Interview Michelin - Vers le MotoGP "de façon modeste et humble" (2/2)

Suite de l'interview de Pascal Couasnon, Directeur de la compétition chez Michelin, pour Motorsport.com.

C'est l'occasion de s'intéresser aux prochains rendez-vous du manufacturier avec le MotoGP, à commencer par une séance d'essais organisée les 21 et 22 décembre à Jerez, avec les pilotes essayeurs Honda, Ducati et Aprilia. Les titulaires, eux, retrouveront la piste le 1er février à Sepang, un mois et demi avant la reprise de la compétition dans les conditions très singulières - et potentiellement très piégeuses - de Losail.

Une dernière séance d'essais aura encore lieu avant les fêtes. Est-ce Michelin qui a suggéré aux équipes d'y prendre part?

"Non, ce sont eux qui décident. Quand il y a des séances, les différents teams décident s'ils veulent participer ou pas. Ce qu'il faut bien comprendre c'est qu'aujourd'hui les séances ne sont pas à 100% sur les pneus. C'est parfois un petit peu délicat : tout le monde travaille très fort, mais je parle beaucoup de l'électronique parce que je crois que c'est quelque chose de très, très important, ce ne sera vraiment pas négligeable dans ce qui va se passer l'année prochaine. Chaque équipe travaille aussi pour s'habituer et comprendre les nouveaux paramètres de cette électronique, c'est donc un ensemble."

Est-ce que vous échangez directement avec Magneti Marelli pour essayer de faciliter cette osmose?

"Non, l'intégrateur c'est quand même le team. Quand il y a des choix à faire - demander 80% à l'électronique et 20% aux pneus ou vice-versa pour régler tel problème – nous leur faisons confiance et nous les laissons. C'est la mission des équipes de voir, dans ce puzzle très complet et très complexe, comment régler les différents paramètres pour obtenir la meilleure performance possible."

Qu'attendez-vous de l'apport de Casey Stoner en tant que pilote essayeur Ducati? Pensez-vous qu'il peut apporter un regard différent sur ce travail-là?

"Les grands pilotes sont toujours importants. En moto, pour avoir un feedback sur la performance du pneu, on a besoin de pilotes qui vont vraiment le plus vite possible. La caractéristique complète du pneu va être vue dans les derniers dixièmes ou centièmes. Avoir un pilote de la qualité de Casey, c'est toujours intéressant parce que cela nous donne un feedback de plus."

Vous attendez-vous à ce que tous ces problèmes soient en grande partie réglés d'ici au premier Grand Prix?

"A chaque changement de manufacturier, cela ne se fait pas d'un claquement de doigts. Et chaque piste est aussi très différente : il y a les pistes que nous connaissons, d'autres que nous connaissons moins bien. Nous y allons donc de façon modeste et humble. Je pense que tout le monde devra continuer à apprendre. Je suis résolument optimiste, mais la première saison sera intéressante et pleine de challenges, il ne faut pas se voiler la face. Cela viendra au fur et à mesure, mais il va falloir découvrir. C'est ça aussi la beauté de la moto : chaque piste va nous donner un challenge différent et il faudra l'aborder tous ensemble."

C'est d'autant plus vrai que ce premier Grand Prix se déroulera au Qatar, de nuit, dans des conditions uniques qui obligent à gérer des températures basses.

"Il y aura des températures différentes, il y a d'autres circuits qui ont été resurfacés. Il y a des circuits que nous connaissons bien, des circuits que nous connaissons moins bien. Il y a des circuits où vous êtes en général mieux que sur d'autres. Chaque circuit aura son paramètre."

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Séries MotoGP
Type d'article Interview
Tags michelin, pascal couasnon