De l'importance d'être constant en MotoGP

La saison 2017 a plus que jamais mis en valeur la nécessité pour les pilotes d'être réguliers pour viser de bons résultats sur le long terme.

De l'importance d'être constant en MotoGP
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Marc Marquez, Repsol Honda Team
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Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3

L'écart entre Marc Márquez et Andrea Dovizioso à l'issue de la saison 2017 est trompeur, car les 37 points qui les ont séparés au terme du Grand Prix de Valence ne reflètent pas l'âpre lutte que se sont livrée les deux hommes tout au long de l'année. 

En effet, le Champion du monde 2017 a dû attendre la mi-saison avant de s'emparer des rênes du championnat, à une période où pas moins de cinq pilotes pouvaient encore prétendre au sacre, et se tenaient en 26 points, soit à peine plus d'une victoire sur le plan comptable.

L'un des championnats les plus serrés

Un scénario haletant, et un cru 2017 du MotoGP qui fera date comme faisant partie des championnats les plus disputés jusqu'ici. Pour beaucoup, cet état de fait renvoie aux ajustements de règlements, notamment en matière d'électronique, opérés ces deux dernières années, mais aussi à l'arrivée de Michelin en qualité de fournisseur unique de pneumatiques de la catégorie reine.

"Je pense que cette année en particulier, tout le monde a été très proche, et les équipes privées sont très proches des équipes d'usine", remarquait ainsi Andrea Dovizioso en fin de saison. "Cela a été très intéressant durant tout ce championnat. Mais ces deux dernières années, depuis que les règles de l'électronique ont changé, et depuis que Michelin est arrivé, je pense que la situation est plus stable, en particulier pour les pilotes."

La fourniture de trois spécifications de pneus slicks à l'avant et à l'arrière a également contribué à un meilleur spectacle, en recentrant la stratégie au cœur de la course, tout en augmentant le risque d'erreur par les équipes dans leur analyse de la meilleure solution pneumatique à privilégier en fonction des tracés visités. 

Un paramètre qui a mené à des hauts des bas pour l'intégralité du plateau. "Je pense que c'est mieux pour tout le monde, et je crois que cette année nous avons eu plus de difficultés sur certains tracés, moins sur d'autres", indiquait Iannone, qui a de son côté eu plus que sa part de pain noir en 2017. "Je pense que tout le monde vit plus ou moins la même chose. En Australie par exemple, Ducati a eu une course désastreuse, et Honda une très bonne. Sur certaines pistes, Yamaha est en difficulté, sur d'autres moins. Tout dépend, mais je pense que c'est intéressant."

Il n'y a qu'à passer en revue la trajectoire de la plupart des équipes pour s'en convaincre : les résultats de tout un chacun ont été en dents de scie. Ainsi, si Yamaha a semblé sans rival en tout début de saison, engrangeant pas moins de quatre succès lors des huit premières courses, la marque aux trois diapasons a déchanté lors de la seconde partie de saison. Pour Ducati, ce fut l'inverse : après cinq premières courses discrètes, les troupes de Bologne ont connu une soudaine hausse de performance à partir du Mugello. Seul Honda a été plus ou moins régulier tout au long de la saison, bien que n'affichant que deux succès à mi-championnat. 

Pour Márquez, qui s'était déjà distingué en 2016 par sa capacité à extraire le meilleur de toute situation, la régularité a plus que jamais été la clé. "Bien sûr, c'est très difficile", concède-t-il. "C'est surtout difficile d'être constant. Je me souviens que quand je suis arrivé en MotoGP, en 2013, une mauvaise journée, c'était la quatrième place. Aujourd'hui, une mauvaise journée ce serait plutôt la neuvième, la dixième ou la 11e place. Mais j'aime bien ça, et cela rend le tout plus intéressant. Vous avez besoin de beaucoup attaquer. C'est pour ça qu'à la trêve estivale, nous nous sommes retrouvés à cinq pilotes en 28 points [sic], et c'était incroyable."

La régularité prime sur la rapidité

Des propos corroborés par Johann Zarco, qui a été impressionné par le delta de performance entre une Moto2 et une MotoGP. "Ce que j'ai pu découvrir cette année, en comparaison avec le Moto2, c'est le potentiel de la moto et des pneus", expliquait le Rookie de l'année. "Vous pouvez attaquer avec la moto et faire des choses en virage que vous ne pouvez pas faire en Moto2 sinon vous chutez."

Cependant, le Français ajoute que sans un pilote talentueux capable de prendre la mesure des prototypes présents dans la catégorie reine, une constance dans les résultats serait impossible. "C'est toute l'intensité du MotoGP : la moto a beaucoup de potentiel, mais les pilotes sont aussi capables de l'exploiter."

Pour le pilote Tech3, la différence entre les pilotes en MotoGP ne se fonde pas essentiellement sur la pointe de vitesse, mais plutôt sur la capacité de ces derniers à s'adapter à l'évolution de leur machine en fonction des circonstances. "Vous sentez que vous pouvez faire beaucoup de choses avec la moto, mais ensuite vos pneus s'usent, et vous ne pouvez plus faire cela, où alors il faut s'y prendre autrement. C'est la difficulté en MotoGP : de nombreux pilotes peuvent être rapides, mais il faut vraiment s'adapter. Pas à chaque tour, mais il y a beaucoup de situations différentes. Pour certains pilotes avec lesquels je bataille cette année, c'est comme s'ils avaient un ordinateur dans la tête. Ils ressentent tout, et ils savent quoi faire au bon moment."

Une chose est sûre : avec les progrès de Zarco ou bien encore de Jorge Lorenzo, le millésime 2018 promet d'être encore très disputé, et donc de mettre encore à l'honneur les pilotes les plus réguliers. 

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