Goubert : ce qui compte pour Michelin, c'est "la durée de la course"

Pour Nicolas Goubert, l'enjeu pour le Bibendum est de démontrer que ses produits peuvent se montrer performants sur toute la durée d'un Grand Prix, et pas seulement sur un tour lancé.

La fin de la saison 2017 a refermé le deuxième chapitre du retour de Michelin en MotoGP, revenu en qualité de fournisseur unique de pneumatiques l'an dernier. Et autant dire qu'après une première saison où il a bien fallu que le Bibendum reprenne ses marques dans la catégorie reine après sept années d'absence, le dernier exercice a sonné l'heure de la confirmation.

Et de quelle manière, puisque le cru 2017, l'un des plus serrés observés à ce jour, a dû son suspense en bonne partie à la nouvelle réglementation en vigueur, avec la fourniture de trois spécifications de pneus slicks à l'avant et à l'arrière. De quoi permettre à l'ensemble des équipes de trouver leur bonheur, et favoriser un rapprochement des performances entre les différentes forces en présence.

En termes de pure vélocité, le dernier millésime aura cependant été moins fructueux que le précédent, seul un nouveau record de la piste ayant été établi, à Silverstone, contre six en 2016. Un fait qui n'inquiète ni ne surprend le directeur technique de Michelin, Nicolas Goubert, qui rejoindra l'an prochain le championnat de motos électriques, le FIM Moto-e World Cup.

"L'an dernier, nous avons battu plusieurs records de pole positions et de durées de course", rappelle ainsi le Français. "Mais la durée d'une course est bien plus importante que le temps d'une pole à nos yeux, car honnêtement battre un record de pole position, ce n'est pas si difficile. Si nous avions voulu faire cela sur toutes les pistes, à supposer que la météo aurait été avec nous, il aurait été possible d'élaborer un pneu juste pour un tour."

Il est vrai que la philosophie de Michelin tend davantage à mettre en exergue la qualité et la longévité de ses produits plutôt que la vitesse pure sur un tour. Aussi, le manufacturier clermontois a servi comme objectif cette année de faire en sorte que l'intégralité de sa gamme puisse être à la fois utilisée en qualifications, mais aussi en course.

Avec une saison de recul, force est de constater que le but a été atteint, certains pilotes tel Johann Zarco ayant adopté la tactique du pneu le plus tendre durant la majeure partie de l'année  – même si ce dernier a davantage varié ses choix en fin d'exercice, recourant également au composé medium. "Nous avons voulu faire en sorte que même le pneu tendre puisse être à la fois utilisé en qualifications mais aussi en course", reprend Goubert. "Ce qui est le plus important, c'est donc la durée de la course."

Des progrès encore possibles sur certaines pistes

Néanmoins, chez Michelin on est conscients de la nécessité de trouver des gains de compétitivité sur certains circuits, notamment sur ceux que la marque a découverts en 2016, et qui ne figuraient pas au calendrier lors de la guerre des pneus face à Bridgestone à la fin des années 2000.

"Pour moi, il y a deux endroits où nous devons réellement progresser : l'Argentine et les Etats-Unis", lance le directeur technique de Michelin. "Ce sont deux endroits que nous ne connaissions pas avant notre retour. Nous avons d'ailleurs été en grande difficulté l'an passé en Argentine, et je pense que nous avons été bien mieux cette année, mais nous avons encore une bonne marge de progression, car ce sont des endroits où nous ne faisons aucun test. J'espère donc que nous serons capables de battre les records l'an prochain."

Si le manque d'informations sur les deux tracés précités a pu s'avérer préjudiciable dans la recherche de la performance du Bibendum, d'autres facteurs externes ont aussi joué sur l'impossibilité pour Michelin de battre d'autres records cette saison, à savoir l'état de certaines pistes, et la mauvaise météo qui a poursuivi le MotoGP une bonne partie de l'année !

"Il y a d'autres endroits où nous avons été en difficulté", reconnaît-il. "C'est Jerez et Barcelone. Mais honnêtement l'état de la piste a joué vraiment un grand rôle, et l'an prochain elles seront resurfacées, donc ce sera un défi différent. Enfin, il y a des endroits où nous avons eu de la pluie lors des deux dernières années."

Il n'en demeure pas moins qu'après une première année, et surtout des premières courses en 2016 où Michelin a quelque peu tâtonné, le manufacturier auvergnat fait dorénavant clairement l'unanimité. "La plus grande satisfaction a été que plusieurs équipes, sur la même période, nous ont demandé de ne pas modifier la gamme pour l'an prochain, en 2018", termine Goubert, qui pourra très certainement quitter la maison après 28 ans de services avec le sentiment du travail accompli.

Ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard si Michelin a d'ailleurs été reconduit par la Dorna en tant que fournisseur officiel de la discipline jusqu'en 2023 inclus

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Séries MotoGP
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