Joan Mir "en survie" et sans solutions sur la Honda

Joan Mir ne parvient pas à exploiter la Honda et ne sait pas comment guider le constructeur pour faire évoluer la machine en sa faveur.

Joan Mir, Repsol Honda Team

Joan Mir vit un début de saison très difficile chez Honda. Arrivé de Suzuki comme Álex Rins, vainqueur au Grand Prix des Amériques pour le compte du team LCR, le pilote de l'équipe officielle a enchaîné les déconvenues : aucune qualification en Q2, aucun top 10 en course, des chutes dans les sprints au Portugal, en Argentine et en Espagne, et de nouvelles chutes en course principale à Austin, à Jerez et au Mans.

La comparaison avec Marc Márquez, présent pour seulement deux week-ends de course mais dans la lutte pour le podium à chaque fois, est rude pour Joan Mir, qui se sent dans une situation très différente de son compatriote. "Marc n'est pas mon rival, je ne me bats pas face à lui, je ne vois pas les choses comme ça maintenant", a assuré le Majorquin. "Il comprend les armes que nous avons, pas moi."

Joan Mir manque totalement de repères sur la Honda : "Je ne suis pas en mesure d'attaquer, je suis en survie sur la moto. Parfois ma tête veut faire une chose mais la moto ne me répond pas. Il faut piloter la moto d'une façon très différente et l'équipe doit m'aider pour me donner ce dont j'ai besoin. Je n'arrive pas à être à 100% sur la moto."

"Pour le moment, l'équipe ne comprend pas ce dont j'ai besoin pour être performant", a-t-il précisé. "Je ne comprends pas ce qu'ils doivent faire non plus pour que je puisse piloter cette moto d'une meilleure façon et être performant. Parce que j'essaie de piloter d'une manière différente, d'avoir un style différent, mais ce n'est pas mon style naturel pour le moment et on n'est pas dans la position que l'on aimerait être pour conserver la vitesse dans les virages, pour réaccélérer un peu plus tôt. À chaque fois, je vais au large, j'ouvre beaucoup la trajectoire... Pour le moment, on a du mal."

Bien sûr que j'ai peur. Je veux gagner et il est très difficile pour un pilote comme moi de me voir dans ma position.

Joan Mir

Le désarroi dans lequel se trouve Mir s'est confirmé en qualifications au Mans, avec un chrono 0"010 plus lent que celui qu'il avait effectué 24 heures plus tôt en Essais 1 : "Mon [côté du garage] est motivé mais nous n'avons pas vraiment trouvé la clé. C'est très étrange de faire mon meilleur temps dans la première séance le vendredi et ne pas pouvoir faire mieux le samedi en qualifications. C'est très fort, je ne comprends pas pourquoi ces choses se passent."

Joan Mir, Repsol Honda Team

Joan Mir

Joan Mir n'a disputé que cinq week-ends de course avec la Honda mais se pose déjà la question de sa capacité d'adaptation. Avant lui, Jorge Lorenzo, Álex Márquez puis Pol Espargaró ont semblé incapables de prendre la mesure de la RC213V, et le Champion du monde 2020 craint d'être coincé dans la même situation.

"Bien sûr que j'ai peur. Je veux gagner et il est très difficile pour un pilote comme moi de me voir dans ma position. Gagner des courses, faire des podiums, être dans le groupe de tête, c'est ça qui me motive. Ça fait longtemps que j'ai pas eu cette motivation."

De son côté, Honda se démène pour essayer de faire évoluer sa moto, avec notamment l'arrivée d'un châssis développé avec Kalex au Mans, qui semble avoir globalement donné satisfaction. Joan Mir insiste surtout sur le besoin d'apporter des évolutions spécifiquement dédiées à ses besoins pour être performant.

"Je pense que l'on peut ajuster [la moto actuelle]. On est arrivés ici, on a sorti la moto vendredi, pour les EL1, ensuite je n'ai pas été en mesure d'améliorer le chrono des EL1 [en EL2]. Je sais comment piloter parce que je suis au niveau d'entrée de jeu mais si j'essaie d'être plus performant, ça complique un peu tout."

"Ce n'est pas que j'oublie comment piloter, c'est juste qu'ils [Honda] doivent comprends ce dont j'ai besoin, le type de pilotage auquel je suis habitué. Bien sûr, en tant que pilote, on peut changer certaines choses mais tu ne peux pas tout changer. On doit trouver ces compromis dans l'équipe, sur ce dont j'ai besoin."

Avec Germán Garcia Casanova et Aurélien Attard

Lire aussi :

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article
Article précédent Bagnaia clarifie des mots "sortis de leur contexte" après la polémique
Article suivant Ducati doute que Martín rejoindra Yamaha : "Il aime gagner !"

Meilleurs commentaires

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France France