"Les massages sont importants, surtout quand on est un peu plus vieux", commente le pilote Yamaha. "Malheureusement, pour ces deux courses, on ne peut pas en faire. Je vais essayer de faire autre chose comme du vélo ou du stretching pour relaxer un peu mes muscles. C'est un problème, mais je pense que l'on peut gérer cela."

La dernière fois que j'ai marché dans le paddock, c'était en 1997 !

Valentino Rossi

En revanche, le Docteur apprécie d'une certaine manière la liberté physique que lui offre paradoxalement la situation, lui qui se trouve toujours marqué à la culotte par des hordes de fans.

"La situation est un peu différente : elle est moins bonne pour certaines choses, meilleure pour d'autres. Tout est un peu plus difficile, parce qu'il faut tout le temps porter un masque, y compris quand on fait les réunions. C'est donc un peu plus compliqué, mais d'un autre côté c'est très tranquille. Il n'y a personne… C'est incroyable pour moi, parce que je peux même marcher dans le paddock ! La dernière fois que j'ai marché dans le paddock, c'était en 1997 ! De ce point de vue, c'est moins de pression, plus relax."

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

"On ne peut pas faire de massages normaux, mais si vous avez une blessure ou que vous avez besoin du physio pour une blessure, vous pouvez le faire mais pour un temps limité", précise cependant Marc Márquez, qui aura donc le loisir de tester les limites de sa monture comme à sa bonne habitude. "Pour le moment, c'est comme ça, c'est assez strict, mais je pense que c'est la meilleure façon de commencer pour essayer d'en arriver aux procédures normales. Les équipes ont des effectifs limités et si vous voulez faire venir un physio, vous n'avez pas assez de place. J'ai de la chance, parce que l'un des physios à la Clinica Mobile est Carlos, et il était mon physio pendant tout l'hiver, alors il me connaît vraiment bien."

Pour Andrea Dovizioso, se trouver dans un paddock presque vide et réaliser des conférences de presse via internet a de quoi bouleverser les habitudes. "C'est très étrange", commentait-il mercredi après les tests dans le paddock désert. "Aujourd'hui c'était un test, mais pendant le week-end ce sera pareil, ce sera comme être à un test ! Et avec cette chaleur et le masque, tout est compliqué. C'est étrange, très étrange. La seule chose positive du point de vue du pilote, c'est qu'on peut faire ce qu'on veut, il n'y a pas grand-monde dans le paddock, c'est inhabituel pour nous et plutôt bien ! Quand on veut aller au motor-home ou n'importe où, on peut faire certaines choses au lieu de rester à proximité de notre stand et de perdre 20 à 30 minutes dès que l'on fait quelque chose."

"Tout est différent, mais c'était la seule façon de pouvoir recommencer cette saison et je pense que la Dorna a fait le maximum et il faut s'estimer heureux de cette situation. Je sais que de l'autre côté, ça doit faire bizarre, mais c'était la seule façon de pouvoir commencer. Peut-être que l'on changera quelque chose pendant la saison, je ne sais pas."

Lire aussi :

Enfin, pour Maverick Viñales, qui n'a rien perdu de son optimisme vu au Qatar, les petits tracas concernent aussi avant tout son entourage direct et ce qu'il lui apporte habituellement. Il lui faudra cette fois possiblement apprendre à faire sans l'un de ses précieux atouts dans le garage.

"On ne voit personne dans le paddock et il n'y a malheureusement pas nos fans au bord du circuit. En ce qui me concerne, par exemple, un mécanicien spécialiste des suspensions n'a pas pu venir d'Australie ; j'espère qu'il pourra arriver à temps. Chaque course est unique car on ne sait pas si les choses seront meilleures ou pires dans le futur. Sur ce championnat, il est important de prendre le maximum de points à chaque course et d'être devant, sans faire d'erreurs."

