Interview Poncharal - "On est dans les clous, mais 1s au tour c'est trop"

Interview Poncharal - "On est dans les clous, mais 1s au tour c'est trop"
Bradley Smith, Monster Yamaha Tech 3
Pol Espargaro, Monster Yamaha Tech 3
Ricard Cardus, Tech 3
Marcel Schrötter, Tech 3

Dans ce Grand Prix de France qui se déroule sur un tracé du Bugatti situé près de la bonne ville du Mans, Hervé Poncharal n'est plus seulement le patron du team Tech3. Il n'est même plus uniquement le premier représentant des équipes du plateau MotoGP réunies sous la bannière de l'association IRTA. Non, dans la Sarthe, il a une casquette supplémentaire à porter. Celle du régional de l'étape.

Mieux, ses motos Yamaha revêtissent la même robe que celle qui habille l'événement tout entier. Il est donc l'incontournable de ce cinquième rendez-vous du calendrier et Motosport.com ne pouvait donc qu'aller le rencontrer pour le sonder sur ses ambitions ce dimanche et sur ses pilotes. Autant de questions qui ont révélé que sous le Français sommeille souvent un Gaulois.

Ainsi, avant d'afficher ses intentions sur le sol national, le tricolore a passé en revue ses troupes. Bon père de famille, il aime ses enfants et ses pilotes sont considérés comme tels. Mais dans un milieu où chaque détail compte et où la moindre seconde se paie cher, ce ne sont pas des chérubins gâtés, préservés des rigueurs de la vie. Hervé Poncharal entend les explications mais écarte les excuses et s'il aime bien, il châtie tout autant avec la même ferveur.

Un vert pâle pour le MotoGP

Avec le statut d'un team satellite Yamaha aux airs d'incubateur pour futur champion à transmettre à l'usine dès que la chrysalide est devenue papillon, le team Tech3 compte dans ses rangs Pol Espargaro et Bradley Smith. Le dernier cité est un pilote lié par contrat à l'écurie alors que le premier a le statut de pilote officiel d'Iwata qui doit faire son travail chez Tech3. Le Britannique qui en est à sa troisième campagne, est actuellement septième du Championnat avec trente-six points, alors que l'Espagnol, qui commence sa deuxième année à ce niveau, est classé neuvième avec vingt-six unités.

Pas mal, même si le duo est devancé par un Cal Crutchlow, ancien de Tech3, actuellement premier pilote d'une structure satellite, sixième au général provisoire avec quarante-sept points. Mais Hervé Poncharal a une autre unité de valeur. Implacable car elle ne s'arrête pas aux apparences d'un simple classement. Cette base, c'est tout simplement le froid chronomètre :

"Actuellement, je dirais que mes pilotes font le job, ils remplissent la mission. Le niveau est très élevé cette année, si bien que le cours du podium a sacrément augmenté. Cependant, ils roulent avec la M1 qui était celle de Valentino Rossi et Jorge Lorenzo au dernier Grand Prix 2014 à Valence."

S'il y a un Français très motivé, nous sommes preneurs. En Moto2, nous avons encore plus besoin d'un pilote performant et motivé

Hervé Poncharal

"Moi, je regarde les écarts. Lors du dernier Grand Prix à Jerez, Pol Espargaro termine cinquième, certes, mais à vingt-six secondes du vainqueur Jorge Lorenzo qui a aussi une Yamaha. Alors certes, on est dans les clous, on n'est pas dans le rouge. On est dans le vert, mais c'est un vert pâle. Parce que pratiquement une seconde au tour, c'est trop."

Voilà qui est dit. Et pour ce dimanche, un objectif? "Le Grand Prix de France est particulier pour nous. Un top 5 ce serait bien. Et quand je dis top 5, ça veut dire cinquième, quatrième ou troisième, second ou premier! Pour ça, il faut se qualifier au minimum sur la troisième ligne pour bien passer le premier enchaînement, éviter les coups et prendre le rythme des meilleurs." Voici la feuille de route donnée.

Carton rouge en Moto2

Si le vert pâle est mis en MotoGP, c'est en revanche bien le carton rouge qui est brandi en Moto2. "C'est très décevant" lâche simplement Hervé Poncharal. "Notre Mistral 610 est aussi capable que n'importe quelle Kalex que la majorité des pilotes réclame. Pourtant, une SpeedUp a gagné cette année et on disait l'année dernière que c'était la pire des machines du plateau. C'est particulier le Moto2 et le pilote y fait beaucoup." Marcel Schrötter et Ricard Cardus savent donc ce qu'il reste à faire. Moins penser et mieux tourner la poignée.

Et pourquoi pas un Français? Mike Di Meglio et Louis Rossi sont déjà passés par Tech3, sans y réussir. Mais une autre génération pointe à l'horizon : "J'ai surtout besoin d'un pilote qui a la capacité à faire des performances" insiste le tricolore. "S'il y a un Français très motivé, nous sommes preneurs. En Moto2, nous avons encore plus besoin d'un pilote performant et motivé. Mais c'est surtout la capacité du bonhomme que je regarde avant son passeport." On vous le disait, qui aime bien, châtie bien...

 

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