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Miller et sa Yamaha : "Un peu comme un agneau qu'on amène à l'abattoir"

Après un Grand Prix des Amériques douloureux pour Yamaha, Jack Miller attend des progrès sur le bras oscillant, le châssis, et naturellement le V4, mais il estime qu'il serait "naïf" d'espérer que la moto japonaise soit immédiatement dans le coup.

Jack Miller, Pramac Racing

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Chaque pilote Yamaha vit les difficultés actuelles du constructeur à sa façon, entre un Fabio Quartararo de plus en plus fataliste, un Álex Rins en manque de motivation ou encore un Toprak Razgatlioglu contraint à une découverte du MotoGP dans ce contexte particulier.

Jack Miller est celui qui a affiché le discours le plus optimiste, en insistant sur le besoin de garder un bon état d'esprit en attendant des jours meilleurs, mais l'Australien n'en reste pas moins réaliste sur le niveau de sa moto.

"C'est un projet en cours et nous essayons de le traverser aussi bien que possible", a confié Miller pendant le week-end d'Austin. "C'est juste frustrant mais on reste déterminés, on continue à travailler."

Au terme d'un sprint difficile pour lui, Miller s'est néanmoins senti "un peu comme un agneau que l'on amène à l'abattoir". La Yamaha doit progresser dans sa totalité, la moto ayant été profondément modifiée entre le lancement du V4, à la place du quatre cylindres en ligne, et le besoin de la faire évoluer pour l'adapter aux contraintes de ce nouveau moteur.

"On connaît nos problèmes", a souligné le pilote Pramac. "C'est lent. Il faut améliorer ça. On a besoin d'un meilleur avant, on a besoin de plus de grip. On retrouve l'Europe maintenant, on a trois semaines de pause et je croise les doigts pour qu'on ait quelques évolutions à Jerez, ou pour le test."

Jack Miller, Pramac Racing

Jack Miller attend des évolutions sur sa Yamaha.

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"On a vraiment besoin d'un nouveau bras oscillant, d'un nouveau châssis. Je sais que ce sont des choses en cours, tout comme, évidemment, essayer d'ajuster un peu le moteur."

Yamaha ne devrait pas profiter de la pause imposée au mois d'avril, en raison du report du Grand Prix du Qatar, pour tester des nouveautés en piste, mais Jack Miller est convaincu que le constructeur fait les efforts nécessaires pour progresser aussi rapidement que possible.

"On a beaucoup d'ingénieurs au Japon, les Italiens aussi, qui travaillent et qui donnent tout. C'est une situation désespérée, vous savez. Le problème est que le championnat n'attend personne, donc il faut faire de notre mieux, et continuer à tout donner dans le même temps."

On est extrêmement naïf si on pense que ça va fonctionner immédiatement.

Et pour Miller, il est naturel que le chantier dans lequel Yamaha s'est lancé s'inscrive dans la durée, ce qui est parfois incompatible avec l'impatience naturelle des pilotes "Il y a une dynamique. La principale difficulté a été d'avoir quatre motos en piste, et maintenant c'est fait."

"Maintenant, on aimerait respirer un peu, mais on ne peut pas le faire parce qu'on est dans le flux des données de nos essais. Tout le monde dit 'C'est merdique', les pilotes sont comme ça au final."

Jack Miller, Pramac Racing

Jack Miller a senti quelques progrès à Austin.

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"On essaie de filtrer ce que l'on veut vraiment des commentaires, et on essaie d'apporter des améliorations en conséquence. Vous savez, on est extrêmement naïf si on pense que ça va fonctionner immédiatement."

Yamaha pourrait donner l'impression d'avoir touché le fond au Grand Prix des Amériques, quand on a vu les quatre pilotes de la marque lutter pour les quatre dernières places, mais Miller a en fait noté quelques progrès dans le comportement et les performances de sa moto.

"Du milieu jusqu'à la fin de la course, le rythme n'était pas incroyablement mauvais. Que l'on ne se méprenne pas, on ne bat aucun record, mais on était constants, on restait dans de petits 2'03."

"On est à une vingtaine de secondes, 25 ou 26 secondes [à l'arrivée à Austin] mais je sens que c'était un week-end beaucoup plus normal qu'au Brésil, par exemple", a-t-il relevé. "Je suis beaucoup plus content [après le Grand Prix des Amériques] que je ne l'ai été toute l'année."

"Je sens qu'on avait un bon rythme vers la fin, j'ai fait une bonne course. À titre personnel, je suis content. C'est juste que l'équipe doit faire mieux."

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