Troublé par les commentaires, Miller s'est coupé des réseaux sociaux

Reconnaissant être perturbé par les attentes placées en lui mais aussi par les critiques, Jack Miller a décidé de ne pas consulter les réseaux sociaux après les deux courses disputées au Qatar. Le pilote Ducati veut se relancer à Portimão, où son bras ne l'a pas gêné vendredi.

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Les deux courses de Losail ne se sont pas déroulées comme Jack Miller l'espérait. Présenté comme le grand favori après avoir réalisé le meilleur temps des tests de pré-saison sur le même circuit, celui qui a rejoint le team Ducati factory cette année n'a finalement décroché que deux neuvièmes places, à chaque fois après avoir perdu des positions en fin de course.

Un souci avec son pneu arrière, qu'il n'a pas voulu détailler, lui a fait perdre du temps au Grand Prix du Qatar, tandis que c'est un arm-pump, pour lequel il a été opéré, qui a posé problème au Grand Prix de Doha. À ces problèmes s'est ajoutée la polémique de son contact avec Joan Mir, pour lequel il n'a cependant pas reçu de sanction.

Miller estime que les espoirs placés en lui avant le début de la saison ont finalement joué en sa défaveur et, entre le Qatar et le Portugal, il a donc évité de se confronter aux attentes des journalistes et des supporters.

"Je suis resté éloigné des réseaux sociaux, l'équipe s'occupe de poster", a déclaré l'Australien. "Je ne vous écoute plus [les journalistes], parce que cela procure un sentiment de sécurité erroné. Je veux juste être aussi calme et détendu que possible, faire mon travail et au final piloter des motos, ce que j'aime. On va essayer de faire de notre mieux et si je ne suis pas assez bon, je ne suis pas aussi bon."

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Miller souhaite donc ne plus se confronter aux regards des observateurs, qu'il s'agisse des espoirs placés en lui mais aussi des critiques dont il fait l'objet sur les réseaux sociaux : "J'essaie de faire de mon mieux", a-t-il précisé, estimant ne pas avoir besoin d'un soutien extérieur : "Je n'ai pas besoin de voir un psychologue. Je suis suffisamment sincère envers moi-même pour voir que quand il y a de grosses attentes, tu t'emballes et tu finis par chuter. Et lire des milliers de commentaires négatifs [sur les réseaux sociaux] n'apportera rien de positif à mon bien-être."

"Donc je pense que c'est mieux de couper cette merde et de me concentrer sur ce qui compte, à savoir me remettre en forme, bien faire mon travail, bien préparer le week-end et essayer de comprendre [la situation] plutôt que de gaspiller de l'énergie sur des choses que je ne peux pas changer, sur des gens qui disent des choses sans véritable importance sur internet. Ces choses atteignent les gens, elles te touchent, donc c'est mieux de ne pas prêter attention et de se concentrer sur ce qui compte."

Miller n'a pas été gêné par son bras vendredi

Miller espère que cette approche lui réussira dès le Grand Prix du Portugal, où il a arraché la deuxième place dans le tout dernier tour l'an dernier. Son objectif est de faire aussi bien ce week-end : "On veut jouer le podium. On veut reproduire ce qu'on a fait l'an dernier, une bonne course comme ça, mais beaucoup de pilotes sont bons, il faut rester calme et concentré, le plus important est de voir l'arrivée et de prendre des points. Il faut continuer à travailler sur le rythme de course, on aimerait que la moto fonctionne un peu mieux, et on verra."

Jack Miller n'a pas ressenti de gêne particulière sur son bras opéré au cours de la première journée d'essais sur le circuit portugais, grâce à une bonne récupération. Dès le lendemain de l'intervention, il pouvait faire du vélo d'appartement, et il a pris la route avec un vélo deux jours plus tard. Le #43 se sent maintenant à 100%, estimant que c'est surtout Jerez, dans deux semaines, qui pourrait lui poser problème, avec plus de longues courbes sur la droite obligeant les pilotes à rester sur l'angle et à solliciter leur avant-bras.

"Je me sens bien. Le bras allait déjà bien juste après l'opération, j'ai pu m'entraîner dans la semaine. On ne sait jamais avant de monter sur la moto mais je me sens vraiment bien. Je sens que la main est puissante. Je pense que je suis à 100%. Comme je l'ai dit avant le week-end, on ne saura pas avant Jerez si l'opération est un grand succès, il y a plus de virages à droites qui posent problème. Je suis content d'être ici, d'être en forme, et quand on roule sur cette piste on a un grand sourire aux lèvres à chaque fois. C'est génial d'être ici."

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Miller souffrait déjà durant la saison 2020 mais il pense les semaines passées au Qatar, pour les tests puis les premières courses de la saison, ont renforcé son arm-pump, puisque ses muscles ont dû encaisser des forces importantes à la sortie de la pause pause hivernale, synonyme de sollicitations moindres sur les bras. L'opération était selon lui nécessaire.

"C’était quelque chose qu’il fallait faire au vu des scanners. En hiver, quand je ne pilote pas, mes bras se rétrécissent. C’est vrai pour tous les pilotes, il y en a qui rétrécissent au niveau des épaules. Mais dès qu’on recommence, ces muscles se gonflent. Et on aurait dit que mon bras était sous une forte pression. Par exemple, à la fin des tests, mes combinaisons flottaient au niveau des bras, mais au moment des courses, mes bras avaient doublé de volume et les combinaisons étaient trop serrées et il a fallu les détendre. Donc il est clair que le muscle avait gonflé."

"Quand ils ont fait les scanners, ils ont vu où se trouvait la pression, et dès qu’ils ont incisé avec le bistouri le muscle a pratiquement jailli de sa gaine. Donc j’ai de superbes photos de ce qu’il y avait dans mon bras, mais hélas je ne peux pas vraiment les partager ! Mais désormais nous savons ce que sera le résultat."

Avec Marc Michon 

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