Opinion

Comment Honda est passé de l'espoir au doute

Impressionnante lors des tests de pré-saison, la Honda pose plusieurs difficultés à ses pilotes et semble avoir perdu le niveau d'adhérence à l'arrière qui faisait sa force.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

L'ambiance a rapidement changé chez Honda. L'optimisme affiché après les tests de pré-saison a laissé place à de nouveaux doutes, le Grand Prix du Portugal n'ayant fait que refléter les difficultés actuelles de la marque japonaise. Dans cette course survolée par Fabio Quartararo, le premier pilote Honda à l'arrivée était Marc Márquez, à 16"163 du Français. Le sextuple Champion du MotoGP s'est battu avec deux autres représentants de la marque, d'abord Pol Espargaró, finalement neuvième, puis son frère Álex Márquez, septième sous le drapeau à damier.

La Honda a profondément évolué cette année, dans une quête du grip arrière qui faisait défaut au constructeur, et la moto a ainsi perdu ses caractéristiques, ce qui a particulièrement gêné Marc Márquez, à la peine pour exploiter le pilotage sur l'avant qui lui a tant réussi entre 2013 et 2021. "Depuis la pré-saison, je ne me sens pas bien", confiait l'Espagnol après l'arrivé à Portimão. "C'est vrai que certains pilotes Honda ont dit que c'était une moto géniale, mais je leur avais dit de faire attention, car pendant la pré-saison on a des pistes très gommées et ensuite on a des conditions différentes pour les courses."

Même s'il ne les nomme pas, les "certains pilotes" auxquels Márquez fait référence désignent surtout Pol Espargaró. La prudence du #93 a tranché avec l'enthousiasme de son coéquipier, qui se sentait enfin capable d'employer son pilotage basé sur l'utilisation du frein arrière, ce pour quoi l'adhérence est indispensable. Le cadet des frères Espargaró était très performant lors des tests de Sepang et de Mandalika, et il a confirmé les promesses à Losail, en menant la plus grande partie de la course pour finalement prendre la troisième place après une erreur.

La dynamique d'est enrayée à Mandalika, deux semaines plus tard, où Honda n'a pas retrouvé le niveau vu quelques semaines plus tôt à l'occasion du dernier test de pré-saison. Mais ce manque de performance semblait ponctuel puisque Michelin avait apporté une carcasse spéciale pour cette course, que la marque a eu du mal à exploiter. Toujours est-il que le grip arrière a totalement disparu, au point de provoquer quatre chutes pour Márquez. La dernière, au cours du warm-up, l'a mis sur la touche pour la course et pour le rendez-vous suivant en Argentine.

Pol Espargaró à Termas de Río Hondo.

Pol Espargaró à Termas de Río Hondo.

Sans son pilote star, Honda a vécu une nouvelle course difficile à Termas de Río Hondo et Espargaró a chuté alors qu'il était quatrième et tentait de rester au contact d'Álex Rins. Une semaine plus tard, à Austin, Márquez a réussi son retour, malgré un souci au départ qui l'a probablement privé d'un très bon résultat, tandis que son coéquipier, malade, n'a pas pu faire mieux que 13e. Lors de la visite à Portimão, le manque de roulage sur piste sèche a posé problème à l'ensemble du plateau, mais Honda a visiblement rencontré plus de difficultés que les autres marques.

"Quand les conditions sont complètement sèches et qu'il faut attaquer au maximum, c'est là qu'on commence à souffrir", a résumé Álex Márquez. "Jusque-là, la moto accepte tout ce qu'on lui demande parce que sur le mouillé, on attaque beaucoup moins, et en conditions mixtes on peut faire la différence. Il nous manque encore quelque chose. Au final c'est exactement la même moto qu'en début de saison et on doit essayer des choses à Jerez pour voir la direction, sinon on va beaucoup souffrir sur certains circuits, surtout ceux où on tourne beaucoup avec des virages à vitesse moyenne et élevée."

Son frère a également souffert sur une moto qu'il peine encore à appréhender. "Je n'ai été à l'aise à aucun moment du week-end, pas même le samedi, avec la piste à moitié humide et à moitié sèche, des conditions dans lesquelles je fais le plus la différence normalement", a expliqué Marc Márquez. Quant au grip à l'arrière, il n'est tout simplement "plus là" selon Pol Espargaró, qui assure ne pas avoir été le seul à avoir été enchanté au cours des tests de pré-saison.

"Marc avait l'ancienne moto en Malaisie et il est passé sur la nouvelle [en Indonésie], et pour lui elle était bien meilleure, bien plus rapide. Il a aussi choisi cette moto parce qu'elle était très rapide et avait beaucoup de grip. Si ce n'est de petits problèmes à l'avant, parce qu'on générait beaucoup d'adhérence [à l'arrière], le reste allait, c'était très bon."

Après cinq courses disputées, Honda ne semble pourtant pas dans une meilleure situation qu'il y a un an. Au Grand Prix du Portugal, le déficit de Márquez sur le vainqueur était trois secondes plus important que lors de la même épreuve en 2021, où il faisait pourtant un retour prudent à la compétition, neuf mois après sa fracture du bras.

Les prochains jours pourraient être décisifs pour Honda puisque le Grand Prix d'Espagne sera suivi d'un test lundi, une rare occasion pour les pilotes titulaires d'évaluer avec attention les forces et les faiblesses de leur moto.

Avec Léna Buffa et Charlotte Guerdoux

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