Mir déplore l'attitude dangereuse de Márquez en qualifs

Marqué à la culotte par Marc Márquez pendant les qualifications, Joan Mir juge le comportement du champion espagnol digne du Moto3.

Mir déplore l'attitude dangereuse de Márquez en qualifs

Joan Mir s'est montré quelque peu agacé par le comportement de Marc Márquez pendant les qualifications. Le sextuple Champion du monde du MotoGP et celui qui lui a succédé l'an dernier au palmarès sont en effet tous deux passés par la Q1 du Grand Prix du Portugal, seulement l'aîné a ostensiblement calqué sa séance sur celle de son jeune compatriote et pris sa roue pour capitaliser sur sa vitesse.

En marquant la GSX-RR de près, Márquez a réussi à signer le meilleur temps de cette Q1, accédant dans la foulée à la phase finale des qualifications avec Mir. Pas de quoi priver le Majorquin du ticket de repêchage sur lequel il comptait, donc, mais suffisant toutefois pour qu'il pointe du doigt une manœuvre selon lui dangereuse.

"Normalement, on n’aime pas quand quelqu’un prend notre roue comme ça, mais bon, on sait que Márquez aime jouer à ce jeu-là", souligne Mir. "On sait que Marc aime faire ces choses-là. Aujourd'hui il l'a fait avec moi, et d'autres fois il l'a fait avec d'autres, se mettre derrière comme ça en qualifs et jouer à ce jeu-là. […] Moi, j'ai fait ce que j'avais à faire, ça ne m'a pas du tout rendu nerveux, j'ai fait mon temps quand même, je me suis donné à 100%."

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"En Moto3, les pilotes sont pénalisés pour ça", pointe le pilote Suzuki, qui s'étonne que le #93 n'ait reçu aucun rappel à l'ordre. "Il a pris beaucoup d'avance, puis il a ralenti, il s'est mis derrière. Il m'a gêné dans mon premier tour lancé parce qu'il est parti lentement, j'ai perdu mon tour, puis il s'est décalé et il a profité de ma roue... En Moto3, ça vaut une pénalité, et probablement aussi en Moto2. Mais pas ici, en MotoGP."

"Les actions de ce genre sont dangereuses en MotoGP, pas seulement en Moto3. Il était beaucoup plus lent et il m'a gêné dans mon tour rapide, voilà ce qui s'est passé et je pense que ça doit être puni. Mais je ne veux pas trop y penser, j'ai fait mon temps et c'est tout ce qu'il y avait à faire", tranche Joan Mir.

Marc Márquez s'est défendu, arguant avoir simplement opté pour la stratégie la plus efficace alors qu'il fait ce week-end son retour à la compétition et n'est pas encore en parfaite condition physique. "J'avais besoin d'aide et je suis allé la chercher. Je suis allé chercher le meilleur, le Champion du monde. Je comprends que cela puisse énerver le pilote qui en fait les frais, comme ça m'est arrivé plusieurs fois. Mais c'est le MotoGP", décrit-il simplement.

Marc Marquez, Repsol Honda Team et son chef mécanicien Santi Hernández

Ironiquement, Álex Rins a lui aussi involontairement offert la roue de l'autre Suzuki au #93 pendant la Q2. Mais il préfère le prendre avec le sourire et plutôt en tirer des enseignements. "Márquez m'attendait avec son deuxième pneu, et on a remonté ensemble l’allée des stands à 60 km/h. On était comme deux chevaux qui attendent leur course, vous savez ! Márquez est très rusé pour faire ces choses-là. Petit à petit je prends de l’expérience, et j’ai un peu joué son jeu. Mais le plus important c’est qu’on se soit respecté à tout moment", souligne-t-il, estimant qu'il n'y avait pas matière à pénaliser le pilote Honda.

"Ce qui s’est passé entre Márquez et moi sur la piste ne peut pas être sanctionné. En fin de compte, on est sortis de la pitlane, il s’est mis devant, je me suis rendu compte que j’avais un meilleur rythme que lui, et entre les virages 9 et 10 je l’ai doublé, au même endroit que Mir. Ensuite, dans le virage suivant, qui est un virage rapide à droite suivi d’un plus lent, j’ai freiné, j’ai un peu ouvert la porte et il s’est replacé, et voilà, rien de plus. Ensuite j’ai coupé les gaz, et quand il a vu que j’étais juste derrière lui, c’est lui qui a coupé les gaz. De mon point de vue, ce qu’il m’a fait n’est pas punissable."

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Une 9e place différente cette fois

Habitué aux faibles qualifications, Joan Mir partira cette fois de la neuvième position sur la grille, alors que son coéquipier est passé à 0"089 de la pole position. Mais il estime que son passage par la Q1 − hérité d'EL3 perturbés par les drapeaux jaunes et l'interruption due à l'accident de Jorge Martín − est en cause et qu'il n'y a donc pas d'inquiétude à avoir en vue de la course.

"Globalement je suis satisfait, parce qu’on a bien travaillé, on a été assez compétitifs toute la journée. Le truc, ça a été les EL3. J’ai eu des problèmes pour faire mon chrono, avec le drapeau rouge et des drapeaux jaunes", souligne-t-il. "Le problème principal, c’est que quand on passe par la Q1, on sait qu'on ne va pas ensuite avoir un pneu de plus pour la Q2, donc on a fait la Q2 avec un seul pneu. J'ai commencé plutôt bien, avec beaucoup de confiance, mais pour mon deuxième run on n’avait pas d'autre pneu. C’est regrettable. J'ai essayé, mais c’est comme ça."

"Cette neuvième position ce n'est pas comme d'habitude. Normalement on est très en difficulté et la neuvième place ça va, mais cette fois-ci je sais qu’avec un pneu en plus j’aurais pu gagner deux dixièmes pour essayer d’être sur la deuxième ligne, voire la première, qui sait ? Mais c’est comme ça. L’important c’est que la moto fonctionne bien ici, on est assez forts, et on a un bon rythme, parmi les plus forts. C’est vrai que Fabio [Quartararo] a montré qu'il avait un bon rythme, Zarco aussi sur quelques tours, mais on est là. On va essayer de dépasser le plus de pilotes possibles dès le départ et ensuite tenter de contrôler la course. Ce serait la stratégie parfaite."

Avec Germán Garcia Casanova et Marc Michon

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