Gardner a encore beaucoup à apprendre mais s'attendait "à pire"

La vitesse en courbe, la gestion de la puissance en ligne droite et la communication avec l'équipe concentrent l'attention de Remy Gardner à l'issue du test de Jerez.

Gardner a encore beaucoup à apprendre mais s'attendait "à pire"
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Le test de Jerez a marqué la deuxième apparition de Remy Gardner en MotoGP, après un premier roulage sur la KTM à Misano au mois de septembre. Souffrant des côtes en raison d'un craquement ressenti le premier jour, à tel point qu'il a passé des radios de contrôle lundi, mais aussi d'ampoules après avoir tenu trop fermement le guidon, le nouveau pilote Tech3 est naturellement sorti usé mais néanmoins ravi de cette découverte.

"Ces deux journées ont été dures, physiquement aussi", a déclaré Gardner au site officiel du MotoGP. "J'ai essayé de découvrir la moto. Je me suis beaucoup amusé. Petit à petit, j'ai appris à comprendre la moto. On a pas mal progressé à chaque fois qu'on a mis un nouveau pneu. Les chronos n'étaient pas le principal objectif. Il fallait comprendre la moto, les pneus, l'anti-patinage, le contrôle du wheelie, l'électronique surtout. Et la puissance, le variateur de hauteur, les freins, tout le reste ! Beaucoup de choses à comprendre."

"Je me suis amusé et la situation était un peu plus sous contrôle à la fin. Je pense qu'on a aussi fait de bons chronos. J'ai pris du plaisir. Je ne suis pas à mon meilleur niveau avec ces côtes douloureuses [mais] j'ai fait plus de tours et j'ai compris la moto."

Gardner doit encore s'adapter au rythme très élevé des pilotes qui l'entourent, toutes ses références ayant volé en éclat. "Leur vitesse est assez effrayante", a reconnu le Champion du Moto2 devant les journalistes. "C'est vraiment fun, on ne s'en lasse pas. À chaque tour, on ouvre les gaz, on met toute la puissance, on passe la troisième, la quatrième, la cinquième, c'est assez fou. On arrive avec beaucoup plus de vitesse dans les virages. J'essaie encore de m'y habituer. Je suis sûr que ça viendra en quelques journées [en piste]."

Remy Gardner, KTM Tech3

La vitesse en courbe ne concentre pas toutes les difficultés de Gardner, qui doit également apprendre à gérer la puissance de la KTM : "Les lignes droites sont vraiment courtes ! Les trajectoires sont vraiment différentes, les points de freinages aussi. Tout est nouveau. Pour le moment, je ne suis pas beaucoup plus rapide que sur une Moto2 ! C'est très différent, il y a encore beaucoup à apprendre. Les lignes droites ne sont plus droites. On est un peu comme en zigzag pour empêcher la moto de partir en wheelie. C'est assez dur."

"Il faut essayer de conserver un peu plus d'angle en ligne droite, ça aide avec l'anti-wheelie", a détaillé l'Australien. "C'est probablement pour ça qu'on voit les pilotes faire des zigzags en ligne droite."

Gardner doit apprendre à communiquer avec son équipe

Comme son coéquipier Raúl Fernández, Gardner n'était pas assez relâché sur la KTM, d'autant plus après l'incident du premier jour. Il doit encore s'adapter à une moto deux fois plus puissante que celle dont il disposait ces dernières saisons mais cette phase d'apprentissage est naturelle : "C'est un début timide, mais comme pour tous les rookies sur une MotoGP. On découvre la puissance, les réglages, le holeshot device, etc."

"C'est une machine différente [mais] concernant le châssis et les suspensions, ça reste une moto. Ce n'est pas mauvais. j'étais assez à l'aise, même si c'est assez rigide et que mon pilotage n'était pas incroyable. J'ai senti que la moto faisait ce qu'elle devait faire. Ça sera plus dur en étant plus rapide. La moto n'est pas mauvaise. Il faut peut-être l'améliorer mais je m'attendais à pire donc je suis assez content de ce que j'ai vu."

En plus des changements à apporter à son pilotage et de la découverte du maniement des différentes solutions techniques, Gardner sent qu'il doit apprendre à "mener l'équipe dans la bonne direction" et à poser les mots sur ses sensations : "Pour le moment, c'est dur de décrire les choses et de les aider à les décrypter."

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