Touché à l'épaule, Miller sauve un podium en mode guerrier

Malgré des douleurs qu'il a comparées à "des coups de couteau dans le dos", Jack Miller a non seulement été au bout de la course dimanche, mais il s'est même battu pour la victoire jusqu'au dernier virage.

Touché à l'épaule, Miller sauve un podium en mode guerrier

Jack Miller est monté sur le podium du Grand Prix de Styrie au terme d'un week-end plutôt mouvementé pour lui, marqué par une chute samedi matin en EL3. Le pilote australien y a été touché à l'épaule droite, au point de ne pas participer aux EL4 trois heures plus tard. Il s'est toutefois qualifié samedi après-midi, obtenant le cinquième temps, et était bien au départ de la course 24 heures plus tard. Entre-temps, il avait reçu des soins afin d'être soulagé et avait passé des examens permettant d'écarter toute blessure importante.

"La chute en elle-même n'était pas si grosse. J'en ai eu plein d'autres qui étaient plus importantes et dont je me suis relevé sans souci, mais j'ai heurté le gravier ou je ne sais quoi et ça m'a touché. J'ai senti un petit quelque chose, mais je ne l'ai pas pris très sérieusement", explique Jack Miller. "Mais dès que je suis monté sur la moto pour les EL4 j'ai compris que ça n'était pas bon. J'ai enlevé le limiteur de vitesse de la pitlane et c'était comme si quelqu'un m'avait planté un couteau dans le dos. À la fin de la Q2, je n'ai fait qu'un tour et j'ai serré les dents, j'avais mal. Mais j'ai pu le faire, j'ai obtenu une place correcte sur la grille."

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"Dès la fin des qualifs, je me suis mis sur une machine [de soins par le froid] jusqu'à 23h − un immense merci à la Clinica Mobile et aux médecins du circuit et du championnat pour m'avoir aidé ! Les médecins du circuit sont venus me chercher [dimanche] matin pour que j'aille passer une IRM et qu'on sache ce qu'il y avait. J'étais debout à 7h, un petit détour pour passer l'IRM et retour au circuit. Ces 24 heures ont été plutôt mouvementées !"

"J'ai un ligament qui est un peu touché. Je ne me souviens plus exactement comment ça s'appelle parce que trois médecins me l'ont mentionné en trois langues différentes, mais aucun en anglais ! Alors je ne comprends pas exactement de quoi il s'agit", explique-t-il. "Quand je suis sur la moto et que je pousse, avec l'épaule abaissée, j'ai toute ma force, mais dès que j'essaye de tirer ou de pousser sur le guidon dans un changement de direction et que mon bras s'étend, je ressens comme un coup de couteau dans le dos."

Après les soins qui lui ont été prodigués au circuit, Miller compte désormais sur le repos pour aller mieux avant le prochain Grand Prix, qui aura lieu dans un peu plus de deux semaines. "Il n'y a pas grand-chose que je puisse faire, juste faire passer le temps. [Samedi] soir, je sentais que tout ce dont j'avais besoin c'était de dormir, et je me suis senti mieux en effet. Maintenant j'ai deux semaines devant moi, donc ça devrait aller mieux."

Surpris par Oliveira dans le dernier virage

En attendant, le pilote Pramac a pu compter sur un changement de position de sa selle pour solliciter le moins possible la zone sensible pendant la suite de ce Grand Prix de Styrie. Après avoir testé avec réussite cette nouvelle ergonomie au warm-up, il a ensuite pris le départ de la course avec des antidouleurs. "J'ai utilisé les antidouleurs prescrits par la Clinica Mobile. De toute façon, la plupart d'entre nous, on roule tout le temps en étant blessés !"

Et en dépit de sa condition physique imparfaite, Miller était encore bel et bien au rendez-vous en course, premier pilote Ducati, en bagarre aux avant-postes de bout en bout. "Franchement, j'ai été plutôt content de voir le drapeau rouge", admet-il toutefois. "J'étais dégoûté pour Mir, parce qu'il était vraiment fort. J'ai essayé de le suivre pendant neuf tours, et j'y suis arrivé mais je n'ai pas pu plus. J'étais fini. C'était plié pour lui, sauf s'il avait eu des problèmes de pneus à la fin."

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Joan Mir vite écarté au restart, Jack Miller a pris les commandes pendant six tours avant de livrer un duel de plus en plus intense face à Pol Espargaró… et que tous deux se fassent griller la politesse dans le dernier tour par Miguel Oliveira. "Il m'a pris par surprise, c'est clair ! Je pensais que la bagarre était entre Pol et moi", reconnaît-il, tout en saluant élégamment la victoire du Portugais, qui a su saisir sa chance quand les deux leaders se sont mutuellement fait élargir dans le dernier virage.

"J'ai fait ce que j'avais à faire, mais en sortant du virage j'ai regardé Pol, j'ai entendu gnaaaa et c'était Oliveira qui passait à l'intérieur ! Je me suis demandé par où il était passé et j'ai un peu paniqué parce que je me suis dit qu'il allait y en avoir plein d'autres ! En tout cas, un grand bravo à lui et à toute l'équipe Tech3. Ça fait longtemps qu'ils sont là et Hervé [Poncharal] la mérite, c'est certain."

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