Dovizioso : "Márquez a des ennuis et essaie de les résoudre"

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Dovizioso :
Oriol Puigdemont
Par : Oriol Puigdemont
12 nov. 2018 à 13:01

Dans cette interview accordée à Motorsport.com, Andrea Dovizioso reconnaît sans détour la place qu'il accorde au motocross et à sa fille. Quant au MotoGP, il évoque les progrès accomplis chez Ducati et l'influence de Jorge Lorenzo et Marc Márquez sur ses performances.

Es-tu d'accord si l'on dit que la Ducati est la moto qui s'est le plus améliorée au cours de la saison ?

Je suis d'accord de dire que nous avons progressé plus que les autres, mais en ce qui concerne le package entre le pilote et la moto. Nous avons beaucoup progressé à partir de Brno, cependant techniquement il n'y a eu aucun changement. Nous avons grandi, mais en exploitant plus la moto que nous avions, pas grâce à une pièce en particulier. De l'extérieur, quand quelqu'un progresse on a l'impression que c'est dû au fait que l'usine a introduit une nouvelle pièce, mais en ce qui nous concerne ça n'est pas le cas. Il y a beaucoup d'éléments qui jouent un rôle dans la performance globale, et s'ils sont bien gérés il est possible de beaucoup progresser sans avoir changé une seule pièce.

Est-il possible d'accélérer cette progression pour qu'elle se produise dès le début de la saison ?

L'année dernière, nous avons joué le titre jusqu'à la dernière course, mais nous avons été très rapides sur certains circuits et très lents sur d'autres. Nous n'avions pas la stabilité que nous avons à présent. La règle sur les ailerons venait de changer et nous ne savions pas clairement comment nous y adapter. Et par ailleurs les pneus ont beaucoup changé eux aussi. Ces deux choses-là ont créé un peu de confusion jusqu'à Assen. C'est ce qui a fait la différence et qui ne se reproduira sûrement pas en 2019, car nous aurons une base très solide. Même si nous sommes plus loin de Marc que la saison passée, nous sommes bien mieux qu'en 2017 et cela a été très clair à Phillip Island.

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Le Márquez de cette année est-il le meilleur que tu aies vu ?

Marc est arrivé en MotoGP avec beaucoup de points forts, mais ce qui l'a le plus poussé a toujours été son désir de progresser. Il est en constante évolution. Il a remporté sept titres, cinq en MotoGP, mais il aime continuer à apprendre. De ce que je vois quand il est chez lui, quand il s'entraîne en flat track, en motocross et autres, il aime beaucoup cela. Ce goût pour le progrès est la clé qui lui a permis de beaucoup gagner.

Andrea Dovizioso, Ducati Team, Marc Marquez, Repsol Honda Team

Quel est le niveau de priorité que tu donnes à ton statut de pilote MotoGP dans ta vie ?

Quand on court en MotoGP, tout doit tourner autour de cela, il n'est pas possible qu'il en soit autrement. De nos jours, être pilote demande beaucoup d'investissement. C'est mon métier. Mais quand je suis à la maison et que j'ai fait ce qu'exige mon travail, ma vie tourne autour du motocross. Si je vais sur Internet, c'est pour m'informer sur le motocross. Quand je regarde ou que je télécharge une course par plaisir, c'est du motocross. Chez moi, le MotoGP ne m'intéresse pas. Quand je suis chez moi, je m'isole avec ma fille, mes amis et le motocross. Ça, c'est ma passion.

Peux-tu définir avec un adjectif ces deux années que tu as partagées avec Jorge Lorenzo ?

Intéressantes.

Quelle influence a-t-il eue sur toi ?

La première saison a été telle que je m'y attendais : Jorge a renforcé ma position chez Ducati, parce qu'il a confirmé mes directives, et cela a été très positif. Chaque pilote est à part et Jorge l'est lui aussi. C'est quelqu'un de très étrange. Il a ses qualités et ses défauts, comme tout le monde. Cette année, ça n'a pas été facile, parce que quand il a commencé à être rapide, l'ambiance dans le box s'est tendue. C'est normal que cela arrive quand vous avez deux pilotes qui peuvent jouer la victoire. La situation dans le box se complique donc. La rivalité est grande et perdre contre Márquez, ce n'est pas la même chose que perdre contre Lorenzo. Beaucoup de personnes travaillent pour nous deux et ce que l'on fait a un impact sur eux.

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As-tu appris quelque chose de lui ?

Quand vous avez à vos côtés un champion, ce qu'il y a de positif c'est que, quand il est rapide, c'est qu'il fait quelque chose de spécial. Ça arrive avec Jorge, Marc, Valentino, Maverick, moi… Chacun a sa propre façon d'aller vite et cela signifie que même si vous signez le même temps, vous y arrivez de façon différente, vous pouvez donc analyser ce qu'il fait et apprendre des choses.

Penses-tu que le passage de Lorenzo chez Honda va augmenter la perception des responsabilités qui sont les tiennes chez Ducati ?

Quand j'ai commencé cette saison, l'objectif était de gagner le championnat, indépendamment du fait que Jorge était de l'autre côté du box. L'année prochain, rien ne changera.

Huit des dix courses ayant connu le plus faible écart entre le vainqueur et le dixième correspondent à des Grands Prix de 2017 et 2018. À quoi cela est-il dû ?

Aux pneus Michelin. En partie aussi à l'électronique, mais surtout à Michelin.

Cela signifie que le pilote a de moins en moins d'influence ?

Je vois les choses dans l'autre sens : chaque fois, on a plus d'influence dans ce qui se passe. L'objectif est de gagner la course, pas de le faire avec le plus gros écart possible. Il ne faut pas prendre de risques quand on n'en a pas besoin. Gagner avec cinq secondes d'avance et ou avec une demi-minute, c'est la même chose. Le règlement change, et avec les pneus Bridgestone on pouvait faire des courses d'une manière qu'aujourd'hui Michelin ne permet pas. Michelin oblige à gérer certains aspects que l'on n'avait pas besoin de prendre en compte avec Bridgestone.

Podium : le vainqueur Andrea Dovizioso, Ducati Team, le deuxième, Jorge Lorenzo, Ducati Team

En Thaïlande, tu as signé ton cinquième podium consécutif avant de tomber au Japon, alors que tu te battais pour la victoire face à Márquez. Est-ce que tu traverses ta meilleure période ?

Si l'on parle de la paire Dovizioso-Ducati, oui.

Márquez et toi avez eu des bagarres très intenses, mais vous avez toujours affiché un grand respect mutuel. Au cours de l'année qui vient de s'écouler, considères-tu que le niveau de risques à prendre face à lui a augmenté ?

Avec Marc, il peut toujours se passer quelque chose, parce qu'il arrive à gérer des situations qui sont très à la limite. Très souvent, il a des soucis et essaie de les résoudre et tout dépend de ce que fait l'autre pilote. Mais il pilote comme ça, il faut donc essayer de comprendre ce qu'il veut faire et essayer de réagir en conséquence.

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Auteur Oriol Puigdemont