Poncharal prend du recul et nomme un team manager chez Tech3
Hervé Poncharal confie un rôle de team manager à Nicolas Goyon, jusqu'ici chef mécanicien. Une façon de lever un petit peu le pied, mais sans pour autant montrer de volonté de quitter le paddock.
Le premier test de l'intersaison, qui marquait l'entrée officielle dans 2023, a vu certains changements d'importance s'opérer dans le stand du team Tech3. Les plus visibles sont évidemment les couleurs de l'équipe, qui partage désormais son nom officiel avec GasGas, et son changement de line-up avec le retour de Pol Espargaró et l'arrivée d'Augusto Fernández, seul pilote à faire ses débuts dans la catégorie l'année prochaine. Mais un autre changement a pris forme, cette fois au niveau de l'organisation de la formation française.
Hervé Poncharal a en effet nommé Nicolas Goyon, jusqu'ici chef mécanicien, au poste de team manager. Le but, qu'il devienne son bras droit, apte à le seconder dans les affaires courantes et à se substituer à lui lorsqu'en qualité de directeur de Tech3 mais aussi de président de l'IRTA (l'association des équipes), il doit être présent sur d'autres fronts.
"Quand Pol Espargaró nous a rejoints, il a vraiment poussé pour avoir Paul Trevathan à ses côtés, ce que je comprends parfaitement et ce que j'ai soutenu dès le premier jour. Mais j'avais alors trois chefs mécaniciens pour deux pilotes, et c'était un peu trop", explique Hervé Poncharal auprès du site officiel du MotoGP.
"Il y a quelque chose auquel je pensais depuis pas mal de temps, mais que je n'avais jamais osé [mettre en place]. Je fonctionne à l'ancienne, j'ai été habitué à tout faire. [...] Or, on ne veut jamais rien céder, on veut toujours tout contrôler. C'est mon style, à l'ancienne. Mais quand j'ai vu cela, j'ai compris qu'il fallait peut-être commencer à avancer. On voit que Pit Beirer a Francesco Guidotti, Lin Jarvis a Maio Meregalli, etc. Il me faut quelqu'un. Parfois, je suis en réunion avec un sponsor, Carmelo [Ezpeleta] ou l'IRTA, et je ne suis donc pas au stand. [...] Je me suis dit qu'il manquait quelque chose, parce que je ne peux pas être partout. C'était le moment parfait pour cela."
Nicolas Goyon avec Raúl Fernández
"Il est prêt", assure Hervé Poncharal au sujet de son acolyte, ingénieur de formation et arrivé dans l'équipe il y a vingt ans. "Il a travaillé avec Aprilia pour finir son cursus universitaire, puis il a travaillé avec nous en charge des données pendant de nombreuses années, avec Ben Spies, Cal Crutchlow, Jonas Folger. Ensuite, il a été chef mécanicien à partir du moment où Pol Espargaró nous a rejoints en 2014", rappelle-t-il, alors que Nicolas Goyon était encore chef mécanicien de Raúl Fernández cette année. "Il a le profil parfait", assure le patron. "Il m'a beaucoup aidé. Il passe 12 mois par an avec moi au bureau et il s'est déjà occupé de la logistique, de beaucoup, beaucoup de choses."
Pas encore question de retraite
Hervé Poncharal, qui l'an dernier déjà, évoquait le besoin de penser à une évolution de la gestion de son équipe, fait donc un premier pas vers la suite en laissant le soin à Nicolas Goyon de prendre en charge une partie de ses tâches, mais pas question pour autant de se désengager de façon plus marquée de Tech3. Il entend rester le maître à bord, lui qui a toujours été seul décisionnaire du sort de son équipe et qui exprime un grand sens de la responsabilité par rapport à ses employés.
"Je me vois toujours comme un adolescent, mais d'un autre côté je me vois aussi un peu comme le pater familias", explique-t-il à Motorsport.com. "J'ai un groupe de 40-45 personnes entre le Moto3, le MotoE et le MotoGP, ainsi que l'hospitality, et pour la plupart ils sont hyper jeunes. Quelque part, je suis heureux de leur donner du boulot, un boulot qu'ils adorent. Quand tu rencontres des jeunes qui ont envie et que tu sais que tu es la seule possibilité pour eux d'entrer dans le Championnat du monde et dans ce paddock mythique dont ils ont rêvé, tu as envie de continuer à pouvoir le leur donner, et ça, ça me plaît énormément."
"J'ai 65 ans, j'en aurai 66 au mois d'avril prochain", ajoute Hervé Poncharal, conscient du temps qui passe autant que des plaisirs de la vie qu'il lui reste à explorer en dehors des Grands Prix. "Évidemment qu'il y a une dualité dans chaque individu", concède-t-il, tenté par un rythme de vie moins soutenu − "Depuis 1985, je n'ai jamais manqué un Grand Prix, je suis de loin le recordman, donc peut-être que l'année prochaine, je m'accorderai d'en manquer un ou deux" − mais pas suffisamment pour que la retraite soit autre chose qu'un gros mot pour le moment.
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