Avec Léna Buffa

partages
commentaires
Álex Rins et Joan Mir "bien préparés" avec Suzuki

Article précédent

Álex Rins et Joan Mir "bien préparés" avec Suzuki

Article suivant

Une saison de 13 courses serait valable, selon Rossi

Une saison de 13 courses serait valable, selon Rossi
Charger les commentaires
Le gentil géant qui manquera au MotoGP Prime

Le gentil géant qui manquera au MotoGP

Imaginer le MotoGP sans Danilo Petrucci, c'est envisager de perdre l'un des rares pilotes qui aient pu battre Marc Márquez au sommet de son art et un garçon aussi attachant que combattif.

MotoGP
26 juil. 2021
Joan Mir, un Champion du monde bousculé mais pas résigné Prime

Joan Mir, un Champion du monde bousculé mais pas résigné

Joan Mir croit en ses chances de conserver son titre en MotoGP, malgré une première moitié de saison en dessous de ses attentes. Motorsport.com a pu échanger avec le pilote Suzuki sur ses chances au championnat, le départ de Davide Brivio et la célébrité apportée par son sacre mondial en 2020.

MotoGP
23 juil. 2021
Quartararo décrypte sa réussite : sérénité retrouvée et Yamaha en progrès Prime

Quartararo décrypte sa réussite : sérénité retrouvée et Yamaha en progrès

À la peine dans les dernières de la saison 2020, Fabio Quartararo a retrouvé le sommet et domine le championnat à mi-parcours. Motorsport.com s'est entretenu avec le Niçois pour évoquer sa nouvelle approche, sa progression et son arrivée dans l'équipe Yamaha factory, mais aussi les grandes difficultés de son coéquipier.

MotoGP
15 juil. 2021
Pourquoi Yamaha risque de perdre Valentino Rossi Prime

Pourquoi Yamaha risque de perdre Valentino Rossi

En sa qualité de patron d'équipe, Valentino Rossi va entrer de façon imminente dans une nouvelle ère dans sa carrière, et celle-ci aura une influence considérable sur un certain nombre de pilotes et d'équipes du championnat. Mais c'est précisément chez Yamaha que se fera sentir l'un des plus gros impacts car la marque joue un rôle central dans cet épisode et pourrait en conséquence perdre ses liens avec le Docteur.

MotoGP
23 juin 2021
Donner ou prendre le sillage : entre aubaine, tolérance et nécessité ! Prime

Donner ou prendre le sillage : entre aubaine, tolérance et nécessité !

Prendre le sillage d'un rival pour gagner en performance... ou être celui qui est accroché et donne, de son plein gré ou non, un avantage à un concurrent. Le sujet n'a pas pas fini de faire parler, mais crée en tout cas des dynamiques intéressantes entre les pilotes du plateau MotoGP.

MotoGP
10 juin 2021
Éligibilité aux concessions techniques : le remède pour Honda ? Prime

Éligibilité aux concessions techniques : le remède pour Honda ?

Aveu d'échec mais coup de pouce possiblement bienvenu : l'éligibilité à des concessions en MotoGP peut être vue de plusieurs manières, comme en témoignent les réactions de Marc Márquez et Pol Espargaró à cette évocation...

MotoGP
6 juin 2021
Lucio Cecchinello : "Ma récompense ? Le plaisir que je continue à prendre" Prime

Lucio Cecchinello : "Ma récompense ? Le plaisir que je continue à prendre"

Toujours aussi passionné, mais aussi ancré dans la réalité, l'ancien pilote Lucio Cecchinello partage avec nous son regard sur les effets de la crise actuelle en MotoGP et la manière dont le championnat devrait selon lui évoluer.

MotoGP
28 mai 2021
Hervé Poncharal, taille patron Prime

Hervé Poncharal, taille patron

Patron du team Tech3 et président de l'IRTA, Hervé Poncharal est une figure incontournable du MotoGP. Aussi impliqué dans le sauvetage du championnat face à la crise sanitaire que touché par l'évolution de la planète, le Français a partagé avec nous son regard sur le monde.

MotoGP
26 mai 2021