Franco Morbidelli résigné, mais pas abattu

Limité en ligne droite et gêné par le manque de grip de Barcelone dans les virages, Franco Morbidelli a su se contenter de sa neuvième place au Grand Prix de Catalogne, estimant qu'il n'avait pas le potentiel pour faire mieux.

Franco Morbidelli résigné, mais pas abattu

Franco Morbidelli a passé l'hiver porté par son titre de vice-Champion du monde et le statut de favori que bon nombre de ses adversaires lui attribuaient pour 2021. Le retour à la réalité a été brutal, avec un début de championnat qui a très vite démontré que la donne avait changé. Au guidon d'une machine qui n'a que peu évolué depuis 2019, le pilote italien souffre particulièrement de son manque de vitesse de pointe, un déficit qui s'est révélé cruel lors des récentes courses au Mugello et à Barcelone.

Cinquième sur la grille de départ du Grand Prix de Catalogne, il n'était déjà plus que dixième à la fin du premier tour et 14e une boucle plus tard. La vitesse qu'il a pu exprimer en essais n'était plus qu'un lointain souvenir lorsqu'est venue l'heure de la confrontation directe avec des machines plus évoluées et plus puissantes qui ont mis en lumière les limites de sa propre moto. Finalement neuvième à l'arrivée, Morbidelli a pris les choses avec philosophie et une certaine résignation, admettant avec franchise son impuissance sans pour autant se laisser aller à la colère.

"Il me faut être content. Quand on manque autant de vitesse de pointe, qu'à chaque fois que l'on met les gaz dans les phases initiales de la course on n'est pas assez rapide pour pouvoir s'échapper ou exprimer assez de vitesse pour rouler seul, il est pratiquement impossible d'avoir l'ambition de se battre. Je dois donc m'estimer content de cette position, car à mon avis c'est le maximum que l'on pouvait faire", expliquait-il à l'issue de la course, après avoir affiché une pointe à 14,2 km/h de la meilleure du plateau.

"Mes sensations ont été similaires à ce qu'elles ont été pendant les essais. Le grip était clairement un peu moins bon et peut-être que j'en ai souffert un peu plus, mais simplement parce que je dois faire tout le boulot en virage. Je n'y vois donc rien de bizarre", a-t-il analysé. "Je pense avoir tiré le maximum du package. Si je regarde la course de l'année dernière, le temps est globalement le même, juste une seconde plus lent, donc je pense avoir tiré le maximum du package. Je ne pense pas que j’aurais pu faire plus sur cette course."

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Relégué trop loin des luttes pour les meilleures places, Franco Morbidelli n'a pas attiré les projecteurs à lui, si bien qu'il n'a pas été possible de voir comment il a rapidement rétrogradé, mais lui s'est montré très transparent sur les difficultés qu'il a rencontrées dans les premières minutes de la course.

"Quand vous avez aussi peu de puissance et que les autres peuvent exploiter un avantage sur vous, surtout dans les premiers tours, évidemment ils le font. J'ai perdu beaucoup de places à l'accélération. J'ai perdu six places en ligne droite, trois en une seule fois, puis deux dans un autre tour… J'ai perdu beaucoup de positions. C'est déconcertant de rétrograder autant en aussi peu de temps, mais je ne saurais pas comment faire autrement", a-t-il admis.

"Bien sûr, avant la course, j'espère qu'il va se passer quelque chose de fantastique parce que l'espoir fait vivre. Avoir de l'espoir et y croire, cela aide beaucoup avant la course. Alors on y croit, évidemment, on pense pouvoir bien faire ou en tout cas on l'espère. Mais en course, sur une piste comme celle-ci, on retrouve la réalité. Ceci dit, cette réalité n'est pas si mauvaise, parce qu'à mon avis un top 10 ça n'est pas mal du tout."

Loin de ses ambitions, Franco Morbidelli n'apparaît pas pour autant abattu et il assure qu'il n'est pas découragé avant les prochaines courses. "L'envie est toujours là. Je m'appuie sur l'envie que j'ai en tant que professionnel, donc j'ai envie de reprendre la piste au Sachsenring, de m'entraîner au maximum, de récupérer au maximum. Je n'ai pas l'intention de baisser les bras."

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